‹ Memoires de Saint-Simon (volume 4)Chapitre 291 sur 556 · La première lettre de si surcharge une autre lettre · texte numérisé non relu

La première lettre de si surcharge une autre lettre

5. Cette comtesse de Béthune, Anne-Marie de Beauvillier, a déjà été citée à propos de sa belle-fille : tome III, p. 310. Nommée dame d'atour en 1660 (Mémoires de Mademoiselle, tome III, p. 487), devenue veuve en 1665, elle est morte en 1688. Mme de Motteville la reconnaissait comme une femme honnête et sage, mais sans mérite (tome IV, p. 334- 335). Voyez ci-après, appendice IX, sa notice inédite.

6. Le beau-père, Philippe de Béthune-Rosny, comte de Selles et de Charost, marquis de Chabris, etc., frère puîné du duc de Sully, lieutenant général en Bretagne et gouverneur de Rennes, chef du conseil des dépêches étrangères, gentilhomme de la chambre d'Henri III, gouverneur de Monsieur Gaston et surintendant de sa maison, chevalier des ordres, connu surtout pour ses très glorieuses ambassades en Ecosse (1599), à Rome (1601, 1624 et 1629), en Savoie (1616), en Allemagne (1619 et 1624), etc., mourut en 1649, à quatre-vingt-huit ans. Le mari est Hippolyte, comte de Béthune, né à Rome le 19 septembre 1603, auquel fut donnée, dès l'âge de huit ans, la survivance de la charge de premier gentilhomme de Monsieur, et qui, à vingt-deux ans, alla négocier avec le pape Urbain VIII au sujet du mariage d'Henriette de France avec Charles {[ d'Angleterre. Il suivit Louis XIII dans

négociations, et par le comte depuis duc de Sairit-Aignan, son frère, si bien alors avec le Roi, en si grandes privances1, et premier gentilhomme de sa chambre2. Jusqu'à Mme de Mailly il n'avoit donc pas été question de nulle prétention des dames d'atour3. Celle-ci, fort glorieuse, nièce de Mme deMaintenon, mariée de sa main et parfaitement bien alors avec elle, imagina cette préférence, la tortilla4 longtemps, bouda, et, trouvant enfin sa belle contre un enfant comme la maréchale de Gœuvres, dont le Roi s'amusoit comme telle (lequel n'aimoit pas les rangs, et Mme de Maintenon beaucoup moins, qui avoit bien ses raisons pour cela), l'emporta, non par une décision, que Mme de Mailly ne put obtenir, mais par silence sur son entreprise, qui en fut une approbation tacite dont elle sut se prévaloir. Cela ne laissa pas de faire du bruit et de paroître étrange : elle dit qu'elle n'imaginoits pas disputer aux titrées, ni avoir jamais que la dernière place,

toutes ses campagnes de Montauban, la Rochelle, Corbie, etc., fut nomme chevalier d'honneur de la reine Marie-Thérèse en 1663, mais ne put, à cause de sa mauvaise santé, accepter le poste de gouverneur du Dauphin, eut le collier des ordres en 1661, et mourut à Selles, le 24 septembre 1665, léguant au Moi sa précieuse collection de correspondances historiques, au nombre de deux mille cinq cents volumes, ses tableaux, ses antiques, etc. Saint-Simon a tait les notices du père et du fils dans les Chevaliers du Saint-Esprit. On trouvera la seconde à côté de celle de Mme de Béthune, p. 546.

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