Gentilh., par une majuscule, surchargeant une minuscule
5. « M. de Turenne disoit que.... c'étoit le plus beau nom du monde à raser » (ms. Nouv. acq. fr. 4529, p. 44). Voyez la généalogie dans le Dictionnaire de la Noblesse, dans le Supplément du tome IX de l'Histoire généalogique, lro partie, p. 614-615, et dans le Mercure de janvier 1704, p. 90-93, lequel présente les Quatrebarbes comme originaires de l'empire grec et descendant d'un Scipion qui sauva deux fois Philippe-Auguste à Bouvines. Un précis généalogique a été imprimé aussi en 1839. Le château de la Rongère est situé sur la commune de Saint- Sulpice, dans le département actuel de la Mayenne.
6. On a des lettres de lui et de sa femme dans la Correspondance de Bussy-Rabutin.
théâtre pour faire le personnage des héros et des dieux1. Briord, que nous avons vu ci-devant ambassadeur à Turin et à la Haye', mourut aussi, après avoir été taillé3, et laissa une place de conseiller d'État d'épée vacante4. C'étoit un très homme d'honneur et de valeur, qui avoit du sens, quelque esprit5, et beaucoup d'amis, qui firent si bien pour lui, que son attachement à Monsieur le Prince, dont il étoit premier écuyer, ne nuisit point à sa fortune : chose fort extraordinaire avec le Roi, et peut-être unique6.
M. Courtin le suivit quelques jours après7. C'étoit un très petit homme, qui paroissoit avoir eu le visage agréable, et qui avoit été fort galant8. Il avoit beaucoup d'es-
Mort
de Courtin;
ses emplois.
son caractère.
1. L'initiale de Dieux surcharge un d minuscule. — Nous avons son portrait lavé, d'après la peinture de la collection de l'Ordre, dans le ms. Clairambault 1168, fol. 106.
2. Tomes IV, p. 34-35, VI, p. 355, VIII, p. 50, 51 et 253, IX, p. 9.
3. Le 25 décembre, à Versailles : Dangeau, tome IX, p. 382; Mercure de janvier 1704, p. 81-90; acte d'inhumation du 26, signé des abbés de Polignac et de Maulévrier, du marquis de la Chaise, du chevalier de Langeron et du marquis de la Luzerne. L'opération de la taille avait produit soixante-dix-sept pierres (Sourches, p. 230).
4. Nous l'avons vu nommer, à son retour de Hollande, en 1701. Il est parlé de son caractère et de son rôle diplomatique en Savoie dans le tome I des Mémoires de Tessé, p. 169-171.
5. S'il était homme d'esprit, au dire de Mme de Sévigné, avec une bonne mine et une belle situation dans le monde, voici, en revanche, ce que Louville écrivait à M. de Torcy, le 9 mai 1702, alors qu'on parlait de l'envoyer en Espagne : « C'est un sot homme, haut et glorieux, brutal, pédant, qui débitera de la morale au roi et qui le fera enrager.... De plus, point d'esprit, quoiqu'il ait imposé à Mme de Croissy. Il en a cent fois moins que M. d'Alègre, et n'a aucune de ses bonnes qualités, et est toujours en colère. »
6. Il possédait en Lyonnais le beau château de Sénozan, décrit dans le Mercure de septembre 1679, p. 88-90, et le fit ériger en comté de Briord en septembre 1690. Six jours avant qu'il ne mourût, le Roi avait donné une enseigne de gendarmerie à son fils, qui était aide de camp de M. de Villeroy : Sourches, tome VIII, p. 228 et 247.
7. Le 27 décembre : Dangeau, p. 385; Sourches, p. 252-253; Gazette, p. 12; Mercure de janvier 1704, p. 342-345.
8. Son éloge a déjà été fait en 1696, tome III, p. 280-281, et en
prit, de grâces et de tour, mais rien de guindé, extrêmement l'air et les manières du grand monde, avec lequel il avoit passé sa vie dans les meilleures compagnies sans aucune fatuité, ni jamais sortir de son état1; poli, sage, ouvert, quoique en effet2 réservé, modeste et respectueux ; surtout les mains fort nettes et fort homme d'honneur3. 11 brilla de bonne heure au Conseil4, et devint intendant de Picardie5. M. de Chaulnes, qui y avoit toutes ses terres, et qui étoit fort de ses amis, les lui recommanda beaucoup, et Courtin se fit un grand plaisir de les soulager. L'année suivante, faisant sa tournée, il vit que, pour faire plaisir au duc de Chaulnes, il avoit surchargé d'autres paroisses. La peine qu'il en eut lui fit examiner le tort qu'il leur avoit fait, et il trouva qu'il alloit à quarante mille livres. Il n'en fit point à deux fois : il les paya et les répartit de son argent, puis demanda à être rappelé. On
1699, tome VI, p. 258-259. Sur sa galanterie, on peut voir les Lettres inédites des Feuquières, tome II, p. 250, Y Histoire de Louvois, par Camille Rousset, tome IV, p. 564, et le recueil d'ana de Gaignières, ms. Nouv. acq. fr. 4529, p. 13. Sa correspondance avec Louvois fait entrevoir bien des choses curieuses.
1. N étant que maître des requêtes, vers 1660, il est dépeint ainsi (Arch. nat., K 695, n° 21) : « Homme du monde, agréable, railleur, attaché à la cour, qui considère plus ses amis que la justice. »