En effet a été ajouté en interligne
3. Comparez son article nécrologique, dans le Mercure de janvier 1704, p. 342-344.
4. Voyez un bon cursus, provenant de l'abbé de Dangeau, dans le ms. Fr. 7654, fol. 29, et les Papiers du P. Léonard, Arch. nat., MM 824, fol. 89. Primitivement destiné à l'Église {Muse historique, tome II, p. 270), il passa plusieurs années au parlement de Rouen avant de devenir maître des requêtes, en 1650. En cette qualité, il accompagna son parent d'Avaux à Munster (les éditeurs de Tallemant et du cardinal de Retz ont cru que c'était son père), puis le cardinal Mazarin aux conférences de 1659, signa, avec M. de Mesmes, le contrat de mariage du Roi, et fut nommé commissaire au règlement des limites en 1661.
5. De 1663 à 1665. On joignit alors à la généralité d'Amiens l'intendance des nouvelles conquêtes de Flandre, et même la généralité de Soissons. Le Roi tint ensuite à le nommer à l'intendance d'Orléans en décembre 1665 : ci-après, p. 343, note 6.
étoit si content de lui, qu'on eut peine à lui accorder sa demande; mais il représenta si bien qu'il ne pouvoit passer sa vie à faire du mal, et à ne pouvoir soulager personne ni faire plaisir à qui que ce fût, qu'il obtint enfin de n'être plus intendant1. Il se tourna aux négociations et eut plusieurs2 ambassades, où il réussit parfaitement. Il signa les traités de Heilbronn3, de Breda4, et plusieurs autres5, et fut longtemps et utilement ambassadeur en Angleterre6, où, par Mme de Portsmouth, il faisoit faire [Add. S'-S. 510)
1. Cette historiette nous a déjà été racontée à propos de la désignation des plénipotentiaires de 1696, tome III, p. 283 285, et elle a donné lieu à quelques observations de notre part dans l'Appendice du même tome, p. 515-516.
2. Eut surcharge fut, effacé du doigt, et plusieurs a été corrigé en plusieures, féminin incorrect et non admis.
3. Les conférences d'Heilbronn, où Courtin arriva le 21 septembre 1666, aboutirent, dans le mois de février suivant, au règlement par sentence arbitrale du différend qui existait entre l'électeur de Mayence et le Palatin : Mémoires de Pomponne, tome II, p. 315-316 et 323-329. L'habileté de Courtin en cette occasion lui valut une belle réception du duc de Lorraine : Gazette de 1667, p. 294-295.
4. Les conférences de Breda aboutirent, le 31 juillet 1667, à un traité de paix entre les Anglais et les Hollandais : Gazette, p. 412 et suivantes, 816-817, 997 et 1067-1082; Mémoires de Pomponne, tome II, p. 427- 441 ; Mémoires de Gourville, tome I, p. 226-230 ; Jean de Witt, par M. Antonin Lefèvre-Pontalis, tome II, p. 397-400 et 407-411. — Les services rendus alors par Courtin aux Hollandais le firent choisir pour successeur de son rival Pomponne à la Haye, en juin 1671; mais, avant de se rendre à ce poste, il fut désigné pour aller remplacer le même Pomponne à Stockholm, où il signa le traité du 14 avril 1672, qui nous assurait le concours de la Suède contre les alliés de la Hollande. Voyez Mignet, Négociations relatives à la succession d'Espagne, tome III, p. 347-376; M. Geffroy, Instructions pour les ambassadeurs en Suède, p. 120-129. Quand Hugues de Lionne était mort en 1671, Courtin avait eu quelque espoir de recueillir la succession ministérielle, qui échut à Pomponne comme on l'a vu dans notre tome VI, p. 335-337.
5. En 1673, Courtin alla, avec le duc de Chaulnes et Barrillon, prendre part aux conférences de Cologne ; mais celles-ci n'aboutirent point, malgré les concessions de Louis XIV, et l'on se sépara sans résultats, après un an de vains pourparlers.
6. Courtin était déjà allé à Londres en avril 1665, avec le duc de
au roi Charles II1 tout ce qu'il vouloit; il le lui rendit bien dans la suite2. Revenue en France et Charles II mort3, elle
Verneuil, emmenant les jeunes Messieurs de Lamoignon, d'irval, de Lionne, Chauvelin et autres. Pomponne écrivait alors : « C'est le plus bel emploi qu'homme de robe ait eu depuis longtemps; il est capable d'ouvrir le chemin à toutes choses » (Mémoires de Coulanges, Appendice, p. 477) ; mais Courtin se fit mal venir des Anglais, à ce que dit le Journal d'Ormesson, tome II, p. 409. Forneron, dans son livre sur la Duchesse de Portsmouth, p. 108-140, et M. Jusserand, dans le Comte de Cominges, p. 140-182 (avec une reproduction du portrait de Courtin par Robert Nanteuil), ont raconté cette ambassade. C'est au retour que Courtin fut nommé intendant à Orléans ; mais, avant qu il fût parti pour cette ville, on l'envoya à Heilbronn. Son second séjour à l'ambassade de Londres fut en 1676 et aboutit au traité de commerce du 24 février 1677 : Mignet, Négociations, tome IV, p. 430-448 et 476-501. Il revint dans le mois de septembre suivant, laissant la place à Barrillon, et reçut une pension de six mille livres. Sa correspondance de cette dernière ambassade remplit les volumes Angleterre 118-123c au Dépôt des affaires étrangères.
1. Tome X, p. 346-347. — Charles Stuart, fils de l'infortuné Charles Ier et d'Henriette de France, né le 29 mai 1630, amené en France par sa mère en 1647, appelé au trône par les Écossais en 1649, mais forcé par sa défaite à Worcester de chercher un nouvel asile sur le continent, rappelé enfin après la mort de Cromwell et proclamé roi le 1er juin 1660, couronné le 23 avril suivant, mourut le 16 février 1685.
2. L'Histoire secrète de la duchesse de Portsmouth, publiée à Londres en 1690, traduite aussitôt en français, et réimprimée encore en 1805, est un libelle faux. Dans la notice que notre auteur avait consacrée à cette duchesse à brevet (Écrits inédits, tome IV, p. 485-487), il dit : « Elle se souvint tellement qu'elle étoit Françoise, qu'elle fut le principal lien des traités et de l'amitié personnelle des deux rois qui a duré toute leur vie. MM. Courtin et Barrillon, successivement ambassadeurs de France en Angleterre, s'y conduisirent par ses conseils, et s'en trouvèrent toujours bien. « Mme de Sévigné a écrit une de ses lettres les plus libres (tome IV, p. 128-129) sur la faveur dont la belle Bretonne jouissait alors, mais non sans partage, et Voltaire a dit d'elle (Siècle de Louis XIV, p. 493) : « Elle fut en Angleterre ce que Mme de Monlespan était en France, mais avec plus de crédit. Le roi Charles fut gouverné par elle jusqu'au dernier moment de sa vie, et, quoique souvent infidèle, il fut toujours maîtrisé. »
3. Voyez notre tome V, p. 56-57, et le livre où sont réunis les articles de Henri Forneron qui avaient été publiés antérieurement dans la Revue historique.
y étoit avec peu de considération par la vie qu'elle y
menoit dans Paris1. Il revint au Roi qu'on s'étoit licencié [Add.St-S. 511}
chez elle, et elle-même, de parler fort librement de lui et
de Mme de Maintenon : sur quoi2, M. de Louvois eut ordre
d'expédier une lettre de cachet pour l'exiler fort loin5.
Courtin étoit ami intime de M. de Louvois4; il avoit une
1. Les premiers temps de son séjour de 1682 avaient été des plus brillants, le Roi lui-même montrant de grands égards pour la nouvelle duchesse : Journal du P. Léonard, ms. Fr. 40 265, fol. 7, 10, 11, 14 v°, 28, 35 v°, etc. ; mais son train trop fastueux avait vite compromis cette situation à Paris, de même que précédemment en Angleterre. Elle revint s'établir définitivement en France au commencement de 1685, et reçut depuis lors une pension, qui, de douze mille livres, fut portée à vingt mille, et, en dernier lieu, à vingt-quatre, mais au lieu de laquelle elle obtint du Régent, le 28 octobre 1721, une somme de six cent mille livres à placer en rentes viagères (Cabinet des titres, Pièces originales, dossier 50417, fol. 2). Madame la voyait souvent à Saint-Cloud, et disait d'elle (recueil Brunet, tome I, p. 165) : « C'est la meilleure femme de ce genre que j'ai vue de ma vie; elle est fort polie et d'un commerce très agréable. » Voltaire raconte, dans le Siècle de Louis XIV, qu'il la connut encore « noble et agréable de figure, » à près de soixante-dix ans. Une série de lettres de la duchesse au contrôleur général, que j'avais communiquée à H. Forneron, fait connaître quelle était sa situation financière à la fin du règne de Louis XIV.
2. L'historiette qui va être racontée se trouve en première rédaction dans la notice indiquée ci-dessus, p. 344, note 2.
3. Dangeau raconte, en janvierl689 (tome II, p. 286), qu'ona accusé la duchesse et son fils Richmond d'avoir très mal parlé de la cour anglaise de Saint- Germain, mais que le Roi les a déclarés incapables, l'un et l'autre, de s'exprimer comme on le prétendait; mais c'est à un article antérieur du Journal, en octobre 1686 (tome I, p. 394), que se rattachent et la présente historiette et l'Addition que nous plaçons en regard. « On avoit rendu, dit Dangeau, quelques mauvais offices à la duchesse de Portsmouth sur des discours qu'on prétendoit qui avoient été tenus chez elle. On disoit même qu'il y avoit des lettres de cachet expédiées pour l'éloigner et pour chasser M. le chevalier de Savoie et Lanjamet; mais on a découvert la fausseté de cette accusation, et la duchesse a eu une grande conversation avec le Roi, dont elle est sortie fort contente. M. Courtin l'a fort servie dans cette affaire, représentant à M. de Louvois tous les services qu'elle avoit rendus à la France durant sa faveur en Angleterre, ce qu'il avoit vu pendant son ambassade. »
\. Tome III, p. 281.
petite maison à Meudon1, et il étoit sur le pied d'entrer librement dans son cabinet à toutes heures. Un soir qu'il y entra, et que M. de Louvois écrivoit seul, et qu'il continuoit d'écrire, Courtin vit cette lettre de cachet sur son bureau. Quand Louvois eut fini, Courtin lui demanda avec émotion ce que c'étoit que cette lettre de cachet. Louvois lui dit la cause. Courtin s'écria que c'étoit sûrement quelque mauvais office, mais que, quand le rapport seroit vrai, le Roi étoit payé pour n'aller pas contre elle au delà d'un avis d'être plus circonspecte, et qu'il le prioit et le chargeoit de le dire de sa part au Roi avant que de l'envoyer, et que, si le Roi ne vouloit pas l'en croire sur sa parole, il fît au moins, avant de passer outre, voir les dépêches de ses négociations d'Angleterre, sur tout ce qu'il y avoit obtenu d'important par Mme de Portsmouth lors de la guerre de Hollande et pendant toute2 son ambassade ; et qu'après de tels services rendus par elle, c'étoit3 se déshonorer que les oublier. Louvois, qui s'en souvenoit bien, et à qui Courtin en rappela plusieurs traits considérables, suspendit l'envoi de la lettre de cachet, et rendit compte au Roi de l'aventure et de ce que Courtin lui avoit dit; et, sur ce témoignage, qui rappela plusieurs faits au Roi, il fit jeter au feu la lettre de cachet, et fit dire à la duchesse de Portsmouth d'être plus réservée. Elle se défendit fort de ce qu'on lui imputoit, et, vrai ou faux, elle prit garde désormais aux propos qui se tenoient chez elle.
Curiosité Courtin4 avoit gagné à ses ambassades la liberté de
sur le vêtement paroître devant le Roi et partout sans5 manteau, avec
des gens r r
1. Il est parlé de cette maison dans le livre récent de M. le vicomte de Grouchy sur Meudon, p. 52. Elle était contiguë au parc, et Louvois en avait cédé la jouissance à son ami le 20 juillet 1685.