‹ Memoires de Saint-Simon (volume 4)Chapitre 347 sur 556 · Sans surcharge en r[obc · texte numérisé non relu

Sans surcharge en r[obc

une canne et son rabat ; Peletier de Souzy avoit obtenu, de plume par son travail avec le Roi sur les fortifications, la même et de robclicence : tous deux conseillers d'État, et tous deux les seuls gens de robe à qui cela fût toléré, excepté les ministres, qui paroissoient de même. Il y avoit même peu que les secrétaires d'État s'habilloient comme les autres courtisans1, quoique de couleurs et de dorure plus modestes8, et Chamillart3 ne prit l'habit gris avec de simples boutons d'or4 que depuis qu'il fut secrétaire d'État. Desmaretz a été le seul contrôleur général qui, tout à la fin de la vie du Roi, ait pris l'habit gris, la cravate et le bouton d'or5. Pomponne, à son retour6, étoit aussi vêtu de même ; mais il avoit été longtemps secrétaire d'État. Le Roi aimoit et considéroit fort Gourtin, et se plaisoit avec lui; jamais il ne paroissoit au souper du Roi, une ou deux fois la semaine, que le Roi ne l'attaquât aussitôt de conversation, qui, d'ordinaire, duroit le reste du souper7. Il

1. Dans le règlement pour les costumes du Conseil édicté sous Henri III, le 8 janvier 1585, les secrétaires d'État étaient assimilés, par leur manteau violet retroussé sur le côté gauche, aux conseillers de robe courte portant l'épée.

2. Comparez divers autres passages de la suite des Mémoires, éd. 1873, tomes X, p. 204, XII, p. 17, 29, etc. Dans les Projets de gouvernement, p. 73, Saint-Simon propose cette prescription pour les secrétaires d'État : « Leur état et leur habit seront l'état et l'habit des gens de robe, et [ils] porteront toujours le rabat, et un rabat sans ressemblance à cravate, mais qui pourra être de point ou de dentelle ; et jamais d'or, d'argent, sur leurs habits, ni de couleur rouge ou bleue, encore moins d'épée. »

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