‹ Memoires de Saint-Simon (volume 4)Chapitre 35 sur 556 · La secondre lettre d'Alsace surcharge une s · texte numérisé non relu

La secondre lettre d'Alsace surcharge une s

7. Ci-dessus, p. 33. Ce fut la récompense de sa vaillante défense de

mortifier Chamilly, à qui le Roi en venoit de donner le gouvernement1, et, quatre ans après, le fit lieutenant général2, et chevalier de l'Ordre à la fin de 1688. Il résida toujours à Strasbourg jusqu'en 1710, roi plutôt que commandant d'Alsace3, et servit, toutes les campagnes sur le Rhin, de lieutenant général, mais avec beaucoup d'égards et de distinctions4. G'étoit un grand et assez gros homme tout d'une venue, qui marchoit lentement et comme se traînant5; un grand visage couperosé, mais assez agréable, quoique de physionomie refrognée6 par de gros sourcils, sous lesquels deux petits yeux vifs ne laissoient rien échapper à leurs regards7. Il ressembloit tout à fait aces gros brutaux de marchands de bœufs8; paresseux, voluptueux à l'excès en toutes sortes de commodités, de chère exquise, grande, journalière9, en choix de compagnie, en

Mayence en 1689, dont les circonstances ont été exposées dans notre tome X, p. 348 et 594-597.

1. Ci-dessus, p. 12-13. Nous avons vu, en 1698 (tome V, p. 140-141), Huxelles recevoir le duc de Lorraine à Strasbourg.

2. Il fut fait lieutenant général le 24 août 1688, et non après 1690, comme le ferait croire l'addition en interligne faite plus haut.

3. Nous le verrons obtenir en 1713 le gouvernement de cette province, avec celui de Brisach. Le commandement ne lui avait valu jusque-là que dix ou douze mille écus. En 1715, il succédera à Chamilly comme gouverneur de Strasbourg.

4. C'est dans la précédente guerre et pendant la campagne de 1702 qu'il servit sur le Rhin, avec le commandement de Strasbourg en

'absence de Chamilly ; mais il n'eut plus d'emploi après 1703, et nous ne le verrons reparaître que dans les affaires diplomatiques ou au Conseil, à partir de 1710, comme Saint-Simon vient de l'indiquer.

5. Il était déjà surchargé de chair et de graisse en 1700 : Mémoires de Sourches, tome VII, p. 280.

6. Refrogner ou renfrogner, « se faire des rides sur le visage, se faire des plis au front, qui marquent du mécontentement, du chagrin » (Académie, 1718). L'emploi, ici, est à remarquera cause du régime indirect.

7. Nous avons deux dessins lavés de son portrait de l'Ordre dans les mss. Clairambault 1168, fol. 25, et 1238, fol. 97.

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