Le manuscrit porte : honnestesde gens
8. Raisonable (sic) est en interligne, au-dessus de juste, biffé.
9. L'abréviation M. surcharge un v. — 40. Sans vous faire fouiller.
une seule parole ; mais, les voleurs retirés, il voulut étrangler Fieubet, qui étoit plus fort que lui, et qui rioit à gorge déployée. 11 en fit le conte à tout le monde à Saint- Germain; leurs amis communs eurent toutes les peines du monde à les raccommoder. Fieubet étoit mort longtemps avant lui, retiré aux Camaldules de Grosbois1. C'étoit un homme de beaucoup d'ambition, qui se sentoit des talents pour la soutenir, qui soupiroit après les premières places, et qui ne put parvenir à aucune'2. Le dépit, la mort de sa femme sans enfants3, des affaires peu
1 . La plus ancienne maison de retraite créée en France sur le modèle de celle que saint Romuald avait établie dans la plaine de Campo Maldoli, en Toscane, était au Val-Jésus, en Forez. Celle de Grosbois, près Paris, fut fondée par le duc d'Angoulême, propriétaire de cette seigneurie et constructeur du château, en 1642 (Tallemant des Réaux, tome I, 245; Arch. nat., Y 182, fol. 32 v°, et 190, fol. 81 v°; Moreau, Choix de Mazarinades, tome I, p. 263-268), et devint le chef-lieu de la congrégation. Elle était de la paroisse d'Yerres. Mme de Flotte, la dame d'atour d'Anne d'Autriche, en avait institué une semblable chez elle, en Vendômois, et les Guénegaud de Plancy, une à Brieux, en Bretagne. Voyez un mémoire sur l'origine des Camaldules français, Arch. nat., M 801, n° 5, Y Histoire du diocèse de Paris, par l'abbé Lebeuf, tome XIV, p. 329 et 332, et l'ouvrage de l'abbé Pavy, les Recluseries (1875), p. 95-102. Grosbois passa aux Fiennes et à la marquise de Villequier, puis, en 1701, au premier président Harlay, de celui-ci à Samuel Bernard, et enfin au garde des sceaux Chauvelin, qui le fit ériger en marquisat dans l'année 1734.
2. Il avait songé, en 1661, à acheter la charge de procureur général de Foucquet, pour le prix énorme de quatorze cent mille livres (Mémoires de Gourville, tome l, p. 179-182), et avait eu quelques chances de devenir premier président en 1678 (Correspondance de Bussy, tome IV, p. 55). « Il n'y avoit point d'homme, dans le Conseil du Roi, qui eût plus d'ouverture d'esprit que lui, dit l'annotateur des Mémoires de Sourches (tome I, p. 181, note 1); il tournoit les affaires comme il vouloit, et, quoiqu'il eût l'air d'un gros brutal, il ne laissoit pas d'être délicat et agréable dans la conversation. » Peut-être dut-il en partie son élévation aux services qu'il rendit comme intermédiaire entre Mme de Montespan, son mari et ses enfants.
3. Marie Ardier, sa cousine germaine, fille d'un président des comptes et veuve de Jacques le Pelletier de la Houssaye, conseiller au Parlement, remariée à Fieubet le 20 octobre 1654, mourut à Paris, le 12 janvier 1686. « Femme d'un très grand mérite, regrettée de tout le monde, » dit Dan-
accommodées1, de l'âge et de la dévotion sur le tout, le [Add. S-S. 513] jetèrent dans cette retraite2. Pontchartrain envoya son fils le voir, qui, avec peu de discrétion, s'avisa de lui demander ce qu'il faisoit là. « Ce que je fais ? lui répondit Fieubet, je m'ennuie; c'est ma pénitence, je me suis trop diverti. » Il s'ennuya si bien, mais sans se relâcher sur rien3, que la jaunisse le prit, et qu'il y mourut d'ennui au bout de peu d'années4.
geau (tome I, p. 280). Ils s'étaient fait une donation mutuelle en 1671 : Arch. nat., Y 222, fol. 139. Par testament du 1er mars 1673, elle institua légataire universel M. de Fieubet de Launac, son beau-frère, qui abandonna la succession au veuf : Y 251, fol. 58 v°. Elle laissait quarante mille livres à ses domestiques, et cent dix mille livres à sa paroisse de Saint- Paul (Bibl. nat., Gazette du P. Léonard, ms. Fr. 10 265, fol. 100 v°).