‹ Memoires de Saint-Simon (volume 4)Chapitre 360 sur 556 · Tome V, p · texte numérisé non relu

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à l'éviter : de manière qu'elle tomba en toutes sortes de mains, et quelquefois même on en manqua. Cela alla si loin, que le Roi s'en fâcha, et qu'il fut sur le point de faire quêter Mme la duchesse de Bourgogne. J'en fus averti par les dames du palais, qui vouloient que nous n'allassions point à Paris pour la fête, et qui essayèrent de me faire peur que l'orage ne tombât sur moi, qui n'étois pas encore revenu auprès du Roi d'avoir quitté le service. Je n'allois point à Marly, et j'étois encore dans la situation avec lui que j'ai représentée en son lieu1, et que ces dames me flattoient qui pourroit cesser par là. J'y consentis à condition que j'aurois sûreté que ma femme ne seroit point nommée pour la quête, et, comme on ne me la put donner, nous nous en allâmes à Paris. La maréchale de Cœuvres, comme grande d'Espagne2, refusoit toutes les quêtes, et la duchesse deNoailles, sa mère, donnoit pour elle la comtesse d'Aven, sa belle-fille. A une autre fête, les deux filles, duchesses, de Ghamillart3, qui n'avoient pu éviter cette fois-là de se trouver à Versailles, furent averties pour quêter, et refusèrent l'une et l'autre : cela servit à faire crever la bombe4. Le Roi, ennuyé de ces manèges*, ordonna lui-même à Monsieur le Grand de faire quêter sa fille le premier jour de l'an 1704, qui, par nécessité, en sut faire sa cour aux dépens de qui il lui plut0. Il ne m'a-

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