‹ Memoires de Saint-Simon (volume 4)Chapitre 441 sur 556 · Cet et est en interligne · texte numérisé non relu

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l'y. Le manuscrit porte : s'asseoyent.

fille du président le Bailleul, chancelier de la Reine et surintendant des finances. C'étoit une femme d'infiniment d'esprit, qui savoit beaucoup au-dessus de son sexe, galante en son temps, extrêmement du grand monde, haute, fière, dédaigneuse, qui n'aimoit qu'elle, qui ne faisoit cas que d'elle, et qui a trouvé le moyen de se conserver une autorité et un tribunal chez elle, où le monde choisi a longtemps eu la sottise d'aller compter, et qu'elle a conservé, avec un monde plus ordinaire, jusqu'à la dernière vieillesse, étant morte à Paris en 1712, à quatre-vingt-six ans. Elle étoit veuve sans enfants du marquis de Nangis Brichanteau, grand-oncle aîné de celui d'aujourd'hui, avant d'épouser le marquis d'Huxelles. Son fils et elle n'étoient pas d'humeur à être longtemps bien ensemble. Il en secoua le joug dès qu'il put. Elle ne lui pardonna jamais. Us ont été longtemps sans se voir, et ne se sont vus depuis que rarement, et par pure bienséance.

« L'honneur que le vieux Beringhen se faisoit avec raison de son alliance, le mérite distingué de sa femme, l'union étroite qui fut toujours entre eux, leur fit regarder et traiter le jeune marquis d'Huxelles comme un de leurs enfants, et lui, de son côté, qui, à dix-sept ans, avoit quitté le petit collet à la mort de son aîné tué en Candie, n'ayant de parents proches qu'eux, s'y attacha comme à sa maison paternelle, et lia une amitié étroite avec leurs enfants, ses cousins germains. A la mort de l'aîné, tué devant Besançon en 1674, il eut son régiment d'infanterie, et il fut, trois ans après, brigadier. Il ne tarda pas ensuite à avoir des détachements séparés. Beringhen l'avoit initié chez M. de Louvois1, qui le trouva homme à tout faire pour lui et pour sa fortune, et qui le porta rapidement à tout. Il lui procura le commandement du camp des travaux de Maintenon pour l'approcher du Roi et le faire valoir, le fit maréchal de camp en 1683, et, au sortir du siège de Luxembourg2, lui fit donner le commandement3 d'Alsace, tout nouveau maréchal de camp qu'il étoit. Il fut fait lieutenant général pour le siège de Philipsbourg en 1688, au sortir duquel il fut de cette grande promotion de l'ordre du Saint-Esprit où M. de Louvois mit tant de gens de peu et de militaires. L'année suivante, il défendit cinquante jours durant de tranchée ouverte Mayence contre le fameux duc de Lorraine, auquel il se rendit 8 septembre 1689, et qui4 mourut bientôt après. Huxelles avoit, en troupes, en officiers, en munitions de toutes sortes, de quoi faire une belle défense. Il la fit aussi; mais il se rendit sur le point qu'il alloit être certainement secouru, et le siège levé au grand étonnement de l'armée qui y marchoit et en étoit proche. Ce fut sur les ordres de M. de Louvois, qui vouloit déterminément la guerre et qui sentoit bien que la conservation de Mayence, et l'armée qui en faisoit le siège battue, comme, selon toute apparence,

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