‹ Memoires de Saint-Simon (volume 4)Chapitre 442 sur 556 · Et qui est en interligne, au-dessus de lequel, biffé · texte numérisé non relu

Et qui est en interligne, au-dessus de lequel, biffé

elle devoit l'être, diminuée et fatiguée comme elle l'étoit, feroit penser sérieusement l'Empire à la paix, et démancheroit toute sa guerre. Huxelles commanda toujours, depuis 1690 que Montclar mourut, en chef eu Alsace, servit les campagnes dans l'armée du Rhin, fut directeur de l'infanterie à l'établissement de ces emplois, et trouvoit moyen d'avoir la principale considération du général et de toute l'armée sans s'y donner le moindre mouvement, ni presque sortir de chez lui, et, en Alsace, d'y être le maitre absolu.

« Depuis qu'il fut maréchal de France, il se tint presque toujours à Paris avec ses appointements de commandant en chef d'Alsace, où du Bourg, depuis maréchal de France, en faisoit la fonction en son absence. Ce n'étoit pas le goût, le talent, ni les vues du maréchal d'Huxelles, de commander des armées. Il étoit parvenu à ce qu'il vouloit dans la guerre, et ce comble ne lui parut qu'un chemin pour arriver plus haut. Il vouloit être duc et pair, il vouloit être consulté, il vouloit, à tout prix, mettre le pied dans le cabinet et entrer dans le Conseil. Pour tout cela, il falloit être sur le lieu et y faire sa partie. Il fit une cour assidue à Mme de Caylus, nièce de Mme de Maintenon, nouvellement revenue à la cour et fort brillante, et il lia secrètement un commerce étroit avec Mlle Choin, la Maintenon de Monseigneur, avec qui elle [le] mit au mieux. 11 s'aida aussi des jésuites, qu'il avoit toujours fort ménagés à Strasbourg, et fit si bien,^qu'en 1710 il fut nommé ambassadeur plénipotentiaire, avec l'abbé, depuis cardinal de Polignac, pour aller traiter la paix à Gertruydenberg, où les ennemis de la France se roidirent à des conditions si étranges, que tout fut rompu au bout de cinq mois de séjour, ou plutôt qu'on se sépara par l'inutilité d'une plus longue assemblée. Au retour, le maréchal continua ses menées. Il envoyoit tous les jours, du quartier de Montmartre où il logeoit, des têtes de lapins à la chienne de Mlle Choin, dans la rue Saint-Antoine. Monseigneur mourut: l'envoi cessa au même instant, et lui-même n'alla pas une seule fois chez Mlle Choin. Au bout d'assez longtemps, elle en témoigna sa surprise. On en parla au maréchal, qui répondit froidement qu'il ne savoit ce qu'elle vouloit dire, qu'il ne la connoissoit presque pas, et que jamais il n'avoit été connu, ni moins encore approché de Monseigneur.

« Le premier président de Mesmes, ami intime de Beringhen, étoit parla devenu le sien, et l'avoit mis en connoissance avec M. et Mme du Maine. Tout cela se passoit fort sourdement; mais, après la mort de M. le prince de Conti et de Monsieur le Duc, qu'il avoit fort cultivés, et avec qui cette autre liaison n'alloit pas, mais1 surtout après la mort de Mgr le dernier Dauphin et de M. le duc de Berry, il devint le courtisan public des bâtards, et, par le premier président, qui étoit de longue main entièrement vendu à M. du Maine, à qui il devoit sa place, faisoit valoir sa considération et ses conseils. Le jour qu'ils furent

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