Mais semble surcharger un premier sur[toul
déclarés princes du sang, il déclara qu'il en recevroit les compliments, et s'en attira un remerciement du Roi, puis leur donna à diner le jour qu'ils furent au Parlement pour la première fois en cette nouvelle qualité. Souple à merveilles sous M. Voysin et sous le maréchal de Villeroy, qu'il méprisoit parfaitement tous deux1, il ne laissoit pas de courtiser le marquis d'Effiat et Canillac à Paris, à cause de M. le duc d'Orléans, et passoit ainsi sa vie, sous un extérieur d'oisiveté tranquille dans sa maison, à intriguer et à chercher des routes et des appuis de toutes parts contradictoires. Comme il avoit été à Gertruydenberg, il fut nommé, avec le même collègue, pour aller traiter la paix à Utrecht. Les choses avoient heureusement changé de face, et il signa la paix avec Mesnager, troisième plénipotentiaire qu'on lui avoit fort étrangement associé par rapport au commerce. Il fut bien avec celui-ci2, qui souffrit en tout respect ses humeurs et son empire ; mais il fut brouillé dès les commencements avec l'abbé de Polignac, qui eut double joie de le quitter pour venir recevoir du Roi sa calotte rouge. Cette paix fut signée le 41 avril 4713. Au mois de novembre suivant, le duc Mazarin étant mort, le maréchal d'Huxelles eut le gouvernement d'Alsace, et le comte du Bourg le commandement, le maréchal se trouvant trop bien de Paris et de la cour pour retourner à Strasbourg dans un temps où l'âge et la santé du Roi mettoient sur le point de grands changements où le maréchal d'Huxelles se proposoit bien d'avoir une place principale, soit par les bâtards, soit par M. le duc d'Orléans, moyennant ses amis Canillac et d'Effiat. Il3 ne se trompa pas. Dans la résolution que M. le duc d'Orléans avoit prise de substituer des conseils et des gens de qualité au gouvernement du feu Roi, les emplois récents que le maréchal d'Huxelles avoit eus à Gertruydenberg et à Utrecht, et la connoissance qu'on lui supposoit des cours voisines du Rhin par son long séjour en Alsace, déterminèrent son choix pour la présidence des affaires étrangères. La mort du maréchal de Chamilly, survenue en même temps, parut une occasion à M. le duc d'Orléans toute propre à s'attacher particulièrement le maréchal d'Huxelles : tellement qu'il lui donna le gouvernement de Strasbourg.
« Son ambition étoit si violente, que, dans l'entre-deux qu'il fut maréchal de France au temps qu'il fut nommé pour aller à Gertruydenberg, la tête lui pensa tourner de ce qu'aucune des portes qu'il vouloit forcer ne s'ouvroit devant lui. 11 n'osoit demander d'être fait duc; et sous quel prétexte? encore moins d'entrer dans le Conseil. 11 vit M. d'Harcourt sur le point deux fois d'y être admis, le même et d'autres faits ducs : il en tomba dans une mélancolie et dans des vapeurs si noires, qu'il ne fut pas loin de faire le saut. Les médecins le traitèrent, et il fut très longtemps sans être en état de voir qui que ce fût,