Cy est en interligne
3. Avant //, Saint-Simon a biffé : « Le Koy vescut assez et le M1 de Chamilly mourut assez tost ».
LES MARÉCHAUX CRÉÉS EN 4703. m
Beringhen à peine, et plus longtemps encore à le vouloir. Ce ne fut que Gertruydenberg qui lui rendit la vie.
« Président des affaires étrangères, il paya de table, de silence, de mots coupés et de mines, n'opina jamais qu'en deux paroles au conseil de Régence, où, dans les premiers temps, se traitoient vraiment les affaires, écoutoit les ministres étrangers et leur répondoit peu, surtout alloit presque tous les matins s'enfermer une heure chez Pecquet, qui avoit été un des premiers commis de M. de Torcy pour les affaires étrangères, et prenoit là sa leçon; traversoit tout ce qui ne vonoit pas de lui, et toutefois ne produisoit rien, toujours tourné aux partis les plus timides. Cette conduite, qui montroit la corde, jointe à l'esprit et au goût de M. le duc d'Orléans pour * les routes détournées, déchargea le maréchal de beaucoup de choses que M. le duc d'Orléans faisoit par lui-même ou par ces voies obliques, et très ordinairement à l'insu du maréchal, qui enrageoit, menaçoit quelquefois de se retirer, et auroit été au désespoir de quitter prise. Le traité de la Quadruple alliance fut pratiqué de la sorte par l'abbé Dubois, qui, d'Angleterre ou de Hanovre et d'Hollande, cacha tout au maréchal, et avoit sa correspondance directe avec M. le duc d'Orléans. Quand tout fut fait, et qu'il n'y eut plus que la forme, il fallut bien qu'elle passât par le maréchal d'Huxelles, et qu'il vît de quoi il étoit question. Le traité lui parut détestable; et, en cela, il n'avoit pas tort : il ne fut bon qu'à faire l'abbé Dubois cardinal, et de là premier ministre. C'étoit aussi pour cela qu'il l'avoit fait. Aucun du conseil des affaires étrangères, ni de celui de régence, sans exception d'un seul, n'en savoit un mot. Le maréchal, encouragé par un silence si généralement offensant et par tout' le mauvais de ce traité, espéra une opposition générale, et déclara nettement qu'on lui couperoit plutôt la main que de le signer. Cette résistance embarrassa fort le Régent; mais le vin étoit tiré, et l'abbé Dubois n'oublioit rien pour le faire boire: tellement que M. le duc d'Orléans envoya d'Antin dire au maréchal qu'en deux mots il signeroit, ou que, dans vingt-quatre heures, S. A. R. disposeroit de son emploi. Ce message anéantit dans l'instant toute la fermeté du maréchal : il signa sur l'heure, et pria d'Antin de faire valoir son obéissance et d'obtenir pardon de sa résistance. Comme il avoit affecté de la publier, et que l'événement de cette affaire faisoit l'attention publique, cette foiblesse fit grand bruit et couvrit le maréchal de mépris. Personne, à son exemple, ne résista au conseil de. régence, déjà devenu le vieux sérail. Le maréchal conserva encore quelques mois sa place. L'abbé Dubois, triomphant à son retour, voulut être seul maître des affaires étrangères et en avoir seul le secret. Il fit casser tous les conseils, pour rompre celui des affaires étrangères, et s'en fit le secrétaire d'État. Le maréchal d'Huxelles et bien d'autres eurent la frivole consolation, en perdant leurs places, d'entrer dans le conseil de régence, devenu