Original non autographe : Arch. nat., G
sieur de Manny n'avoit pas mérité sa disgrâce auprès de M. l'intendant que pour lui avoir demandé par écrit, pour sa décharge, ses ordres à l'égard de l'établissement de M. le président Belleval pour maire à la veille de la fin de son consulat : ce que M. l'intendant lui refusa. Je me contente d'en demeurer là.
« Puisque vous voulez bien, Monsieur, être la caution de M. de Bâville auprès de moi, je vous accepte avec plaisir et confiance, et, puisque vous êtes maître absolu dudit sieur de Bâville, je vous prie d'agréer aussi que je vous fasse le mien : il est l'offenseur sans sujet, et je suis l'offensé sans réparation. J'envoierai incessamment à M. d'Aguesseau un mémoire pour vous communiquer et vous rendre le maître de mes intérêts absolument, avec cette différence qu'il y a fait tout à sa mode, et que j'ai tout souffert. Le Roi a raison de haïr toute contestation entre ceux qui le servent, et, par son équité, il a tout lieu de blâmer M. de Bâville, et d'être content de ma patience à souffrir sans avoir donné la moindre occasion de me maltraiter, n ayant pas, en quarante ans de service, mérité le dégoût qui me fait malade depuis les derniers états.
" Je suis tout à fait, depuis l'âge de raison, dans la maxime de la fin de votre lettre, qu'il y a à gagner dans tous les états à vivre sans affaires. Je n'en changerai pas à la fin de ma vie, et, si j'avois l'avantage d'être plus connu de vous, j'espérerois, Monsieur, que vous me rendriez cette justice, comme celle de croire que, pour vous moins détourner de vos grandes occupations, j'accepte d'envoyer à un ami qui vous est si attaché tout ce que j'ai à vous confier. Je suis du meilleur de mon cœur absolument à vous1.
« Le cardinal de Bonsy. »
1. Comparez les documents indiqués dans la Correspondance des Contrôleurs généraux, tome I, n° J 150. M. de Bâville écrit, le 31 octobre suivant : « Voici, Monsieur, la dernière fois que j'aurai l'honneur de vous parler du maire de Montpellier. Il a salué M. le cardinal de Bonsy et M. le
marquis de Castries Cette démarche a attiré la réconciliation, et a enfin
terminé toute cette apparence de division. Permettez-moi de vous rendre encore mille grâces de toutes les bontés que vous avez eues pour moi en cette occasion.... M. le cardinal de Bonsy est assez bien revenu; mais il a une espèce de mal où la récidive est bien à craindre. »