‹ Memoires de Saint-Simon (volume 4)Chapitre 464 sur 556 · Le manuscrit porte: H. III. — 4. En · texte numérisé non relu

Le manuscrit porte: H. III. — 4. En

Greffier.

« M. de Verderonne1, Claude de l'Aubespine. Il étoit greffier de l'ordre de Saint-Michel et président en la Chambre des comptes, cousin germain de M. de Châteauneuf chancelier de l'Ordre, ci-dessus, père du garde des sceaux de France, et cousin germain de la femme de M. de Villeroy, ci-dessus, enfants des deux frères. Il fut gendre de M. de Rhodes, ci-dessus : de manière que toutes ces charges de l'Ordre tombèrent ainsi dans les plus proches les uns des autres. M. de Verderonne eut deux fils, et une fille, mariée à Jean de Montberon, seigneur de Fontaine-Chalendray, premier écuyer de Madame duchesse d'Orléans. La quatrième génération de ce M. de Verderonne est le seigneur de Verderonne, capitaine des gendarmes anglois, gendre sans enfants de M. de Virville Groslée, et la seconde femme de M. de Pontchartrain fils du Chancelier, dont elle a eu la duchesse de Nivernois.

« Ces deux dernières charges de l'Ordre ne font point preuves, et leurs manteaux sont en quelque chose inférieurs à celui du prévôt et grand maître des cérémonies.

« Ces grands officiers, n'ayant point de collier, ne le mettoient point autour de leurs armes. Longtemps après, vers la minorité de Louis XIV, le chancelier de l'Ordre, qui, seul des grands officiers, l'a brodé autour de son grand manteau et mantelet, hasarda là-dessus de mettre le collier à ses armes comme les chevaliers. Les autres grands officiers, fondés sur ce que le chancelier n'avoit point le collier d'or émaillé non plus qu'eux, et cependant le mettoit à ses armes, en environnèrent aussi les leurs. En France, on n'a qu'à entreprendre, surtout des ministres et gens en grandes places et crédit, comme étoient ces grands officiers. On les laissa faire, et cela est demeuré depuis à leurs successeurs, qui, non contents de cette usurpation , se sont fait peindre, puis représenter en statues et sur leurs tombeaux avec le collier d'or émaillé au col comme les chevaliers, et avec le collier autour de leurs manteaux et mantelets comme le chancelier de l'Ordre : tellement que, hors les jours de cérémonies de l'Ordre, il n'y a plus, quant à tout ce qui est extérieur, aucune sorte de différence entre les chevaliers et les grands officiers.

« On a mis les grands officiers en suite de cette première de toutes les promotions, parce qu'ils furent déclarés en même temps. Désormais, ils se trouveront à la suite de la dernière promotion de chaque règne.

« On a réservé ici le rang de grand aumônier, parce qu'il ne prétend pas être d'avec les grands officiers. Il n'est pas non plus du nombre des huit cardinaux ou prélats de l'Ordre, et si peu, que, lorsque des cardinaux commandeurs de l'Ordre sont devenus grands aumôniers, comme il est arrivé aux cardinaux de Coislin et de .lanson sous Louis XIV,

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