I. Ci-dessus, p. 193, 200 et
2fl.
qui sont, les deux seuls qui le soient devenus, leur place de commandeur de l'Ordre a vaqué par là, et il y a été nommé en leur place. Désormais, on mettra les grands aumôniers à la tête des grands officiers de chaque règne. Henri III unit, par les Statuts de l'Ordre, la charge de grand aumônier de l'ordre du Saint-Esprit à celle de grand aumônier de France, et sans faire de preuves, en faveur du célèbre Amyot, par son savoir et ses ouvrages, qui étoit fort éloigné de pouvoir faire des preuves. Depuis lui, cette union a subsisté, et sans preuves, en sorte que tout nouveau grand aumônier de France, prêtant serment au Roi de cette charge dans son cabinet, y reçoit en même temps de ses mains le cordon bleu comme grand aumônier de l'Ordre.
Grand aumônier.
« M. Amyot, évêque d'Auxerre1. Il étoit fils d'un habitant de Melun, et on ne lui a connu ni oncles, ni neveux, ni frères, ni parents. Il fut connu de M. Bochetel, secrétaire d'État fort en crédit, et, comme il avoit beaucoup de lettres, il lui procura à Bourges une place de lecteur public en grec et en latin, qu'il exerça dix ans avec tant de réputation, qu'il en eut l'abbaye de Bellozane, et il se fit extrêmement connoître sous ce nom. Il fut envoyé à Venise, puis au concile de Trente, de la part du Roi, où il harangua les Pères avec un grand applaudissement, et y montra une grande érudition. Le cardinal de Tournon, qui aimoil les savants, le protégea, et lui procura la place de précepteur des enfants de France, desquels il se fit fort aimer, quoique en les instruisant. Charles IX, parvenu à la couronne, lui donna l'abbaye de Saint- Corneille de Compiègne, et, le 6 décembre 1560 2, le fit grand aumônier de France par la mort de M. d'Humières évêque de Bayeux, et, dix ans après, lui donna l'évêché d'Auxerre. Henri III ne l'aima pas moins, et unit en sa faveur, sans preuves, la charge de grand aumônier de l'ordre du Saint-Esprit, en son institution, à celle de grand aumônier de France. Sous ces deux règnes, il fut en grand crédit ; mais, sur la fin du règne d'Henri III, et surtout après les derniers états de Blois en 1588, il passa pour être corrompu par la Ligue et débauché par les Guises de la reconnoissance pour son bienfaiteur. Il se retira à Auxerre, où Henri IV le priva de sa charge de grand aumônier, en 1591. Ce surcroit de disgrâce le livra à la mauvaise humeur de son clergé et de sa ville. Il y vécut d'ennuis le reste de ses jours, et y mourut, 6 février 1593, à soixante-dix-neuf ans. Il ne reçut l'Ordre que le dernier décembre 1579, à la seconde promotion3.
1. Ci-dessus, p. 172. Comparez l'Histoire généalogique, tome VIII, p. 283-28i.