‹ Memoires de Saint-Simon (volume 4)Chapitre 466 sur 556 · Le manuscrit porte · texte numérisé non relu

Le manuscrit porte

3. Cet article n'est que la paraphrase abrégée de celui de YHisfoirr généalogique.

« On ne sait quel jour les cardinaux de Bourbon, de Guise et Birague ont reçu l'ordre du Saint-Esprit; mais il est sûr que ce ne fut point le dernier décembre 1578,' jour de la première promotion. On les met ici à la seconde, où ils ont paru comme commandeurs de l'Ordre pour la première fois, et où il y a preuve que les premiers prélats y ont été reçus1.... »

Le cardinal Birague-.

« Le cardinal Birague3, chancelier de France, évêquc de Lavaur. abbé, etc., étoit de Milan. Il fut retenu au service de François Ier. auprès duquel il avoit été envoyé pour affaires importantes. Sa mère étoit Trivulce, et sa femme Balbiano. Il fut successivement conseiller au parlement de Paris, premier président au sénat de Turin, puis lieutenant général en Piémont, naturalisé, avec sa fille unique, 1565, puis gouverneur de Lyonnois, Forez et Beaujolois, 15704. M. de Morvillier, évoque d'Orléans, qui avoit refusé les sceaux à la mort du chancelier Olivier, 1560, et qui les reçut enfin malgré lui, lorsque, en 1568, les Guises chassèrent enfin ce grand chancelier l'Hospital, étant mort ù soixante-onze ans, à Tours, 23 octobre 1577 s, ils furent donnés en titre à M. de Birague dès 1573, qui les avoit par commission dès 15706, parce que M. de Morvillier les avoit absolument voulu remettre quoique demeurant jusqu'à sa mort au timon des affaires avec grand crédit, et précédant même au Conseil M. de Birague garde des sceaux. La même année 1573, M. de Birague fut chancelier à la mort du chancelier de l'Hospital en son exil dans sa maison de Vignay, près d'Étampes. Il consentit à céder les sceaux à M. de Cheverny, son ami7 particulier8, dès qu'il se vit cardinal de la même promotion du précédent9. Il venoit de perdre sa femme, et eut en même temps son évêché et trois abbayes. C'étoit un homme sans aucun savoir, sans justice, et peut-être sans religion, vendu à la fortune, aux Guises, aux volontés des plus puissants, et qui n'avoit pas honte de se dire chancelier du Roi, et non chancelier de France; du reste, capable en affaires d'État et adroit en intrigues, point pillard, meilleur pour ses amis que pour soi, et pauvre pour avoir fait une si grande fortune10. Il mourut à Paris, assez peu

1. C'est ce que dit V Histoire généalogique : ci-dessus, p. 178, note 5.

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