‹ Memoires de Saint-Simon (volume 4)Chapitre 478 sur 556 · Vol. France 189, fol. 80. — 4. Ibidem, fol · texte numérisé non relu

Vol. France 189, fol. 80. — 4. Ibidem, fol

« M. de Loménie dont il s'agit ici eut successivement tous les emplois de son père et sa survivance de secrétaire d'État, 4645, qu'il n'avoit que dix-neuf ans. Il eut en 4622 la capitainerie des Tuileries par la mort du connétable de Luynes, et fut ambassadeur en Angleterre, 4624, pour régler les articles du malheureux mariage de la sœur de Louis XIII avec le prince de Galles, qui ne s'accomplit que lorsqu'il fut roi. Il fut aussi employé à apaiser la Reine mère en 4630, après la journée des Dupes, et encore à tâcher de la résoudre d'aller de Compiègne, d'où elle sortit pour toujours du Royaume, à Moulins. Il ne laissa pas de tomber en disgrâce au commencement de 4643, que, le 20 février, il fut obligé de céder sa charge à M. de Guénegaud ; mais, au mois de juin, le Roi mort, et la Reine régente, conduite par le cardinal Mazarin, obligea M. de Chavigny de vendre sa charge de secrétaire d'État du département des affaires étrangères à M. de Loménie, laissant Chavigny dans le Conseil, où il ne fit plus que palpiter. M. de Loménie eut la confiance dans tous les troubles de la Régence. La Reine, qui avoit toujours [souvenir] que son attachement pour elle avoit eu grand part à sa disgrâce, et qui le remit en même et plus importante place dès qu'elle fut la maîtresse, lui donna, en 4654, la survivance de sa charge pour son fils M. de Brienne1. Il continua dans le même crédit et la même confiance jusqu'au voyage du mariage du Roi, qu'il fut laissé à Paris chargé des affaires en l'absence de la cour. 11 survécut la Reine mère, sa protectrice, de quelques mois, et mourut à Paris, 5 novembre 4666, à soixante-onze ans, avec la douleur de voir sa charge et ses travaux perdus avec l'esprit de son fils.

« Il avoit fait, en 1623, un mariage très inégal, non tant en soi que par l'étrange inégalité de celui de son beau-père. C'étoit la fille de Bernard Béon, seigneur du Massez, gouverneur de Saintonge et Aunis, et de la sœur du duc à brevet de Brienne, dernier de cette branche de Luxembourg, beau-frère du duc d'Épernon que nous avons vu chevalier de l'Ordre p. 55, en 4595*, et il en eut le comté de Brienne, d'où il fut plus ordinairement appelé M. de Brienne que M. de Loménie. Il en eut le comte de Brienne, son aîné et son survivancier de secrétaire d'État, l'évêque de Coutances, mort extrêmement vieux, en 4720, le doyen des prélats du Royaume, et Mme de Gamaches, dont nous verrons le mari chevalier de l'Ordre en 4661, amie intime de Mme la princesse de Conti Martinozzi, et dans toutes les meilleures compagnies de son temps3. Il laissa aussi un chevalier de Malte, qui eut des commanderies et ne laissa pas d'être consul d'Alexandrie4. Ce secrétaire d'État a laissé des manuscrits des événements les plus remarquables des règnes de Louis XIII et de Louis XIV. Les Mémoires de Brienne, imprimés en

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