‹ Memoires de Saint-Simon (volume 4)Chapitre 488 sur 556 · Et surcharge d\ — 3. //, au singulier, dans le manuscrit · texte numérisé non relu

Et surcharge d\ — 3. //, au singulier, dans le manuscrit

4. L'anecdote qui va suivre se retrouvera dans les Mémoires, au milieu d'une grande digression sur la maison de la Trémoïlle : éd. 1873, tome V, p. 356-357. Comparez les registres du greffe, ms. Fr. 3968, p. 213-215 et 228.

qui se piquoit d'exceller en tout depuis la théologie jusqu'au commandement des armées, et depuis la science du gouvernement politique jusqu'à celle de faire des vers et des pièces de théâtre, regardoit M. de la Trémoille comme son prosélyte, et l'aima toujours comme tel. Pendant l'absence du Roi du siège de la Rochelle, où le cardinal étoit demeuré généralissime sur les princes et les maréchaux de France, M. de la Trémoille, qui avoit résolu de se faire catholique, eut l'adresse de se présenter au cardinal, comme au plus grand théologien et au plus versé controversiste, pour obtenir de lui des éclaircissements et des instructions. Le cardinal, qui en avoit fait le métier avant sa première fortune et pendant sa disgrâce, se sentit flatté de la proposition de M. de la Trémoille : l'instruction fut bientôt faite, et la conversion aussi. L'abjuration se fit donc entre ses mains, avec toute la pompe qui convient à un homme qui joint le premier rang de l'Église au plus souverain pouvoir, et qui est au milieu de son camp, y donnant ses ordres aux généraux-nés des armées et aux plus grands de l'État. La récompense suivit de près. Le bonhomme la Curée fut si bien tourné et cajolé, qu'il céda à M. de la Trémoille sa charge de mestre de camp général de la cavalerie, que ce dernier exerça pendant le reste du siège et longtemps depuis1. En cette occasion-ci de l'Ordre, il avoit affaire à M. de Ventadour, outré de la mort de M. de Montmorency, son cousin germain et son beau-frère, et qui en avoit vu passer tous les immenses biens à Monsieur le Prince, leur beau-frère, sous prétexte de confiscation, et qui, pour un si grand objet, avoit laissé couper la tête à M. de Montmorency sans trop importuner de ses prières, qui demeurèrent au deçà même des bienséances. Le cardinal, qui en avoit fait le marché, savoit à quoi s'en tenir avec M. de Ventadour, et ne le ménagea point. Outre l'amitié qu'il avoit pour M. de la Trémoille, celui-[ci] et Monsieur le Prince étoient enfants du frère et de la sœur, et Monsieur le Prince, qui sentoit son procédé, étoit plus que peiné contre2 M. de Ventadour et toute cette parenté de ce qu'ils avoient des yeux et du sentiment. Le cardinal, homme à longues vues, ménageoit d'autant plus Monsieur le Prince que le Roi étoit sans enfants et Monsieur marié hors du Royaume, et que dès lors il songeoit à s'appuyer solidement de lui en illustrant sa famille par une alliance avec lui. Ainsi, avec son éloignement et celui de Monsieur le Prince pour M. de Ventadour, son affection et la préférence secrète de Monsieur le Prince pour M. de la Trémoille, sa préséance ne toucha pas terre et fut aussitôt décidée que proposée au chapitre, sans qu'il y fût seulement question de savoir ce que M. de Ventadour auroit à alléguer contre.

« Après cette affaire vuidée en un moment, la dégradation de l'Ordre fut proposée à l'égard du duc d'Elbeuf et de M. de la Vieuville 3. Pour M. d'Elbeuf, cela alloit tout seul. Il avoit suivi Monsieur en toutes ses

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