‹ Memoires de Saint-Simon (volume 4)Chapitre 489 sur 556 · La suite ne reviendra pas dans les Mémoires · texte numérisé non relu

La suite ne reviendra pas dans les Mémoires

2. La première lettre de ce mot surcharge l'abréviation de que.

3. Cette affaire-ci ne reviendra pas non plus dans les Mémoires. Coinpa-

sorties du Royaume et en* toutes ses prises d'armes; il y avoit des jugements à mort rendus contre lui. Cette dégradation n'étoit donc qu'une suite naturelle de toutes ces choses. Pour M. de la Vieuville, l'autorité et la puissance suppléèrent à ce qui pouvoit manquer du fonds. 11 avoit chassé le chancelier de Sillery et Puyzieulx, son fils, qui l'avoient fait entrer dans le Conseil et lui avoient procuré la surintendance des finances. Lui, pour plaire à la Reine mère, et plus encore pour s'appuyer, facilita très efficacement l'entrée du Conseil au cardinal de Richelieu. Mais ce bâton qu'il prit lui perça la main, et un ingrat en trouva un autre : le cardinal voulut n'avoir à compter avec personne, et, dès qu'il fut entré, chassa la Vieuville ; et, comme il ne ïit jamais rien à demi, en grand et habile politique qu'il étoit, il le fit accuser de malversation dans les finances, et le poussa si loin, que, ne s'en croyant pas quitte pour l'exil et la confiscation de ses biens, il sortit du Royaume pour se mettre à l'abri d'un tout-puissant persécuteur. Dans cette situation de l'un et de l'autre, on peut juger de l'intérêt qu'avoit le cardinal en sa dégradation de l'Ordre. Aussi fut-elle décidée fort aisément au chapitre, avec celle de M. d'Elbeuf. Le seul M. de Traînel opina qu'on leur envoyât redemander l'Ordre; mais il ne fut pas écouté. La dégradation se fit donc de la manière la plus solennelle. Les tableaux de leurs armes furent attachés en leur rang parmi ceux des autres chevaliers, au-dessus de leurs chaires, ces deux-là restant vuides. La cérémonie commencée par les vêpres, et le Roi et tous les chevaliers en place, le prévôt de l'Ordre eut commandement du Roi de faire son office, et celui-ci ordonna au héraut de l'Ordre de faire le sien et d'exécuter ce qui venoit d'être arrêté au chapitre. Alors le comte d'Harcourt sortit de la chapelle, en ayant eu permission du Roi, pour n'être pas témoin de la dégradation de son frère. Le héraut détacha les armoiries du duc d'Elbeuf, les montra à l'assemblée, puis les déchira, les jeta par terre, les foula aux pieds, enfin les porta hors la chapelle, où, les jetant par terre, il proclama la dégradation. 11 rentra aussitôt avec un tableau noir, inscrit en lettres blanches de l'arrêt de mort du Parlement contre M. d'Elbeuf et de l'acte de sa dégradation, qu'il attacha au même lieu où il avoit pris les armoiries2. Ensuite il en fit autant de celles de M. de la Vieuville. Et ce pendant vêpres se disoient toujours. Puis le comte d'Harcourt rentra3. Au Magnificat desquelles, le Roi s'alla mettre près de l'autel, et y commença à l'ordinaire à donner l'Ordre aux novices, commençant par le cardinal de Richelieu et le cardinal de la Vallette et par les autres prélats à recevoir.

« C'est la dernière fois qu'un cardinal ait officié aux cérémonies de l'Ordre. Celui de Lyon, grand aumônier, y pontifia solennellement à

rez le registre du greffe, ms. Fr. 3968, p. 210-212, 222, 228 et 230, et la Gazette, p. 201, 202, 219, 220.

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