Voyez notre tome III, p
5. Lettre de Mme d'Huxeltes au marquis de la Garde, 4 juillet 1704. G. Arch. nat., E 1932, fol. 36-41.
Dans le courant de l'année 1703, Saint-Simon, à peine reçu duc et pair, eut deux occasions de prendre rang comme défenseur attitré et autorise des privilèges de ses collègues. Quoiqu'il n'en dise mot dans ses Mémoires, notre devoir est de faire connaître ici, à leur date même, les documents qui révèlent ses débuts dans ce rôle.
En premier lieu, au commencement de l'année, l'abbé Bignon, chargé de la Librairie par son oncle le Chancelier, lui communiqua le manuscrit d'un ouvrage qui avait pour titre : Remarques sur les rangs des princes et des seigneurs de la Chrétienté, sur quelques cérémonies qui se font entre eux, et sur les titres qu'on leur donne. Notre duc « jeta à la marge quelques petites observations, » et M. de Chevreuse, qui s'était constitué l'intermédiaire entre lui et Clairambault, généalogiste des ordres, envoya à celui-ci manuscrit et observations, avec la lettre qui suit, et qui se retrouve dans les registres de la Pairie1 :
« A Versailles, ce lundi au soir [12 mars 1703].
« Voici, Monsieur, les remarques de M. le duc de Saint-Simon, qu'il souhaite que je vous envoie, touchant le livre qu'on est prêt d'imprimer. Ce livre paroît traiter superficiellement les matières qu'il entame, et l'on auroit pu n'y pas faire d'attention; cependant il est toujours bon qu'il n'y ait rien dans les livres nouveaux qui soit contraire à la vérité sur ce qui regarde les rangs et prérogatives des ducs et pairs. Ainsi je crois que la peine que vous prendrez de réformer dans celui-ci les endroits du mémoire de M. le duc de Saint-Simon que vous verrez marqués de croix ne sera pas inutile. Vous connoissez la vivacité de son style, et vous vous servirez par conséquent des expressions que vous jugerez les plus convenables, sans rien faire voir de ces remarques qui sont de sa main. Quand je parle de réformes dans le livre, j'entends seulement d'écrire sur une feuille de papier de quelle manière doivent être les endroits du livre à changer. C'est la vigilance infatigable de M. le duc de Saint-Simon qui vous engage à ce petit travail, et me donne cette occasion de vous faire souvenir combien je suis toujours entièrement à vous.
« Le duc de Chevreuse.
" M. le duc de Saint-Simon vous prie de lui envoyer ce que vous aurez fait, afin qu'il le donne (sans vous nommer) à M. l'abbé Bignon,