‹ Memoires de Saint-Simon (volume 4)Chapitre 54 sur 556 · Les corrige d[eux · texte numérisé non relu

Les corrige d[eux

10. Henri-Louis de la Tour-d'Auvergne, né en 1679 : tome VII, p. 54.

gon plaisoient aux dames1. Avec un esprit médiocre, il savoit tout faire valoir, et n'étoit pas moins occupé de sa maison que toussesparents.il en tiroit fort peu ; il n'avoit qu'un nouveau et méchant petit régiment d'infanterie2. Il étoit assidu à la guerre et à la cour ; il savoit se faire aimer. On étoit touché de le voir si mal à son aise, si reculé, si éloigné d'une meilleure fortune. Il s'attacha au comte de Toulouse : cela plut au Roi, de qui il tira quelquefois quelque argent pour lui aider à faire ses campagnes. Le comte de Toulouse prit de l'amitié pour lui: il en profita3. Le Roi fut bien aise d'acquérir à ce4 fils un ami considérable, et de lui en procurer d'autres par un coup de crédit, et cela valut au comte d'Evrcux la charge de son oncle, qui, par sa persévérance à la garder, la conserva ainsi dans sa maison. Il la vendit six cent mille livres comme à un étranger5 : il étoit mal dans ses affaires. La somme parut monstrueuse pour un cadet qui n'avoit rien, et pour un effet de vingt mille livres de rente6. Le cardinal de Rouillon lui donna cent mille francs7; M. le comte de Toulouse, qui lui avoit fait donner l'agrément, s'intéressa pour lui faire trouver de l'argent, et il consomma promptement son affaire. Le Roi voulut qu'il servît quelque temps de brigadier de cavalerie avant que de

1. Il a déjà été parlé de sa liaison avec la duchesse de Villeroy (tome VII, p. 54-56); sa cousine germaine la marquise de Richelieu avait eu aussi de grandes bontés pour lui (Chansonnier, ms. Fr. 12 692, p. 199), et nous le verrons se lier avec la jeune duchesse de Lesdiguières pour le reste de sa vie.

2. Il avait le régiment de Blaisois depuis 1698 et le grade de brigadier depuis 1702.

3. Comme Dangeau (tome VIII, p. 26-27), la Gazette d'Amsterdam de février 1701, n° xu, rapporte qu'il est le favori du comte de Toulouse et a obtenu par cette voie une pension de deux mille écus.

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