Ci-dessus, p
2. « L'école de prophétie (de Jurieu) s'était établie dans les montagnes du Dauphiné, du Vivarais et des Cévennes, pays tout propre aux prédictions, peuplé d'ignorants et de cervelles chaudes échauffées par la chaleur du climat, et plus encore par leurs prédicants » (Siècle de Louis XIV, p. 712). Les cas d'extase devenant endémiques, Bâville réunit dans les prisons d'Uzès trois cents jeunes voyants, que la Faculté de Montpellier déclara fanatiques, c'est-à-dire atteints de folie religieuse, et dont les uns furent envoyés aux galères, les autres au régiment. Bâville se sert, dès 1701, de cette expression : « les prédicants phanatiques, » et M. de Broglie, de celle de « fanatisme. » Quarante ans avant, on désignait de même « du nom équivoque de Fanatiques » les « zélateurs » anglais soulevés par Ludlow (Gazelle de 1661, p. 109-110).