‹ Memoires de Saint-Simon (volume 5)Chapitre 100 sur 610 · Tome XIII, p · texte numérisé non relu

Tome XIII, p

9. Dangeau, p. 212 : « Il y a des gens- à Marly qui n'y étoiont jamais venus, comme Mme de la Chaise et M. le chevalier de Croissy. »

10. Déjà dit dans deux notices : tome VIII, Appendice, p. 439 et 455.

Survivance

de Mareschal

à son fils;

alarme

des

survivanciers.

[Add. S'-S.]

Mme de

la Chaise

à Marly

en l'absence

de Mme la

duchesse

de Bourgogne

et confesseur, et son fils avoit eu sa charge après lui*. Il avoit

de Madame, épousé une du Giié-Bagnols2, riche, d'une famille de robe de Paris3. Le P. de la Chaise se mouroit de douleur de ne pouvoir obtenir qu'elle allât à Marly, et le Roi, malgré son foible pour lui, ne se pouvoit résoudre à faire manger sa nièce avec Mme la duchesse de Bourgogne et à la faire entrer dans ses carrosses. 11 arriva cette année que, le Roi voulant aller faire la Saint-Hubert4 à Marly, la grossesse de Mme la duchesse de Bourgogne l'empêcha de pouvoir être du voyage5, qui, à cause de cela, ne fut que du mer-

1. Déjà dit en 1697 : tome IV, p. 251-253 ; comparez le tome I, p. 48. Les provisions du père, en date du 26 novembre 1687, sont au registre de la Maison du Roi coté 01 31, fol. 243; comparez 01 274, fol. 26 v°, et le Journal de Dangeau, tome II, p. 32, 51, 60 et 71.

2. Françoise-Nicole du Gué de Bagnols, parente des la Chaise, fille unique d'un président des comptes et petite-fille d'un intendant de Lyon, avait été mariée à l'âge de douze ans, par contrat du 5 décembre 1693 (Arch. nat., Y 271, fol. 256 v°) et par cérémonie du 9, avec trois cent trente mille livres de dot, son époux devant avoir le marquisat, d'un rapport de quarante-cinq mille livres. C'est le prédicateur Boileau qui avait fait ce mariage (Arch. nat., M 762, tome I, fol. 33, et MM 825, fol. 70 v°; Dangeau, tome IV, p. 402, 406-407; Sourches, tome IV, p. 292-293). Le marquis de la Chaise, ainsi marié et comblé des largesses du Roi, obtint la survivance de sa charge, avec la retenue de trois cent mille livres, pour son fils, le 24 avril 1718; mais ce fils mourut à quinze ans, le 12 mars 1723, et le père six mois plus tard.

3. L'aïeul, père du président et de Mme de Coulanges, réputé grand janséniste, était mort sous-doyen du Conseil, en 1685. C'était un beaufrère du chancelier le Tellier. Ils descendaient de bourgeois de Moulins.

4. Le 3 novembre. Sur la célébration de cette grande fête des chasseurs, voyez la Gazette de 1634, p. 494, et de 1673, p. 1082, la Muse historique, tome III, année 1662, p. 566, les Caractères de la Bruyère, tome I, p. 286, le Journal de Dangeau, tome VI, p. 221, le Mercure de janvier 1725, p. 83-94, et YHistoire critique des pratiques superstitieuses, par le P. le Brun, tome II, p. 1-131. Pour la Saint-Hubert de 1686, à. Fontainebleau, « Monseigneur commença à courre le cerf dès sept heures du matin; il en prit deux avant midi, et ensuite le Roi vint à la chasse en calèche et en vit prendre encore deux. Monseigneur avoit quelque envie de courre le cinquième, pour la rareté du fait. » {Dangeau, tome 1, p. 409.)

6. Ci-dessus,- p. 32. « Mme la duchesse de Bourgogne, qui entre dans

credi au samedi, et qu'en même temps Madame se trouva si enrhumée, qu'elle n'y put aller. Le Roi trouva que c'étoit là son vrai ballot1, qu'il ne trouveroit2 de longtemps, et le saisit : il nomma donc Mme de la Chaise pour Marly, à qui, par conséquent, cela n'acquit aucun droit pour manger, ni pour les carrosses, et qui aussi n'y fut jamais admise; mais cette délicatesse n'étoit pas aperçue de tous, au lieu qu'aller à Marly se sut partout. Le P. de la Chaise fut ravi. Cette adresse fut un nouveau crève-cœur pour Saint- Pierre, dont la femme ne put, même en cette sorte, parvenir à aller à Marly, et un peu de dépit à Mme la duchesse d'Orléans de pouvoir moins pour la femme de son premier écuyer, si hautement portée par elle3, que le P. de la Chaise pour sa nièce.

Ce Marly produisit une querelle assez ridicule4. Il faisoit une pluie qui n'empêcha pas le Roi de voir planter dans ses jardins5; son chapeau en fut percé, il en fallut un autre. Le duc d'Aumont étoit en année, le duc de ïresmes servoit pour lui. Le portemanteau du RoiG lui donna le

le huitième mois de sa grossesse, demeurera à Versailles pendant le voyage de Marly » (Dangeau, tome XI, p. 242).

i. Nous avons déjà eu cette locution au tome I, p. 106. Comparez les Contes de la Fontaine, tome IV des Œuvres, p. 257, et l'Addition n° 354, dans notre tome VIII, p. 385.

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