‹ Memoires de Saint-Simon (volume 5)Chapitre 218 sur 610 · Exactement comme celle de leur père : ci-dessus, p · texte numérisé non relu

Exactement comme celle de leur père : ci-dessus, p

4. Comparez le mémoire de 1710, dans les Écrits inédits, tome III, p. 262-264, et ce rappel, dans les Considérations préliminaires (notre tome I, p. 11) : « Se taira-t-on... M. de Turenne et ses proches pour ne pas voir les plus insignes perfidies les plus immensément

rite1. Il eut peur de celui du cadet, qu'il ne tenoit pas, et de ses alliances étrangères, s'il livroit l'aîné au supplice2; il le changea aux plus grands honneurs et aux plus solides biens, et se les acquit par de si prodigieux bienfaits, qu'il sacrifia à l'appui qu'il en espéroit contre les puissants ennemis3 qui, sous l'aveu de Gaston et de Monsieur le Prince, le vouloient chasser pour toujours du Royaume. Il fit donc faire un échange de Sedan et de Bouillon 4, dont

1. Avant Mazarin, Richelieu avait voulu parer aux intrigues que le duc de Bouillon menait en Hollande (1631-163*2) en renouvelant l'acte de protection de Sedan et en donnant un régiment au jeune Turenne, son frère cadet. Voyez une lettre de la duchesse douairière, dans le Musée des Archives nationales, n° 811, et les papiers Bouillon, R3 55.

2. En juillet 16 £2, le cardinal de Richelieu vivant encore, ce fut l'intervention du prince d'Orange qui sauva M. de Bouillon son neveu et fit commuer la peine de mort en celle de la prison perpétuelle : voyez une note des Mémoires de Turenne, éd. Michaud et Poujoulat, p. 323-325, les Lettres de Richelieu, tome VII, p. 144-146, et le livre de Baluzc, aux Preuves, tome II, p. 806-813. Quant au cadet, Mazarin, dans les carnets dont des extraits ont été traduits et publiés par V. Cousin, note en 1643 que ce vicomte de Turenne, « le plus humble et le plus accommodant » du temps de Richelieu, se considère maintenant et est considéré par les protestants comme « un soleil naissant, » et que, malgré la promesse du bâton, il se montre inquiet, « fait des pointilleries, » et affecte de parler de la grande faveur qu'il daigne faire à la Régente, et de regretter le temps du défunt cardinal. Mazarin s'efforçait de le calmer par de bonnes paroles : voyez sa correspondance, tome I, p. 298-299 et 594-596.

Page 1