Ce pluriel a été ajouté après coup
4. C'est ce qui a déjà été dit au commencement des Mémoires, tome I, p. 132. Tout au contraire de Turenne, Bussy-Rabutin, furieux de ne point obtenir le bâton et se considérant comme maréchal in
adroitement
donné sur le titre de maréchal
ou de vicomte de Turenne.
Tour, clans tous les temps de sa vie1; ainsi il n'y changea rien. Dans les suites on prit le change, et MM. de Bouillon y ont donné cours tant qu'ils ont pu2. On se persuada qu'il avoit toujours méprisé l'office de maréchal de France8, qu'il n'en avoit point pris ni le nom ni les marques à ses
petto, (juitta le titre de comte, ainsi qu'il l'explique à sa cousine dans la lettre du 9 janvier 1676 (Lettres, tome IV, p. 329-330) ; mais, dans ses Mémoires, tome I, p. 346, il confirme ce que notre auteur dit de Turenne : « Le bâton de maréchal, que M. de ïurenne avoit autrefois souhaité comme la borne de son ambition, lui parut alors au-dessous de sa naissance. Il en témoigna un si grand mépris, qu'on l'appeloit Monsieur le maréchal quand on vouloit lui dire une injure, et cette ridicule vanité étoit fondée sur ce qu'il prétendoit que ses prédécesseurs avoient été souverains de Boulogne et comtes d'Auvergne, et que la principauté de Sedan appartenoit à sa maison par sa mère : toutes lesquelles prétentions étoient mal fondées. » Ce qui est certain, et nous en avons son ami d'Ormesson pour garant (Journal, tome I, p. 124), c'est que, lors de sa réception au Parlement, le 16 novembre 1643, il demanda à être traité comme prince en Allemagne, pour précéder les autres maréchaux, et que le Parlement le lui refusa, « attendu la minorité du Roi. » Ses soldats eux mêmes ne se servaient que du terme de vicomte pour le désigner.
1. Comme son père : ci-dessus, p. 211. Par une lettre de Christophe Justel, du 29 décembre 1634, publiée dans le Musée des Archives nationales, n° 815, on voit que le duc Frédéric-Maurice signait de son titre de duc en Hollande, parce que c'était l'usage du pays, mais que, pour la France, il gardait « le nom de sa famille, qui est assez illustre, » quitte, s'il en était besoin, à ajouter au-dessous son titre de dignité. Justel lui donnait cette consultation : « Ceux qui écrivent de leurs seigneuries, comme il y en a même en France, le font parce que leur famille n'est assez relevée; mais la vôtre a de trop nobles marques de grandeur. En toutes vos expéditions de guerre, il ne faut mettre que : Le duc de Bouillon. Quand feu Mgr votre père écrivoit à des princes en Allemagne, il mettoit le nom de sa famille et, au-dessous : Duc de Bouillon. Je dis, étant à Sedan, à Madame, que par delà vous pouvez mettre, et à Sedan : Par la grâce de Dieu duc de Bouillon, mais qu'il n'étoit pas à propos aux expéditions qui viendront en France. » Le n° 835 du même Musée, qui est une protestation contre la cession de Sedan en 1641, est simplement signé : Frédéric-Maurice de la Tour.
2. Schonberg disait : « M. de Turenne n'est point prince, et il veut l'être; il est maréchal de France, et ne le veut pas être. » (Bibl. nat., ms. Fr. 22 239, fol. 11.)
armes, comme étant au-dessous du rang et de la qualité de prince1. Il n'y avoit pourtant qu'à se souvenir du maréchal de Bouillon son père, souverain d'effet et de fait, sinon de droit, et des deux maréchaux de la Marck et de Florenges père et fils, tous deux seigneurs2 de Sedan et de Bouillon; mais le gros du monde ne va pas si loin, et, pour peu qu'on ait lu quelques pages, on est étonné des idées qu'on voit prendre pied. M. de Turenne obtint pour vicomte le vicomte de Turenne3, qui avoit déjà de grands droits, de Turenne. de nouveaux privilèges, qu'il fit augmenter par degrés4. Sous prétexte de l'inimitié ouverte qui étoit entre lui et M. de Louvois, déjà fort puissant par lui-même outre l'appui du Chancelier son père5, il délivra ce vicomte de tout logement et de tout passage de gens de guerre6, et, par la connivence de M. Colbert, son ami, de tout le pouvoir des maltôtiers, même des intendants7. En un mot, ces droits devinrent des droits régaliens8, que sa mémoire a
1. Vingt-cinq ans après la mort de Turenne, le Roi ordonna à l'Académie des inscriptions (séance du 11 janvier 1701) de ne le qualifier que du titre de maréchal dans la description des médailles de YHisloire métallique.