Des anciens corrige de Va
7. Et le blason aussi, car le père du maréchal de Bouillon, sous prétexte que sa mère était héritière d'un rameau cadet des la Tour qui avaient fait, au quinzième siècle, la seconde lignée de comtes d'Auvergne, joignit à ses armes, déjà écartelées de Turenne, le gonfanon qui était l'emblème de ces comtes depuis la fin du douzième siècle, et le maréchal, puis son fils le duc Frédéric-Maurice, finirent par le placer en cœur sur l'écartelure de leur écusson, à l'endroit le plus honorable.
8. Voyez ce qui en a déjà été dit dans notre tome II, p. 237-238, et comparez le début de la notice du duché de Montmorency, dans le tome V des Écrits inédits, p. 422-423. C'est, dit-on, en 4390 que
ment déplaire, mais offenser le cardinal de Bouillon et les siens, que de parler de leur maison sous le seul nom de la Tour, comme leurs pères l'avoient toujours pris et signé unique partout; il fallut dire : la Tour d'Auvergne, jouant sur le mot, et se garder surtout de l'expression trop claire de la Tour en1 Auvergne, qui ne se pardonnoit point. Ils avoient enfin compris le peu de sûreté d'un rang qui se peut ôter comme il a2 pu être donné, avec la différence que le dernier est justice et raison, d'un rang sans prétexte de naissance, puisque leurs pères n'y avoient jamais prétendu et n'avoient jamais été distingués de tous les autres seigneurs qui n'avoient ni dignité ni office de la couronne. Ils ne pouvoient se dissimuler à eux-mêmes3 que la possession, même légitime, de Sedan ni de Bouillon n'avoit jamais donné ni fait prétendre aucun rang ni distinction en France, et nulle part en Europe ; qu'ils ne sortoient pas même des possesseurs légitimes; enfin4, de quelle façon leurs père et grand -père les avoient eus. Le grand parti de rang qu'ils en avoient su tirer leur paroissoit donc mal assuré dans un temps ou dans un autre, et, quoique ce rang, même pour les maisons vraiment souve-
Jacqucs Ier de Montmorency fit exposer au Parlement qua l'époque où Robert le Fort s'empara du duché de France, le baron de Montmorency fut le premier à lui prêter serment; mais, en 1624, l'historiographe de cette illustre maison, André du Chesne, prétendit, dans son chapitre v, p. 37-50, que l'appellation de premier baron rappelait un certain Lisbius, premier Gaulois converti par l'apôtre Denis, ou bien un chevalier Lisoie baptisé le premier après Clovis. Cette légende se perpétua, avec quelques variantes (Mercure de décembre 1714, lre partic, p. 49-96). Le cri de guerre de la maison était : Dieu aide au premier baron chrétien! La qualification de premier baron de France, consacrée par les lettres d'érection en duché-pairie de 1551 et par les monuments de la numismatique, est plus acceptable, surtout dans le sens indiqué ici par notre auteur, pour la seconde fois, et qu'il avait développé plus longuement au début de sa notice Montmorency. — Du Chesne et l'abbé Lebeuf ne sont pas d'accord quant à la mouvance de Saint-Denis.
1. Il a souligné les prépositions cV et en. — 2. A surcharge un p.
3. Mesme, sans accord, au manuscrit. — 4. Enfin est en interligne.
raines, fût inconnu en France jusqu'aux Guises, à qui il fallut tant d'adresse, de puissance et de degrés pour l'établir, par conséquent très susceptible d'y tomber, c'en étoit tout un autre danger pour des seigneurs particuliers, distingués depuis si peu, et à si peu de titre, ou plutôt de prétexte, et qui, bien loin de voir encore aujourd'hui l'aîné de leur maison un véritable souverain depuis tant kde siècles, comme est le duc de Lorraine, n'en pouvoient montrer la moindre apparence chez eux en aucun temps1. Cartulaire Dans cette angoisse, une fortune inespérable2 les vint do Brioudc. trouver. Un vieux cartulaire de l'église de Brioude3 enterré
1. La branche aînée des seigneurs de la Tour (aujourd'hui Latourd'Auvergne, arr. Issoire) avait recueilli la succession des comtes d'Auvergne et de Boulogne du chef de Marie d'Auvergne, mariée en 1390 à Bertrand V de la Tour et morte en 1437 ; mais, cette branche étant tombée en quenouille au bout de quatre générations, sa succession passa à la mère de Catherine de Médicis. C'est alors, en mai 1501, que le chef de la branche cadette, dite d'Olliergues, détachée de la tige commune dès la fin du treizième siècle, et qui, par la dernière Beaufort, venait d'hériter de la vicomte de Turenne, releva le titre de baron de la Tour sous prétexte que cette terre était substituée aux mâles à l'exclusion des filles, et fit disparaître la brisure de ses armes. On a vu plus haut, p. 234, note 7, que le mariage conclu à la génération suivante avec la dernière des la Tour-Montgâcon autorisa, ou du moins entraîna les la Tour-Turenne à relever aussi les armoiries des anciens comtes, comme descendant d'eux par une femme. Non content de cette prétention, le duc Frédéric-Maurice chargea son surintendant Christophe Justel d'établir les preuves d'une descendance directe par mâles ; Justel fit paraître en 1644 un Stemma Arvernicum, en 1645 Y Histoire dont il sera parlé dans l'appendice VIII, p. 534, et qui rattachait ses clients à un fils cadet de l'auteur de la seconde lignée de comtes d'Auvergne. L'addition de ce nom à celui de la Tour trouvait ainsi sa justification.
2. Dans cette angoisse a été ajouté en fin de ligne et en marge, et inespérable corrige inespérée.
3. L'église Saint-Julien de Brioude, en basse Auvergne, sur l'Allier, possédait, depuis le neuvième siècle, un chapitre noble de trente-huit chanoines-comtes. M. Doniol a publié le principal cartulaire de cette antique église en 1863; mais la production de textes du dixième siècle qui fut faite en 1695, par les soins du cardinal et pour prouver la parenté directe d'un Géraud de la Tour avec les Acfred ducs d'Aquitaine et comtes d'Auvergne, se composait uniquement de feuillets détachés
dans l'obscurité de plusieurs siècles fut présenté au cardinal de Bouillon ; ce titre avoit les plus grandes marques de vétusté, et contenoit une preuve triomphante de la descendance masculine de la maison de la Tour des anciens comtes d'Auvergne cadets des ducs de Guyenne1. Le cardinal de Bouillon fut moins surpris que ravi d'aise d'avoir entre ses mains une pièce de si bonne mine, car c'étoit là le point, plus que ce qu'elle témoignoit. De longue main, pour sa réputation d'abord, après pour sa chimère, il s'étoit attiré tout ce qu'il avoit pu de savants en antiquités. De tout temps les jésuites lui étoient dévoués, comme2 lui à eux, sans mesure, et, parmi tous les démêlés que son abbaye de Cluny lui avoit causés avec ses religieux3, il avoit eu grand soin de ménager les savants des trois congrégations françoises de l'ordre de Saint-Benoît4. Baluze5, [Add. S'-S. 711}
d'un autre cartulaire dont on ne pouvait prouver l'existence réelle, d'extraits d'un petit cartulaire qui disparut immédiatement, et de passages interpolés ou altérés dans le grand cartulaire, dans l'obituaire de la même église, enfin dans le cartulaire du prieuré bénédictin de Sauxillanges. C'est ce qui sera raconté sommairement dans l'appendice VIII, ainsi que le procès du faussaire qui avait fourni ces textes, et que la préparation du livre de Baluze, d'où résulta la disgrâce de ce savant en 1710.
1. Tout ce qui vient d'être dit dans ces dernières lignes est transcrit presque textuellement du mémoire sur les maisons de Lorraine, de Rohan et de la Tour que notre auteur avait composé dès 1710, et qui est compris dans le tome III de ses Écrits inédits. Voyez ci-après, Additions et corrections, p. 636.