Charles d'Aubigné
4. Comparez notre tome XI, p. 424, et îa suite des Mémoires, éd. 4873, tome IX, p. 445.
5. Mme de Maintenon l'annonça en ces termes à la princesse des Ursins (éd. 4826, tome I, p. 77) : « Voilà un tour de bonne parente; mais que ne ferois-je pas pour faciliter un mariage qui plait à Mme de Montespan? »
6. En 4742, la comtesse de Toulouse a toute prépondérance dans l'entourage de Louis XV, le reçoit chaque soir à souper, à Versailles ou à Choisy, l'emmène à Rambouillet, dirige tout dans les petits cabinets, s'entremet entre les légitimés et les princes du sang, etc.
7. Philibert : voyez, en dernier lieu, notre tome XI, p. 409-440.
8. Dans la nuit du 29 au 30 : Dangeau, p. 293-294; Sourches, p. 237- 238 et 256 ; Gazette, p. 60 ; Gazette d'Amsterdam, n°xi ; Mercure de février, p. 489-496; Lettres de Mme des Ursins à Mme de Maintenon, tomes I, p. 69, et III, p. 440; Geffroy, la Princesse des Ursins, p. 290-292.
9. Les Mémoires de Sourches disent : « près de quatre-vingt neuf ans. • 40. Il a corrigé 80 en 85.
encore depuis1. 11 étoit frère de père du maréchal de Gramont2, duquel la mère étoit fille du maréchal de Roquelaure3, et celle du comte de Gramont4 étoit sœur de Bouteville décapité à Paris pour duels, père du maréchal-duc
1. A soixante-treize ans d'abord, en 1692, puis à quatre-vingtquatre, en 1702-1703, il s'était assez bien relevé de deux longues maladies pour reparaître à la cour (Dangeau, tome IV, p. 206-207, avec l'Addition placée ici, et p. 274, tomes VIII, p. 494 et 496, et IX, p. 129); mais une apoplexie le frappa en décembre 1706. Nous avons, dans le ms. Clairambault 1163, fol. 19, une copie au lavis de son portrait de l'ordre du Saint-Esprit, dont il est parlé dans les lettres d'Horace Walpole publiées par le comte de Bâillon, p. .89 et 92. Selon Bussy, c'était un homme aux épaules voûtées, avec les yeux riants, le nez bien fait, la bouche belle, une fossette au menton, la physionomie fine; mais le Chansonnier (ms. Fr. 12 689, p. 377; Nouveau siècle de Louis XIV, tome IV, p. 235) est beaucoup moins flatteur :
Toujours le comte de Gramont D'un galant aura la figure, etc.
2. Leur père était Antoine II, comte de Gramont, fils de la belle Corisande, chevalier des ordres en 1619, vice-roi de Navarre et gouverneur de Bayonne, qui servit Louis XIII contre les huguenots et contre les Espagnols, fut créé duc et pair par brevet de la Régence en date du 31 décembre 1643, et mourut en août 1644.
3. Louise de Roquelaure, qui épousa Antoine II de Gramont par contrat du 1er septembre 1607 et fut peut-être mise à mort par lui en 1610 (Historiettes de Tallemant, tome III, p. 175 et 183; Cabinet historique, tome V, lre partie, p. 300), était fille d'Antoine de Roquelaure, sénéchal et gouverneur des pays de Rouergue et de Foix, grand maitre de la garde-robe en 1589, chevalier des ordres en 1595, lieutenant général de la haute Auvergne, sénéchal et gouverneur de Guyenne, maire perpétuel de Bordeaux et maréchal de France en 1615, qui mourut le 9 juin 1625, à quatre-vingt-deux ans. Tallemant des Il eaux a fait son historiette, ainsi que celle de son fils. Son portrait de l'Ordre est au musée de Versailles, n° 4179.
4. Claude de Montinorency-Bouteville, née à Senlis, fille du bailligouverneur de cette ville, devint la seconde femme d'Antoine II par contrat du 29 mars 1618; mais, comme il fut reconnu par la suite, quand il était né déjà des enfants, qu'il y avait parenté entre eux au quatrième degré, on obtint du Pape une bulle pour faire publier de nouveau les bans à Notre-Dame de Senlis, en décembre 1621, et pour renouveler le mariage avec dispense. De cette union vinrent le comte de Toulongeon mort en 1679, le comle Philibert, les marquises de Saint-
de Luxembourg1. 11 s'étoit attaché à Monsieur le Prince qu'il suivit en Flandres, s'alla promener après en Angleterre, et y épousa Mlle Hamilton, dont il étoit "amoureux avec quelque éclat, et que ses frères, qui en furent scandalisés2, forcèrent d'en faire sa femme malgré qu'il en eût3. C'étoit un homme de beaucoup d'esprit*, mais de ces | esprits de plaisanterie, de reparties, de finesse et de jus- ; tesse à trouver le mauvais, le ridicule, le foible5 de chacun, de le peindre en deux coups de langue irréparables et ineffaçables, d'une hardiesse à le faire en public en présence, et plutôt devant le Roi qu'ailleurs6, sans que mérite, ^ran- ''■ deur, faveur et places en7 pussent garantir hommes ni femmes quelconques. A ce métier, il amusoit et il instruisoit le Roi de mille choses cruelles, avec lequel il s'étoit acquis la liberté de tout dire, jusque de ses ministres8. C'étoit un chien enragé à qui rien n'échappoit. Sa poltronnerie connue le mettoit au-dessous de toute suite de ses morsures. Avec cela, escroc avec impudence, et fripon au jeu à visage découvert, et joua gros toute sa vie ; d'ailleurs prenant à toutes mains, et toujours gueux, sans que les bienfaits du Roi, dont il tira toujours beaucoup d'argent, aient pu le mettre tant soit peu à son aise. 11 en avoit eu pour rien le gouvernement de la Rochelle9 et pays d'Aunis à la mort de M. de Navailles10, et l'avoit vendu depuis fort
Chaumont, de Feuquière, de Lons, et l'abbesse du Ronceray, qui ne mourut qu'en 1714.
d. Tome II, p. 33-35.