‹ Memoires de Saint-Simon (volume 5)Chapitre 3 sur 610 · Et demeurer semble surcharger et se retirer · texte numérisé non relu

Et demeurer semble surcharger et se retirer

2. Lors de la tentative du mois de septembre précédent, le Roi avait chargé la Feuillade de proposer des passeports avant de commencer le feu, la duchesse de Savoie étant grosse d'un fils qui naquit en décembre; mais son mari avait refusé (Dangeau, tome X, p. 420). En juin 4706, même refus; les princesses sortirent le 46, la tranchée étant ouverte depuis le 2 et le 3, les mortiers ayant déjà tiré (Dangeau, p. 432; Sourches, p. 405; Mémoires militaires, tome VI, p. 474; Journal historique, p. 48-49 et 24-25).

3. Dangeau, p. 439, 440, 444 et 446. Le Journal de Verdun de 4706, 2e partie, p. 93-98, publia le discours prononcé par le duc en quittant sa capitale le 47 juin, et une lettre adressée par lui aux Hollandais.

4. Ulrich-Philippe-Laurent de Thaun (on écrit aujourd'hui : Dhaun), né le 49 octobre 4669, major général dans l'armée impériale, s'était jeté dans Turin lors de la tentative de 4705. Resté seul en 4706, il reçut de l'Empereur un titre de général de l'artillerie, fut fait comte après le siège, alla prendre Naples en 4707 et eut de l'Archiduc la viceroyauté de cet État, à laquelle fut jointe la grandesse, avec la principauté de Teano, en septembre 4709; mais il fut remplacé par le cardinal Grimani pendant le temps qu'il alla prendre part à la guerre de Piémont, de Dauphiné et de Savoie, eut le commandement de Vienne en février 4740, la Toison d'or le 29 décembre 4744, fut rappelé à la viceroyauté de Naples le 46 mars 4743, et la conserva jusqu'en juillet 4719. L'Empereur le fit aussi colonel des gardes à pied, conseiller intime et gouverneur de Bruxelles par intérim, puis gouverneur du Milanais.

5. Dans l'Addition placée ici, notre auteur raconte que, ce général n'ayant pas empêché, en 4733, que les villes du Milanais se rendissent sans résistance au roi de Sardaigne et à Villars, on l'accusa de « voleries étranges, » et que l'Empereur le relégua dans ses terres. Cependant il sut

cour, ses équipages, et ses trois mille chevaux, et ny en laissa que cinq cents et vingt hussards1. Il se mit à courir le pays dans l'opinion que la Feuillade le suivroit, et se distrairoit du siège pour tâcher de le prendre. C'est en effet ce qui arriva2. Il laissa le commandement du siège à son ami Ghamarande3, qui fut sa dupe toute sa vie, et se mit aux champs; il alla s'amuser devant Quiérasque4, et envoya d'Estaing5 prendre Asti6, qui, depuis la méprise de son secrétaire7, étoit demeuré aux ennemis, et où lui-même avoit échoué comme on l'a vu ci-devant8. Avec ces déta- Folles courses

se disculper, eut de nouveau, en mars 1734, le gouvernement de Vienne et le commandement de la garnison, et mourut dans ce poste le 30 juillet 1741.

1. Voyez ci-après, appendice I, une lettre de la reine d'Espagne.

2. Dangeau, p. 133, d'après les lettres du 14 juin. Comparez les Mémoires de Sourches, p. 107, 111 et 114-115, le Journal de Verdun, p. 98-103, et Y Histoire militaire de Quincy, tome V, p. 110-113 et 118-119. M. de Savoie écrivait lui-même à Thaun qu'il « comptait voltiger toujours pour se tenir dans ses États et à portée des montagnes. »

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