‹ Memoires de Saint-Simon (volume 5)Chapitre 300 sur 610 · Notre tome XII, p · texte numérisé non relu

Notre tome XII, p

6. Jcanne-Charlotte-Rose de Mailly avait pris le voile à Poissy le 22 mars 1681, et avait fait profession le 14 mai 1682.

sur Poissy cardinal de MailJy, eut en ce même temps1 le beau et riche prieuré ou abbaye de Poissy*, au bout de la forêt

abbesses. de Saint-Germaiû, dont elle était professe. Cette nomination :i avoit été longtemps contestée : les religieuses se prétendoient avoir droit d'élection, et, pour en dire le \i;ii, elles en avoient conservé4 la possession depuis le Concordat3. Le voisinage de la cour, qui demeuroit à Saint-Germain, la6 tenta de disposer d'une si belle place. En dernier lieu, le Roi y avoit nommé une sœur du duc

1. Le 19 mars : Dangeau, p. 321; Sourclies, p. 275-276; Gazette, p. 168; Écrits inédits de Saint-Simon, tome VI, p. 44. Dès 1706, le Roi avait fait demander les portraits des religieuses pour choisir une prieure dans le cas où Mme de Chaulnes, qui était fort âgée, viendrait à manquer subitement : Arch. nat., 01 367, fol. 56 v°.

2. Cette abbaye, ou plutôt ce prieuré avait été fondé en juillet 1304 par Philippe le Bel, sous le vocable de saint Louis, dont la canonisation était toute récente, et sur l'emplacement du château royal où était né ce roi. Il y établit des religieuses de l'ordre de Saint-Dominique, et commença la construction d'une église, qui ne fut dédiée que le 12 février 1330 et devint un des plus beaux et grands monuments de France, surtout à l'intérieur. En 1707, le revenu temporel était de trente-quatre mille livres, pour soixante-seize religieuses. L'église et le couvent ont été démolis en 1802; il n'en reste que l'enceinte et quelques débris. Outre l'excellente notice de Piganiol de la Force, on peut consulter Y Histoire de la ville de Poissy, par M. Octave Noël (1869), deux mémoires de 1704 et 1709, dans le volume France 1129 du Dépôt des affaires étrangères, fol. 302-304, et un autre dans le Mercure de septembre 1707, p. 215-221.

3. La nomination de la prieure par le Roi, et non pas, en particulier, celle de Mme de Mailly.

4. Elle est au singulier, et en et conservé sont en interligne.

5. Concordat conclu entre François Ier et Léon X, le 16 août 1516, pendant la tenue du cinquième concile de Latran, pour remplacer la Pragmatique sanction de Charles VII. L'original de ce traité est exposé au musée des Archives nationales, n° 156 des Documents étrangers, et Ton en trouve le texte dans les collections de conciles. Le titre sixième accordoit au Roi, sous certaines conditions, et avec l'agrément du souverain pontife, la nomination aux abbayes et prieurés vacants; mais le suivant réservait le droit d'élection aux maisons qui en jouissaient en vertu de privilèges reconnus et authentiques.

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