Le v de vouloit surcharge fa[isoit], effacé du doigt
7. Ou sa cuisine (Addition n° 731, ci-après, p. 481). C'est ce que disent aussi les Mémoires de Coulanges, p. 222, et les Annales de la
Il voyoit bonne compagnie, dont il étoit recherché; il en voyoit aussi de mauvaise et d'obscure, avec laquelle il se plaisoit, et il étoit en tout extrêmement singulier. C'étoit un grand homme sec, mais bien fait1, et dont la physionomie disoit tout ce qu'il étoit2. Son oncle3 le laissa fort riche et grandement apparenté; il ne tint qu'à lui de faire une grande fortune à l'ombre de la mémoire du cardinal Mazarin, à laquelle très longtemps le Roi accorda tout4. M. de Nevers fut capitaine des mousquetaires5, dont le Roi s'amusoit fort; il eut le régiment d'infanterie du Roi6, auquel ce prince s'affectionna toute sa vie et se l'appropria comme un simple colonel, pour en faire immédiatement7 tout le détail par lui-même8. Tout cela, au lieu de conduire M. de Nevers, l'importuna. Il suivit le Roi quelques campagnes9 : les troupes et la guerre n'étoient pas son fait, ni
cour, tome I, p. 69-71. Gustave Desnoiresterres (Cours galantes, tome II, p. 164) a mentionné ce goût prononcé pour l'art culinaire; Loret (Muse historique, tome I, p. 47) raconte que le commandeur de Leuville faisait aussi son marché lui-même, par avarice, et Tallemant (tome VI, p. 449) en dit autant du marquis de Rouillac l'ambassadeur.
1. L'air bas, plat, crasseux et négligé, quoique beau et bien fait, dit le Chansonnier (ms. Fr. 12 619, p. 378).
2. Dans le mémoire de la généralité de Moulins dressé en 1698 pour l'instruction du duc de Bourgogne, l'intendant dit que M. de Nevers, qui ne réside que rarement dans ce gouvernement et laisse tout aux soins de son lieutenant général, a le tort de « ne se communiquer presque à personne, » quoique ayant « bien de l'esprit, et même des belles-lettres. »
3. Les premières lettres d'oncle semblent surcharger nev[eu\.
4. Il était de plus (notre tome XII, p. 110, note) fort bon joueur de paume, autre titre de faveur auprès du Roi en ce temps-là.
5. En janvier 1657 : Loret, Muse historique, tome II, p. 292; Arch. oat., 0* 11, fol. 108 v°.
6. Le régiment d'infanterie du Roi ne fut créé qu'en 1663, et Dangeau en fut le premier colonel-lieutenant ; le duc de Nevers n'eut donc point ce régiment, mais bien celui de la Marine, commandé avant lui par Paul Mancini (ci-dessus, p. 387, note 8), et il le garda jusqu'en 1667.