Ant., en abrégé
6. Le siège de Reims ne fut occupé par Antoine Barberini (tome V, p. 281) qu'à partir de 1657. Lors du sacre, il appartenait à Henri de Savoie-Nemours, qui, étant laïque, dut se faire suppléer par Monsieur de Soissons (Gazette de 1654, p. 527; Oroux, Histoire ecclésiastique de la chapelle du Roi, tome II, p. 473-474). Saint-Simon, dans ses Projets de rétablissement du royaume de France (Écrits inédits, tome IV, p. 218-219), demandait que cette suppléance fût confiée, le cas échéant, à un prélat pair, celui de Paris ou celui de Laon. — Sur le sacre du 7 juin 1654, voyez la relation, avec procès-verbal de Monsieur de Soissons, imprimée en 1717, la Gazette de 1654, p. 573-575, 577-580 et 598-600, la relation de Sainctot (Arch. nat., KK 1446, fol. 186-225), les pièces venant de l'abbaye de Saint-Denis (ibidem, K 118, n° 74), les Mémoires de Monglat, p. 297-298, YHistoire de France pendant le ministère de Mazarin, par Chéruel, tome II, p. 148-158, etc. Un tableau de cette cérémonie, peint d'après le modèle de tapisserie fait par Ch. le Brun, a été placé au musée de Versailles, n° 2058.
vingt ans1. Il se défit du gouvernement de la Rochelle et du pays d'Aunis2, et il épousa en 1670 la plus belle personne de la cour, fille aînée de Mme de Thiange sœur de \Ad(i.S'-S.73ê) Mme de Montespan3. Il eut en 1678 un brevet de duc4, qu'il ne tint qu'à lui, dix ans durant, de faire enregistrer. 11 le négligea ; il y voulut revenir quand il n'en fut plus temps, et ne put l'obtenir5. 11 fut souvent jaloux fort inutilement6, mais jamais brouillé avec sa femme7, qui étoit fort de la cour et du grand monde8; il ne l'appeloit jamais que
1. Un brevet de promesse de l'Ordre, avec dispense de l'âge de trentecinq ans, lui fut délivré le 7 août 1661 (Bibl. nat., ms. Fr. 3968, p. 311). Dangeau dit, en 1707 (tome XI, p. 363): « Il ne restoit plus que Monsieur le Prince et lui des chevaliers de l'Ordre de la promotion de 1661, et il l'avoit été avant l'âge prescrit pour les gentilshommes, parce qu'il avoit porté la queue au sacre du Roi. » Le relevé de ces dispenses a été donné dans l'Addition n° 6, tome I, p. 341-346. Les preuves de noblesse de M. de Nevers sont au Cabinet des titres, vol. 422 des dossiers bleus, fol. 46.
2. Il eut le gouvernement et la lieutenance générale de Nivernais le 30 juillet 1661 (Arch. nat., X** 8685, fol. 427).
3. Diane-Gabriellc Damas de Thiange : tome X, p. 147. Il avait été question, en 1659, de marier M. de Nevers, à qui le cardinal donnait deux cent mille écus comptant et un de ses duchés, avec la fille du duc de Retz ou avec celle du duc de Longueville (Gazette de Bruxelles, p. 8 et 188), et un autre projet avait été fait en mars 1670, pendant un séjour du duc à Rome (Depping, Correspondance administrative, tome IV, p. 90). Ce fut le 14 décembre suivant qu'il épousa Mlle de Thiange.