‹ Memoires de Saint-Simon (volume 5)Chapitre 391 sur 610 · Ci-dessus, p. 392, note 2, et ci-après, p · texte numérisé non relu

Ci-dessus, p. 392, note 2, et ci-après, p

6. Nous avons déjà vu (tome VII, p. 109-110, et ci-dessus, p. 184) comment le duché de Nevers avait été possédé, avant Mazarin, par les la Marck-Clèves et les Gonzague-Mantoue. Saint-Simon en a fait l'historique dans ses Duchés et comtés-pairies éteints (Écrits inédits, tome V , p. 5-11 et 179-207). Ce duché ne comprenait pas moins de quinze cents fiefs, avec de très grands droits, un beau château, une chancellerie, une chambre des comptes, etc. (Luynes, tome XII, p. 458-459).

7. Il avait été plusieurs fois exilé ou mis à la Bastille, à cause de sa mauvaise conduite et de ses maîtresses, sur la demande même de son père (Arch. nat., 01 40, fol. 318, et 0*41, fol. 26; Dangeau, tomes V, p. 161, et VI, p. 17; Sourches, tomes IV, p. 318, et V, p. 216; Archives de la Bastille, tome X, p. 148-149; Annales de la cour pour 1697, tome I, p. 68-69, 73 et 82).

8. On verra plus loin que ce fut M. de Médavy qui l'obtint sans l'avoir demandé.

9. Donzy, petite ville au N. de Nevers et baronnie-pairie depuis 1347, incorporée au duché de Nivernais en 1552, ainsi que les pays qui en dépendaient, suivit les destinées* de ce duché racontées dans YHistoire généalogique, d'abord au tome III, puis au tome V. Notre auteur a

le Roi le trouva si mauvais, qu'il lui fit défendre de continuer à se faire appeler duc et d'en prendre le titre ni aucune marque1 : son père n'avoit qu'un brevet, c'est-adire des lettres non enregistrées, qui ne pouvoient passer à son fils5.

Avant que de rentrer dans des récits plus importants, Parvulo je me souviens que je n'ai point encore parlé de ce qu'on J^^c^i appeloit à la cour les parvulo de Meudon, et il est nécessaire d'expliquer cette manière de chiffre pour l'intelligence de plusieurs choses3 que j'aurai à raconter. On a vu p. 544 l'aventure de Mme la princesse de Conti, pourquoi et com-

tiré de cette dernière notice (p. 426-466) la filiation des Mancini ducs de Nevers et de Donzy par héritage du cardinal Mazarin, lequel, ayant acquis cet apanage du duc de Mantoue en 1659 (notre tome II, p. 38), en avait fait confirmer le titre ducal à son profit par des lettres patentes d'octobre 1660, qui sont le plus pompeux panégyrique de son gouvernement. Voyez ci-dessous, note 2.

1. Dangeau, p. 367; Sourches, p. 359. Les Annales de la cour parlaient de cette singulière situation de Donzy dès 1697 (tome I, p. 72). A propos du mariage d'Estrées, les Mémoires de Sourches le qualifiant de marquis Donzy, l'annotateur a ajouté (p. 359, note 7) : « On ne savoit quel titre lui donner, car il n'étoit pas duc par la faute de son père, et il ne vouloit pas prendre d'autre qualité. » Nous verrons dans le prochain volume comment il releva, en se mariant, le titre de prince de Vergagne.

2. Déjà dit ci-dessus, p. 392. — Le cardinal Mazarin n'ayant pu faire faire l'enregistrement dans les derniers mois de sa vie, son héritier obtint des lettres de confirmation en janvier 1676, neuf mois précisément avant la naissance de M. de Donzy, et, ayant lui-même négligé encore de requérir l'enregistrement pendant quinze ans, il se tit délivrer en 1692 des lettres de « relief de surannation, » mais n'en usa pas davantage : si bien que, quand M. de Donzy ou de Vergagne obtint enfin, en 1720, par la faveur du Régent, une troisième érection en duché-pairie, qui fut, celle-là, suivie d'enregistrement, il dut prétexter que l'expédition des lettres de 1676 avait été égarée dans les bureaux du Parlement ou chez le procureur général. Tous les textes sont publiés dans Y Histoire généalogique, tome V, p. 449 et suivantes.

3. Le mot choses a été ajouté en interligne. \. Pages 183-191 de notre tome II.

ment elle chassa Mlle Choin, qui elle étoit, et quels étoient ses amis, et l'attachement de Monseigneur pour elle1. Ce goût ne fit qu'augmenter par la difficulté de se voir. Mme de Lillebonne et ses filles en avoient presque seules le secret, nonobstant tout ce qu'elles dévoient à Mme la princesse de Conti. Elles fomentoient ce goût, qui les entretenoit dans une confidence dont elles se proposoient de tirer de grands partis dans les suites. Mlle2 Choin s'étoit retirée à Paris auprès du Petit Saint-Antoine3, chez la Croix, son parent, receveur général des finances4, où elle vivoit fort cachée. Elle5 étoit avertie des jours rares que Monseigneur venoit dîner seul à Meudon, sans y coucher, pour ses bâtiments ou pour ses plantages6; elle s'y rendoit la veille à la nuit7, dans un fiacre, passoit les cours8 à pied, mal vêtue, comme une femme fort du commun qui va voir quelque officier de Meudon, et, par les derrières, entroit dans un entresol de l'appartement de Monseigneur, où il alloit passer quelques heures avec elle. Dans la suite, elle y fut de même façon, mais avec une femme de chambre,

1. Aux références indiquées p. 189 du tome II, note, sur la disgrâce de Mlle de Choin, on peut ajouter une relation manuscrite conservée dans le ms. Arsenal 5770, fol. 231-244.

2. Mlle surcharge qu[i], effacé du doigt. — 3. Notre tome XI, p. 43.

4. Claude-François de la Croix (il signait, en un seul mot : Delacroix), originaire de Gascogne, était receveur général des finances à Moulins dès 1692. Il devint, après 1708, l'intermédiaire habituel entre le Contrôle général et ses confrères, et l'un des conseillers les plus écoutés de Desmaretz, comme nous le verrons en 1710; mais la Chambre de justice de 1716 le taxa à quatre cent mille livres en même temps que les frères Paris, ses amis intimes. Il mourut à Bercy, le 5 août 1729, âgé de soixante-seize ans environ et doyen des receveurs généraux. Ses papiers, d'abord déposés à la bibliothèque Mazarine, sont revenus ensuite aux Archives nationales, et ont été dispersés dans les cartons de la série M relatifs aux finances.

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