‹ Memoires de Saint-Simon (volume 5)Chapitre 418 sur 610 · Grd, en abrégé et au masculin, dans le manuscrit · texte numérisé non relu

Grd, en abrégé et au masculin, dans le manuscrit

5. Le 5 mai : Dangeau, p. 362; Sourches, p. 308. Chamillart devait passer deux jours dans sa retraite favorite. — M. de Berwïck se plaignit que son envoyé eût été devancé par les courriers de Madrid (Guerre, vol. 2049, n° 13). Cilly apportait un billet pour le Roi et une lettre pour Chamillart ; ces pièces sont à la Guerre, vol. 2048, n09 284 et 285, suivies de la relation de Cilly, d'un ordre de bataille imprimé en espagnol, et des lettres qui arrivèrent ensuite, signées : Chastillon, Vienne, etc.

Bourgogne1; il me la dit aussi à l'oreille, et aussitôt s'en alla, avec Cilly, la porter au Roi. Madame accourut aussitôt chez Mme de Maintenon, qui [fut] fort touchée d'apprendre que Monsieur son fils n'avoit pas joint l'armée2. Un musicien qui l'y crut accourut le dire à Mme la princesse de Conti, qui lui donna une belle montre d'or qu'elle portoit à son côté. Tout ce qui étoit à Marly assiégea la porte de Mme de Maintenon; le Roi, transporté de joie, y vint, et y conta tout ce que Cilly lui venoit d'apprendre3. Le lendemain4, le duc d'Albe vint à la promenade du Roi, à qui il en avoit fait demander la permission5, et qui le gracieusa

1. « Mme la duchesse de Bourgogne étoit à faire collation à l'Étang, où elle étoit quand M. de Cilly arriva; M. de Chamillart lui dit tout bas la nouvelle, et puis monta en carrosse avec M. de Cilly, pour l'amener ici au Roi » (Dangeau).

2. En effet, dans un piquant récit de l'arrivée inattendue de Chamillart chez Mme de Maintenon (recueil Geffroy, tome II, p. 123), celle-ci dit à Mme des Ursins : « Madame vint, à qui on s'étoit hâté d'aller dire que M. le duc d'Orléans avoit gagné une bataille. Je lui dis qu'il n'y étoit pas, dont elle est très fâchée, et j'entendis qu'elle disoit : « J'apprendrai bientôt que mon fils se sera pendu ! » Mme des Ursins répondit par une jolie lettre (recueil Bossange, tome IV, p. 1-2).

3. « Je n'ai jamais vu le Roi témoigner tant de joie que dans cette occasion-ci. Il étoit chez Mme de Maintenon quand il apprit la nouvelle, et vint à la porte de la chambre, où tous les courtisans attendoient. Il leur conta tout ce que Cilly avoit dit, et témoigna leur savoir bon gré de leur empressement. » (Dangeau, p. 362.) — « Le Roi mena Cilly sur-le-champ dans le cabinet de la marquise de Maintenon, où il demeura très longtemps à lui conter tout ce qui s'étoit passé à la bataille, pendant que tous les courtisans, et même les princes du sang (le duc de Bourbon et le prince de Conti), qui étoient dans l'antichambre, pétilloient d'apprendre quelques détails, car la nouvelle générale s'étoit déjà répandue partout. Enfin la marquise de Maintenon parut deux fois à la porte, et le Roi y vint ensuite avec le comte de Cilly, que les dames entourèrent encore longtemps, pour le questionner, au grand regret des hommes, qui attendoient toujours. » (Sourches, p. 308-309.)

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