Ci-dessus, p
sans que les ennemis osassent l'attaquer; il tenoit Mantoue
et quantité d'autres places1. Ne renvoyant point de troupes Deux partis
en Italie, il restoit deux partis à prendre, que Médavy pro- proposes
r ^ r »n ./ r par Medavy
posa tous deux, et, du succès de celui des deux qu on poUr
voudroit prendre, il répondit. Le premier, et celui que les troupes
• rcstéos
Médavy appuyoit le plus, étoit celui de se cantonner en avec lui en Lombardie, d'y abandonner à leurs propres forces les Italie;
i > ■, • i. • i i tous deux bons,
places qui ne s y pourroient couvrir, de conserver les tous
principales possibles, surtout Mantoue, de les bien munir deux rejetés.
toutes, et de se tenir sur la défensive en Lombardie, où la
subsistance ne pouvoit manquer, sans aucun autre secours,
et fatiguer les ennemis par les courses de nos garnisons et
par la nécessité des sièges, les amuser ainsi en attendant
les événements, et les empêcher de songer à venir nous
attaquer chez nous, délivrés de toute guerre en Italie2.
L'autre parti étoit de marcher avec sa petite armée, par
les pays vénitiens et ecclésiastiques, très neufs3 et très
abondants, droit au royaume de Naples, qui se maintenoit
encore, mais qui ne pouvoit que tomber bientôt, s'il n'étoit
secouru en lui-même, ou par la diversion d'Italie, si on
étoit en4 état et en volonté d'y en tenter quelqu'une.
C'étoit au moins conserver5 à l'Espagne Naples et Sicile,
et ne pas tout perdre à la fois en ne prenant aucun de ces
deux partis, dont chacun des deux étoit très praticable6.
Mais il étoit écrit que les ténèbres dont nous étions frappés
s'épaissiroient de plus en plus, et que le nombre et l'énor-
1. Dangeau, p. 213 et suivantes. Les lettres écrites par M. de Vaudémont après la victoire de Castiglione (Mémoires militaires, tome VI, p. 302 et suivantes) exposent quelles étaient alors ses espérances et celles de Médavy.
2. Voyez ses lettres du 7 novembre, ibidem, p. 350-352, et l'effet qu'elles produisirent à la cour : Dangeau, p. 264, 275, 290 et 305.