Celui de Moyria qui a été tué à Cassano, en
5. Fait prisonnier à Hochstedt en 1704, on l'avait cru mort de ses blessures (Dangeau, tome X, p. 117 et 119). Selon Mme de Maintenon (recueil Bossange, tome I, p. 36), il mourut du pourpre et de la petite vérole. C'était un grand jeune homme, bien fait, et Chamillart l'avait recommandé à M. de Saint-Frémond (Guerre, vol. 1960, n° 263, et vol. 1961, n°* 39 et 141). Il signait : de Loraink prince de Maubecq.
6. La plupart des faits et des considérations qui vont suivre ne sont pas pris au Journal de Dangeau, guide ordinaire de notre auteur. Lui-même, en terminant (p. 91), nous dira qu'il en eut connaissance par le duc d'Orléans, à son retour. On verra ci-après, dans l'appendice II, ce qui reste des papiers particuliers de ce prince et de son secrétaire Dubois, et ce qu'ils ajoutent aux documents du Dépôt de la guerre.
7. Voici comment Feuquière (Mémoires, tome I, p. 127) a jugé ce mentor du prince : « Élevé sans aucun mérite de guerre et par la cabale des dévots de la cour, Marcin n'a, heureusement pour le Roi,
de Marcin; aux convois et à toutes choses1, subordonné au prince de
empêche Vaudémont, qui ne bougeoitde Milan, rassembla tout ce qui
d'arrêter étoit séparé de son armée, envoya demander par deux fois
le prince Un corps de cavalerie à la Feuillade, qu'il eut grand peine
auUTaner ^ obtenir 2. Après avoir observé les ennemis quelques
chiffres*. jours, il résolut de se poster entre Alexandrie et Valence
[Add S-S. 698] p0ur jeur empêcher le passage du ïaner3, ou les réduire à
un combat4. Ce passage étoit le seul par lequel ils pussent
pénétrer : ne le point tenter, c'étoit abandonner le secours
de Turin ; le vouloir forcer, c'étoit s'exposer à un combat
si désavantageux, qu'ilyavoit une espèce d'évidence qu'ils
n'y pourroient jamais réussir. Le prince le proposa au
maréchal, et ne le put persuader. D'en donner la raison,
c'est à quoi il ne faut pas prétendre, puisque Marcin n'en
allégua pas même d'apparente5. Il étoit maîtrisé par la
pas duré longtemps. 11 avoit eu, par son incapacité, beaucoup de part à la bataille de Hochstedt après la prise du maréchal de Tallard ; il a infiniment contribué à la perte de l'Italie et à l'événement de Turin, où il a été tué. » Notre auteur a insisté, dans le Parallèle, p. 277-279, sur l'influence, effectivement néfaste, du maréchal. 4. Mémoires militaires, p. 254-256 et 647.
2. Dangeau, p. 167, 470 et 476. La Feuillade refusa de donner de l'infanterie : ci-dessus, p. 45, note 2.
3. Quoique Dangeau et certains documents parlent du Panaro, autre affluent de la rive droite du Pô, c'est bien le Tanaro que le prince Eugène, après avoir songé à le traverser à gué entre Alexandrie et Valence, remonta jusqu'à ses sources pour le passer à Isola, entre Alba et Asti, le 29 août (Mémoires militaires, p. 250, 257-258, 260, 263 et 269). M. de Vendôme avait indiqué la nécessité d'occuper Stradella pour s'opposer à cette manœuvre, et tous les officiers étaient du même avis; mais la Feuillade et le commandant espagnol résistèrent, et le duc d'Orléans y renonça de peur d'affaiblir l'armée du siège et de compromettre les communications. Le général Pelet (p. 290 et suivantes) a jugé cette faute plus sévèrement que ne le fait notre auteur.
4. Dangeau, p. 484, 487, etc.; Sourches, p. 443, 445, 449 et 454- 455; Mémoires militaires, p. 258.
5. Cependant, le jour même, 23 juillet, où le prince écrivit au Roi ses raisons de proposer ce parti, Marcin, de son côté, en remontra
* Chiffres a été ajouté après coup.
Feuillade, qui desiroit ardemment de se voir rapproché par l'armée. Marcin ne songeoit qu'à satisfaire le gendre du tout-puissant ministre et à lui plaire. Tous deux ne voy oient pas qu'empêcher le secours de Turin, c'étoit tout faire, même pour le succès personnel de ce gendre fatal1. Tandis que le prince et le maréchal en étoient sur cette dispute, un courrier du prince Eugène à l'Empereur fut enlevé par un de nos partis, et ses dépêches étoient en chiffre, comme on peut bien le juger. Le prince eut beau feuilleter les siens, il n'en trouva point de semblable. Marcin, venu de Flandres par l'Alsace et la Suisse, n'avoit garde d'en avoir. On envoya à Vaudémont, qui manda n'avoir point ce chiffre2. 11 fallut donc dépêcher3 un courrier au Roi4, qui se trouva l'avoir oublié au fond d'une cassette. Le courrier le rapporta; mais quand? le soir même de la bataille de Turin. Les dépêches, déchiffrées à Versailles et5 rapportées avec le chiffre du Roi, contenoient un grand raisonnement du prince Eugène à l'Empereur, précisément le même que celui que M. le duc d'Orléans avoit fait à Marcin6. 11 se terminoit à déclarer que, si ce prince se postoit où il l'avoit si opiniâtrement proposé à Marcin,
les dangers dans une longue lettre à Chamillart. Ces dépêches ont été reproduites par l'éditeur des Mémoires militaires, p. 218-224.
1. Les arguments qu'ils firent valoir tous deux sont analysés dans les mêmes Mémoires militaires, p. 226-229.
2. Le 23 février précédent, Chamillart avait fourni à M. de Vaudémont la clef du chiffre que le prince Eugène employait avec le comte del Borgo, son envoyé en Hollande. M. de Vaudémont s'étant plaint, quelques semaines après, de manquer d'un autre chiffre, Chamillart lui avait répondu, le 28 mars, que les clefs étaient toujours imparfaites et que, même à Paris, on n'avait pu déchiffrer une des lettres interceptées qu'il lui avait fait tenir (Guerre, vol. 4960, n° 316, et vol. 1961, n° 171).