‹ Memoires de Saint-Simon (volume 5)Chapitre 45 sur 610 · Dépêcher est en interligne, au-dessus d'envoyer, biffé · texte numérisé non relu

Dépêcher est en interligne, au-dessus d'envoyer, biffé

4. Les courriers mettaient cinq jours de Turin à Paris (Dangeau, p. 184).

5. Et est en interligne, au-dessus <X arrivèrent], inachevé et biffé.

6. Comparez la rédaction postérieure de notre auteur dans le Parallèle, p. 278 et 280.

Arrivée de M. le duc

d'Orléans

à Turin.

Mauvais état

du siège et des lignes.

Conduite pernicieuse

de la Feuillade.

il étoit extravagant, c'étoit le terme de la lettre, de tenter ce passage, impraticable de passer le Taner ailleurs ; qu'ainsi il se trouveroit réduit à se résoudre à tout sur la perte de Turin, qu'il ne pourroit empêcher après avoir fait tout le possible, et à la supporter sans y ajouter celle de l'armée impériale, inévitable, et, par cela même, inutile pour sauver Turin, en essayant follement de forcer un passage inattaquable1. Telle fut la justification, ou plutôt l'éloge de M. le duc d'Orléans par le prince Eugène à l'Empereur, dans une dépêche la plus secrète que le Roi et son ministre virent de la première main, puisque, faute de chiffre, elle leur avoit été envoyée pour la déchiffrer ; tel fut2 le désespoir que le Roi et son ministre durent ressentir d'avoir donné de si fatales brassières à un prince qui en avoit si peu besoin, et encore de si mauvaises3.

Marcin donc n'ayant pu être persuadé, ce fut au duc d'Orléans à céder, peu à peu à s'approcher de Turin, et à joindre l'armée du siège4. Il y arriva le 28 août au soir5. La Feuillade, désormais sous deux maîtres présents, sembloit devoir devenir plus docile; mais, devenu si rapidement général en chef, et d'une si importante armée, il ne songea qu'à se conserver l'effective autorité. Il n'avoit besoin que de Marcin, sans lequel il n'ignoroit pas que le prince ne pouvoit rien. Avec celui-ci, il n'eût6 pas trouvé son compte; sa fortune ne dépendoit pas de Chamillart, il

1. Comme on le verra ci-après, aux Additions et corrections, le fait de lettres interceptées dont il fallut demander le déchiffrement aux bureaux spéciaux se renouvela plus d'une fois; mais, de celles dont nous connaissons le texte, il ne semble pas qu'aucune eût pu changer la face des choses à un pareil point, et encore moins que le prince de Vaudémont se soit refusé au déchiffrement.

2. Fut est en interligne, et, à la ligne suivante, re a été ajouté en interligne devant sentir.

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