Loisir surcharge temps, biffé
2. Dès le principe, Louis XIV avait demandé que les négociateurs stipulassent des compensations pour ce que le duc de Mantoue serait obligé de céder, et le quarantième article du texte français portait (Mémoires militaires, p. 762; comparez p. 378) : « On rendra à M. le duc de Mantoue la partie du Montferrat qui lui appartient, ou, pour l'équivalent, Crémone et le Crémonois, avec la même neutralité que lui resteront Mantoue et ses États, dans lesquels sont compris le Guastallois et le Bozzolois, et il lui sera libre de mettre telle garnison neutre qu'il lui plaira dans Mantoue et Crémone, quand les troupes des deux couronnes en sortiront. » Mais les plénipotentiaires impériaux répondirent : « Refusé en tous points; on promet cependant la conservation des privilèges aux habitants de Mantoue et juifs y demeurant. » Sachant que telles étaient les intentions des ennemis, Louis XIV, jusqu'au dernier moment, ordonna qu'on fit néanmoins l'impossible auprès du prince Eugène, et que, tout au moins, on obtint une pension pour Mme de Mantoue, à qui il offrait une retraite dans quelque couvent de Lyon ou de Grenoble jusqu'à la paix générale. Le prince Eugène finit par donner une allocation annuelle de vingt mille écus, comme nous le verrons dans le prochain volume. Mantoue fut occupé par les Impériaux en avril 1707 (Dangeau, p. 338; Gazette d'Amsterdam, Extr. xxx).
3. Voyant qu'on ne rentrait pas en Italie, le duc s'était décidé à la retraite après avoir longtemps parlé sur un autre ton; il y mit toutes sortes de mystères et n'indiqua pas quel pays il choisirait. « S'il s'en veut aller, disait M. de Vaudémont, nous ne le retiendrons pas, et il mettra tout le tort de son côté. » Quant à le dédommager, Louis \ I V ne pouvait y songer après n'avoir rien fait pour l'électeur de Ba-
et envoya sa femme1, dont il n'eut point d'enfants, en ment
Suisse, pour ne se revoir jamais2. Le dessein étoit qu'elle allât en Lorraine : rien n'étoitplus naturel; mais M. de Lorraine étoit trop à l'Empereur pour oser recevoir chez lui, sans la permission de ce prince, l'épouse d'un allié de la France, dépouillé à ce titre et pour avoir si longtemps mis l'Empereur dans le plus grand embarras par avoir reçu les François dans Mantoue3. Louis XIII avoit conservé, et deux Contraste fois rétabli à main armée dans les États de Mantoue et de etranse de la* Montferrat le père et le grand-père de ce duc de Mantoue4, des alliés et, la première des deux, en personne, où sa capacité mili- de Iouis XÎIÎ
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taire, et sa valeur personnelle, qui le couvrit de gloire, Louis XIY jointe à la fidélité de sa protection dans des temps si difficiles, lui mérita toute celle3 des héros au célèbre Pas-de- Suse, vis-à-vis du fameux Charles-Emmanuel et de l'armée autrichienne6, comme je l'ai plus amplement remarqué p. 167. Ce ne fut donc pas une satisfaction légère, pour
vière, et il n'entendait pas que le prince dépossédé vint s'établir dans ses domaines de Charleville. Le 1er janvier, M. de Mantoue se retira à Vérone, et, de là, il passa à Venise, où il possédait un palais sur le ^rand canal (Gazette de 1705, p. 200). Quelques lettres écrites au Roi, sur cette éviction, par Languet de Gergy, qui représentait la France auprès du duc, sont conservées aux Archives nationales, K 122, n0,32- 38; le reste est aux Affaires étrangères, vol. Mantoue 43.