‹ Memoires de Saint-Simon (volume 5)Chapitre 457 sur 610 · Du duc de Beauvillier · texte numérisé non relu

Du duc de Beauvillier

du sien avec toute la tendresse et la générosité possible. Laine avoit choisi l'état ecclésiastique, et ne le voulut point quitter, auquel il répondit bien douloureusement dans la suite. Le cadet, dont il est question ici, devint duc de Saint-Aignan et grand seigneur, répara les malheurs de sa famille, fut la consolation du duc et de la duchesse de Deauvillier. 11 se montra depuis capable dans les ambassades d'Espagne et de Rome, et dans le conseil de régence, au retour de la pic mière.

14 décembre 1706. — .... M. de Deauvillier1, qui avoit vu l'étrange mariage de son père avec grande douleur, mais qui en avoit usé au delà de bien avec sa belle-mère et les enfants qu'elle avoit eus, n'eut qu'eux pour ressource après la mort de ses fils. L'aîné de ses frères persévéra dans l'état ecclésiastique, dont il sera question en son lieu2, et le cadet tint lieu de fils à Mme de Deauvillier : en quoi Mme de Deauvillier se livra avec une tendresse et un courage héroïque. Besmaus étoit un gentilhomme gascon qui avoit été capitaine des gardes du cardinal Mazarin, qui s'étoit extrêmement enrichi dans le gouvernement de la Bastille et qui avoit conservé de la considération du Roi. Il se prétendit Monlezun, et maria, avant d'être riche, sa tille à Saumery, que M. de Beauvillier fit sous-gouverneur des princes, et dont la mère étoit sœur de M. Colbert. Le fils de Desmaus mourut jeune, et ne laissa, d'une fille du vieux Villacerf, qu'une fille unique, très riche, qui épousa le duc de Saint-Aignan, et dont Mme de Beauvillier prit le même soin et traita de même que si elle eût été sa belle-fille. M. de Saint-Aignan devint un homme et servit fort bien dans les suites à Madrid, puis à Rome, où il fut ambassadeur.

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