‹ Memoires de Saint-Simon (volume 5)Chapitre 48 sur 610 · Déjà dit, mais plus longuement, p · texte numérisé non relu

Déjà dit, mais plus longuement, p

3. C'est ce qu'expose en résumé l'auteur des Mémoires militaires, p. 264. Il donne plus loin, p. 264-265, le rapport adressé par le duc d'Orléans au Roi. Le prince avait une réelle connaissance du pays et des cartes, dit le Mercure d'août, p. 445-448.

4. Il écrit Doiiere, et Douere. C'est, non pas la Doria baltea, mais la Doria riparia, ou Doire susine, qui, après avoir arrosé Suse et Rivoli et fait un cours de cent vingt kilomètres, vient se jeter dans le Pô un peu en aval de Turin, dans la direction du nord-ouest. C'est entre cette Doire et la Sture que l'armée de secours allait passer.

5. Aux lettres écrites simultanément par le prince et par M. de Marcin le 30 et le 34 août, le Roi répondit enfin, le 6 septembre qu'il fallait

Il trouva la même opposition1 pour la Doire qu'il avoit éprouvé pour le Taner : Marcin prétendit qu'en s'éloignant du siège, on pourroit jeter de la poudre dans la place, qui en manquoit, dont on ne pouvoit douter parce qu'on avoit trouvé plusieurs peaux de bouc qui en étoient pleines nageant sur le Pô, qu'on y avoit prises, et qui y avoient été jetées dans l'espérance que le courant de l'eau les porteroit aux assiégés. Le fait étoit vrai2, mais la réponse aisée : ce que craignoit Marcin étoit incertain, et il ne l'étoit pas que ces poudres jetées dans la place n'en différeroient que peu la prise, et ne la pourroient empêcher, si le prince Eugène l'étoit de la secourir. Cette évidence de raison fut inutile; jamais Marcin ne se laissa entamer3. Les ennemis s'approchant toujours, le prince pressa le maréchal de sortir des lignes telles que je les ai décrites, et qui ne se pouvoient garder, de présenter la bataille au prince Eugène avec tous les avantages qui se trouveroient perdus dans des lignes nouvellement tracées, point achevées, et d'une étendue qui ne se pouvoit garder. Le prince Eugène marchoit depuis longtemps par des pays si ruinés que son armée n'en pouvoit plus4, qu'il étoit

lever le siège ; sa lettre n'arriva que bien après la bataille : ci-après, p. 52, note.

1 . Opposion, dans le manuscrit. Ensuite, éprouvé est bien sans accord.

2. En outre, un parti de cinq cents chevaux porteurs d'outrés de poudre préparées à cet effet avait été défait vers le milieu d'août {Sourches, p. 158 et 165; Dangeau, p. 187; Gazette, p. 429 et 441; Mémoires militaires, p. 262; Journal historique du siège, p. 93-94; mémoire publié par M. Vernier, p. 421-428).

3. Un mois plus tard, la princesse des Ursins écrivait à Mme de Maintenon (recueil Bossange, tome III, p. 355-356) : « Qui auroit jamais cru que le maréchal, aussi vif et aussi brave qu'il l'étoit, eût pris un parti de trop de prudence, contre l'avis, à ce qu'on dit, de S. A. R.? En vérité, les hommes sont trop incompréhensibles, et je ne m'étonne pas s'il est si difficile de faire de bons choix.... »

4. Nous avons dans la Gazette d'Amsterdam, Extr. lxxv, un journal de cette marche jusqu'au passage du Tanaro, le 28, et enfin jusqu'à l'arrivée en vue du siège. L'historien Ranke dit que l'Empereur avait ordonné de risquer jusqu'au dernier homme pour la délivrance de

impossible qu'il pût subsister vis-à-vis de la nôtre sans laisser périr la sienne de misère, qu'il ne hasarderoit peutêtre pas de l'exposer en rase campagne à l'impétuosité françoise, et, en ce cas, qu'il abandonneroit le secours de Turin, qui tomberoit après nécessairement. Que s'il donnoit la bataille, rien n'étoit plus différent pour des François que la donner aussi de leur côté, d'attaquer et de se manier en terrain libre, ou de ne faire que se défendre derrière de mauvaises lignes, qui seroient percées de tous les côtés. De plus, si les troupes harassées du prince Eugène étoient battues, elles se trouveroient sans retraite entre notre armée et la Savoie, dont nous étions maîtres, ayant été obligées1 à faire ce grand tour parce que tout l'autre côté étoit inaccessible2. Marcin, gourmande par la Feuillade, répondit que toutes ces raisons étoient véritables, mais que le 3 parti proposé par le prince ne se pouvoit prendre qu'en fortifiant l'armée des quarante-six bataillons qu'Albergotti avoit sur la hauteur des Capucins4, par où la place pourroit alors recevoir quelque secours. Cela étoit vrai, et vrai encore que rien de plus inutile qu'une armée sur cette hauteur, à rien faire qu'à la garder de petites tentatives, à quoi peu de bataillons auroient suffi, et qui cependant avoient porté un grand affaiblissement au reste des

Turin. La jonction avec les troupes du duc de Savoie à Asti, 4" septembre, porta l'armée de secours à trente-six mille hommes, contre trente-quatre mille hommes de pied et treize mille chevaux du côté des assiégeants selon la Gazette d'Amsterdam, Extr. lxxiv et n° lxxvii ; mais ces derniers chiffres étaient exagérés.

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