‹ Memoires de Saint-Simon (volume 5)Chapitre 488 sur 610 · Ci-dessus, p. 5, note · texte numérisé non relu

Ci-dessus, p. 5, note

2. L'original de cette lettre appartient à M. le duc de la Trémoïlle. Comparez notre tome XIII, p. 406.

ai.

« H n'y a pourtant jour que la princesse des Ursins et moi ne disions mal de vous; il ne s'en faut guère, quand nous pensons que vous nous avez fait venir à Burgos, que nous n'aimions cent mille fois mieux le duc de Gramont, et, si vous nous fâchez davantage, l'abbé d'Estrées, que vous. Ni l'un ni l'autre n'auroit jamais eu la dureté de nous reléguer dans un lieu où l'on ne va point dans les rues sans crainte que les maisons tombent sur la tète, où les cousins vous piquent tout le long du jour, où les rats mangent dans les chambres tout ce qu'ils trouvent, et où les punaises et les puces vous sucent le sang toute la nuit. Dites-moi, je vous prie, si nous avons mérité d'être martyrisées de la sorte, et si nous n'avons pas été bien folles de suivre les conseils d'un ambassadeur capable d'en donner de si mauvais. Cependant il n'y a mal à quoi on s'accoutume à ce monde, et, puisque nous avons tant fait que d'être ici, vous ne nous en tirerez plus, quoi que vous puissiez dire, jusqu'à [ce] que tout soit bien tranquille dans Madrid et que vous n'ayez bien chassé l'Archiduc d'Espagne, car il est encore plus incommode d'y voyager que d'essuyer toutes les incommodités que j'ai bien voulu ne vous pas laisser ignorer.

« Marie Louise. »

Il y a quelque trente ans, en étudiant les belles archives patrimoniales de MM. de Chabrillan-, je rencontrai deux cartons qui contenaient la correspondance du duc d'Orléans relative au siège de Turin, c'est-à-dire les lettres reçues par lui pendant la durée de la campagne de 1706, les minutes de ses lettres et de ses ordres, les unes autographes, les autres préparées par l'abbé Dubois3, et les papiers personnels de ce dernier en tant que secrétaire du prince. Comme le reste de l'équipage de M. le duc d'Orléans, tout cela avait échappé au désastre du 7 septembre, et je me trouvais en face d'une masse de lettres originales, de brouillons informes, sans dates, sans indications de destinataires ni même d'origine, de notes jetées sur des lambeaux de papier et qui conservent encore, parmi les ratures et les corrections multiples du secrétaire, les gouttes de cire tombées du flambeau qui éclairait la tente de son élève et maître.

Rentrés en France, ou Dubois ou le prince, ou quelque autre plus tard, entreprirent de remettre de l'ordre dans ces dossiers qui pouvaient, au besoin, servir de justification. Les lettres et une partie des minutes, sans être soumises à un classement méthodique et critique, furent réunies en dossiers numérotés et étiquetés, et l'on y trouve des indications comme celle-ci : « Liasse de lettres et papiers qui n'ont point d'application au travail dont il s'agit; et quelques autres qui, bien que concernant le sujet, ne sont plus nécessaires, y en ayant d'autres copies. » — Sur un autre paquet : « Cahier contenant les extraits de vingt et une lettres mises par ordre de dates et comprises dans cette liasse, lesquelles lettres font partie d'un plus grand nombre qui composent plusieurs liasses, avec différentes autres pièces concernant la campagne d'Italie, etc. — N. B. On avoit d'abord commencé le travail par cette méthode ; mais on a cru devoir la changer pour les autres liasses, dans lesquelles, sans garder l'ordre des choses dans l'arrangement, on a joint à chaque pièce son extrait,

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