‹ Memoires de Saint-Simon (volume 5)Chapitre 51 sur 610 · Après a été ajouté en interligne · texte numérisé non relu

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3. L'armée de secours avait passé le Pô le 4 septembre. Le 5, la cavalerie commandée par le transfuge Langalerie et par Visconti prit d'abord un gros convoi français, puis le château de Pianezza, pour passer la rivière le 6 et camper devant cette position, la droite à la Doire, la gauche à la Sture, devant la Vénerie. La scène qui va être racontée est donc du 6, et non du 7 avant la bataille. Aucune nouvelle n'étant arrivée à Versailles postérieurement à l'affaire du 1er, notre auteur n'est plus guidé par son Journal de Dangeau, où l'affaire du convoi et de la mort de Bonnelles, qui le conduisait (ci-après, p. 77),

Malgré son dépit et sa résolution, le prince se lève, s'habille à la hâte, va lui-même chez Marcin, qui dormoit tranquillement dans son lit, l'éveille, lui montre le billet qu'il venoit de recevoir, lui propose de marcher aux ennemis à l'heure même, de les attaquer, de profiter de leur surprise et d'un ruisseau difficile qu'ils avoient à passer, s'il les trouvoit déjà maîtres du château de Pianezze et en marche pour venir sur lui. La supputation du temps et du chemin n'étoit pas douteuse1. Saint-Nectaire, longtemps depuis chevalier de l'Ordre, et fort entendu à la guerre2, arriva en ce moment de dehors chez Marcin ; il confirma l'avis du partisan et appuya 3 l'avis du prince ; mais il étoit résolu dans les décrets éternels que la France seroit frappée au cœur ce jour même. Le maréchal fut inébranlable. Tout ce qui alloit à sortir des lignes étoit proscrit par la raison secrète que j'en ai expliquée : il maintint que l'avis étoit faux, que le prince Eugène ne pouvoit arriver si promptement sur eux, et conseilla à M. le duc d'Orléans de s'aller reposer, sans avoir jamais voulu donner aucun ordre4. Le prince, plus piqué et plus dégoûté que jamais, se retira chez lui, bien résolu de tout abandonner aux aveugles et aux sourds qui ne vouloient rien voir ni entendre. Peu après qu'il fut rentré dans sa chambre, les avis vinrent de toutes parts de l'approche du prince Eugène; il ne s'en

n'est enregistrée que bien plus tard (p. 205), comme dans les Mémoires de Sourches (p. 171, 175 et 177).

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