Autographe
vous n'en aurez que le mal de vos blessures, et qu'elles ne sont point dangereuses. Dieu le veuille, car j'aimerois cent fois mieux mourir moi-même que d'avoir à craindre pour votre vie, mon cher enfant! Ce qui vous [doit] consoler de n'avoir point pu secourir Turin est qu'on sait que ce n'est pas votre faute, que le Roi et toute la terre vous rend justice et chante vos louanges partout ; mais je suis bien affligée de savoir que vous allez souffrir, car on dit que votre blessure du bras est douloureuse, et je vous aime trop tendrement, mon cher enfant, pour ne pas souffrir dès que je sais que vous souffrez. Adieu, mon cher fils. Le bon Dieu veuille nous assister et vous donner une prompte guérison ; et j'ai grand besoin de cette consolation et suis sensiblement affligée, car on ne peut aimer plus tendrement que je vous aime et aimerai tant que je vivrai1.
« Elisabeth-Charlotte. »