‹ Memoires de Saint-Simon (volume 5)Chapitre 541 sur 610 · Il mourut en · texte numérisé non relu

Il mourut en

révolution qui enleva le trône aux Stuarts; c'est ainsi qu'Antoine a pris rang dans les écrivains classiques du règne de Louis XIV. Sa biographie est moins bien connue que son œuvre littéraire : voici, incidemment, quelques notes complémentaires.

Né en 4646, dans l'année " même où Henriette-Marie d'Angleterre vint rejoindre en France la reine sa mère, qui y était réfugiée depuis deux ans, Antoine Hamilton1 fut amené aussi et élevé en France depuis 1651 jusqu'à la Restauration, c'est-à-dire jusqu'à sa quatorzième année. Il rejoignit alors les Stuarts à Londres, en revint sans doute avec son frère Georges en 1667, eut d'abord une compagnie dans le régiment anglais levé par celui-ci, en 1671, pour le service de Louis XIV, puis le remplaça comme colonel en 1676, et, lorsque ce corps, à la fin de la guerre, fut incorporé dans le régiment allemand de Fiïrstenberg, Louis XIV lui donna en échange un autre régiment d'infanterie qui avait été levé en 1674 par le marquis de Navailles. En même temps que vaillant officier, Antoine Hamilton était un brillant courtisan, et, en 1681, il eut l'honneur de représenter un Zéphyr dans le Triomphe de F Amour; mais Louvoisne l'aimait point : devant le ressentiment du tout-puissant ministre, il jugea opportun d'aller reprendre du service auprès du nouveau roi anglais, Jacques II (1685). Jacques lui donna un régiment de dragons irlandais, avec le gouvernement de Limeiïck, et Hamilton continua jusqu'en 1689 de lutter pour les Stuarts. Comme ceux-ci, il rentra alors en France; mais, l'année suivante, il repassa encore la mer, sous les ordres de Lauzun, pour prendre part à l'expédition d'Irlande. Le reste de son existence s'écoula entre Versailles, Saint-Germain, Paris, et surtout Sceaux, dont les plaisirs animés et intelligents le consolaient de l'existence monotone que l'on menait à la petite cour des Stuarts. Ses principales œuvres littéraires n'ont rien perdu de leur vogue première : ce sont des contes qu'il faisait pour ses charmantes amies, le Bélier, Fleur-d'Épine, les Quatre Facardiîis, etc., des épitres d'un ton léger et badin, d'une langue facile, et enfin les Mémoiïcs de Gramont, qu'il commença peut-être à écrire avec la collaboration de son beau-frère lui-même, à partir de 1704, mais qu'il ne fit paraitre qu'en 1713, après la mort de Gramont, et cela rend peu admissible la légende que nous avons rappelée ailleurs2. Voltaire lui a donné place parmi les épicuriens du Temple du Goût, avec une note à part, qui pourrait tout aussi bien s'appliquer au caustique et libertin Philibert de Gramont :

Auprès d'eux, le vif Hamilton, Toujours armé d'un trait qui blesse, Médisait de l'humaine espèce, Et même d'un peu mieux, dit-on.

Je ne sais si Antoine Hamilton fit partie, comme son frère Richard,

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