‹ Memoires de Saint-Simon (volume 5)Chapitre 547 sur 610 · Tome X, p · texte numérisé non relu

Tome X, p

L'annotateur des mêmes Mémoires1 s'est plu à y revenir à plusieurs reprises. Ainsi, en 1687, il dit : « Jamais homme n'a eu un esprit si plaisant et si agréable que lui, et les moindres bagatelles qu'il disoit étoient assaisonnées d'une manière si spirituelle et d'un tour si délicat, qu'elles faisoient rire les gens les plus sérieux. » En 1690 : « Le caractère de son esprit le rendoit inimitable; il étoit toujours nouveau quoiqu'il plaisantât depuis cinquante ans et plus ; il ne disoit jamais les choses comme les autres, et leur donnoit toujours un tour infiniment agréable; la moindre bagatelle devenoit, en sa bouche, une plaisanterie charmante par le sel dont il savoit l'accompagner, et cela si naturellement, qu'il sembloit qu'on ne pouvoit pas le dire d'une autre manière, quoique personne ne pût le dire de même2. »

L' Histoire de la maison de Gr amont publiée en 1874 contient une réfutation du jugement malveillant de Saint-Simon sur le comte Philibert, et en explique la raison d'être.

1. Annotateur aussi inconnu que l'auteur lui-même, soit dit en passant .

2. Sourches, tomes II, p. 3, note 1, et III, p. 303. A cette dernière date de 1690, son arrivée à l'armée de Monseigneur mit tout le monde en joie. Il avait toujours promis de rejoindre ce prince où et quand que ce fût, sur son cheval blanc, lorsque viendrait le jour de la bataille, et de le servir aussi bien qu'une maîtresse. L'avis du départ lui ayant été donné le 11 septembre, il s'embarqua en poste à la lueur des torches et rejoignit sans perte de temps. Il avait alors soixante-douze ans. (Sourches, tome III, p. 303; Correspondance de Dussy, tome VI, p. 376-377; ms.' Clairambault 290, p. 487.)

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