‹ Memoires de Saint-Simon (volume 5)Chapitre 561 sur 610 · Ci-dessus, p. 328, fin de note · texte numérisé non relu

Ci-dessus, p. 328, fin de note

5. La Bibliothèque nationale possède d'abord (ms. Fr. 7758) une première mise au net pour l'usage du maréchal, qui l'a couverte (à moins

des aides et des douanes provinciales en une dîme royale équivalente. Ni clans cette forme primitive, ni dans l'édition qui fat faite sept ans plus tard pour le public, l'ouvrage n'était adressé au Roi en personne ainsi que l'avance Saint-Simon, qui d'ailleurs confond évidemment la présentation du manuscrit avec son impression1.

« On peut juger si les ministres lui tirent bon accueil, » dit-il; mais nous n'en savons rien au juste, sinon que Chamillart, le 6 novembre, envoya à l'intendant Foucault, de Caen, « un projet de capitation et de taille réelle tiré du livre de M. de Vauban, » et que le projet, « sujet à trop d'inconvénients, n'eut pas de suite2. » Boisguilbert fut avisé de ce qui se passait; il obtint même communication du manuscrit, probablement par Vauban lui-même, qu'il revit alors, et, le 43 juin 1700, il envoya au Contrôle général une réfutation en règle du Projet de dimes, accompagnée de cette lettre4 :

« Ayant appris, à mon dernier voyage de Paris, que M. de Vauban avoit lu au Roi un projet de dime royale pour remédier aux désordres de la taille, composé en la meilleure partie par un chanoine de Tournay relégué à Rouen, j'ai cru être obligé de vous donner avis de ce qui s'étoit passé entre eux et moi, qui est que leur projet étoit ridicule dans la proposition et impossible dans l'exécution ; et, ne m'élant pas contenté de cela, je leur communiquai un petit traité que je fis le lendemain, tiré de la connoissance du commerce de la campagne, dont ils n'ont point la moindre teinture, quoique absolument nécessaire pour raisonner sur pareille matière. Mais, comme cela n'a pas arrêté

que ce ne soit le chanoine Ragot de Bcaumont) de corrections et de modifications, puis augmentée débrouillons de diverses annexes, et c'est sur ce manuscrit qu'ont été transcrites les mises au net successives portant la date de 1700, mss. Fr. 7757 et 1GG29. Déplus, un des quatre manuscrits que l'on sait exister dans le chartrier des marquis le Peletier de Rosanbo porte aussi des corrections de Vauban.

1. Ci-dessus, p. 335. Voyez la péroraison : « Je n'ai plus qu'à prier Dieu de tout mon cœur, etc. ; » et le Supplément intitulé : « Raisons secrètes et qui ne doivent être exposées qu'au Roi seul, qui s'opposeroient, etc. » Peut-être fit-il figurer ce supplément dans l'exemplaire, encore manuscrit, qu'il paraît avoir préparé pour le Roi en 1704; mais du moins il ne se hasarda pas à le comprendre dans l'édition de 1707, et c'est seulement en 1843 que feu Auguste Daire l'a l'ait connaître pour la première fois (huis le volume des Économistes français, d'après le texte original conservé à la Bibliothèque. On peut regretter que cet éditeur, ayant sous les yeux un brouillon aussi précieux que le ms. Fr. 7758, n'ait pas tenu compte des variantes, des corrections, des modifications successives dont il est rempli, cl qui marquent nombre de changements, parfois importants, dans les idées et dans h1 système de Vauban.

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