Ci-dessus, p
4. Ci-dessus, p. 340, note 3. — Est-ce du Factum, ou bien du Supplément que Michelet a voulu parler? Tout ce qu'il dit, d'ailleurs, sur Boisguilbert, sur son Réveil (sic) de la France, etc., est un tissu de petites erreurs, que
livret, c'est le Supplément du Détail de la France. Gros seulement de douze à quinze pages, dégagé de toutes les pesantes scories qui alourdissaient les deux ouvrages principaux de Boisguilbert, il n'y reste plus qu'un éloquent et pressant ultimatum.
Rien de précis sur la date de venue au jour du Supplément. Si les bibliographes parlent d'éditions originales du Factum qui porteraient la date de 1706, ou même celle de 1705 (nous ne les connaissons pas personnellement), en revanche ils sont muets sur le petit livret, dont sans doute le tirage primitif aura été soigneusement supprimé, et nous n'en possédons le texte que dans les éditions où furent réunies, en 1707 même, les différentes œuvres économiques et polémiques de Boisguilbert1. Nul doute cependant que le Supplément dut paraître après le Factum, et qu'il s'imprima encore à Rouen, chez les complaisants et hardis libraires dont l'auteur s'était assuré la bonne volonté.
Mais le plus embarrassant serait de décider quel est, du Factum ou du Supplément, l'ouvrage qui fut condamné un mois après la Dîme royale. Le Factum seul avait ce sous-titre que vise l'arrêt : Moyens très faciles de faire recevoir au Roi quatre-vingts millions, etc. ; mais tous deux avaient été imprimés et se débitaient à Rouen, comme le dit aussi l'arrêt. Celui-ci parlant de « livre, » cette expression excluraitelle le « livret »? Quoi qu'il en soit, le « livre intitulé : Moyens très faciles, etc., » fut frappé, sinon en même temps que la Dîme royale (arrêt du 14 février 1707), du moins un mois après (14 mars), et dans la même séance du conseil privé où M. d'Argenson reçut commission pour rechercher quelle imprimerie, quelle librairie de Paris ou de Rouen avait composé le livre de Vauban2. Cet intervalle d'un mois signifie-t-il que les Moyens très faciles avaient paru postérieurement à la Dîme? En tout cas, l'intendant Courson fut chargé de faire mettre les exemplaires du livre nouveau au pilon.
11 convient d'arrêter ici cette notice beaucoup trop longue, puisque déjà, dans le mémoire de 1875 indiqué ci-dessus3, j'ai reconstitué l'historique des deux condamnations et raconté quelles en furent les conséquences pour le maréchal de Vauban et pour Boisguilbert, la
la forme seule sauve. Il a bien fait cependant de rapprocher de l'œuvre de Vauban et de Boisguilbert les mémoires confidentiels de Fénelon sur la guerre de Succession (1701-2), et Henri Martin l'a suivi dans cette voie. Ce dernier a reproduit fidèlement toutes les erreurs de Saint-Simon. Horn, dans son chapitre préliminaire, a résumé l'état de la France d'après les mémoires dressés par les intendants en 1698, et d'après la fameuse lettre de Fénelon, qu'il date, a tort, de 1695.
1. Le Supplément a été compris dans le volume des Économistes français, p. 259-266. Dans la seconde partie de l'édition de 1707, il a une impression et une pagination à part.