Ci-dessus, p
3. Comme l'a dit Saint-Simon (ci-dessus, p. 333), Boisguilbert avait eu le grand tort, sous le double point de vue de la vérité historique et de son propre intérêt, de faire remonter la déchéance de la France au plus beau temps de Colbert parce que ce ministre avait supprimé la liberté du commerce des grains, et de ne tenir aucun compte de la splendeur qu'il avait procurée pendant quinze ans. Cette erreur profonde ne peut s'expliquer que parce que le Rouennais n'avait connu du grand ministère que la dernière période, celle de la guerre de Hollande, pendant laquelle on fut forcé de recourir aux mesures rigoureuses et d'inaugurer le système des affaires extraordinaires. Nos historiens modernes ont vivement condamné ce déni de justice. « H est étrange, a dit Henri Martin, qu'un même esprit ait témoigné si peu de jugement et de critique dans l'appréciation des faits, et tant de force, et parfois de pénétration, dans la recherche des lois économiques. » En tout cas, il est vraisemblable que cela lui aliéna tout ce qui tenait directement à Colbert, c'est-à-dire ses deux gendres, par ceux-ci le duc de Bourgogne, et surtout Desmaretz, qui, en effet, de 1703 à 1708, se montra dur, méprisant, sarcastique pour l'auteur du Détail. Desmaretz arrivé au ministère, Boisguilbert comprit qu'il avait fait fausse route, et, tout de suite, proclama Colbert le sauveur de la France.
4. On peut comparer l'édit de la tin de 1709, pour le rachat de l'amortissement du droit .annuel, au projet envoyé par Boisguilbert dans lecourantdu mois d'août de la même année : Contrôleurs qéncrau.v, tome III, p. 654-658.