‹ Memoires de Saint-Simon (volume 5)Chapitre 582 sur 610 · Ci-dessus, p. 364, note · texte numérisé non relu

Ci-dessus, p. 364, note

2. Arch. nat., G7 1614-1622. En outre, les liasses des intendances renferment une grande quantité de lettres et de mémoires.

3. Dans le Dictionnaire des finances dirigé par feu M. Léon Say (1883), p. 438, cet historique est à peine indiqué. Les quelques pages consacrées en 1758, par Forbonnais, dans le tome II de ses Recherches et considéradons sur les finances, aux différentes phases de l'opération, restent encore ce qu'il y a de plus substantiel; le rédacteur du tome VI de la Collection des procès-verbaux des assemblées générales du clergé (1774) s'en est heureusement servi, à propos de l'assemblée de 1707 dont il sera parlé plus loin, pour faire une excellente notice préliminaire, p. 926-931.

pavement des lettres de change que pour l'acquit de toutes autres dettes. " Huit jours après, les espèces ayant été surhaussées, le bénéfice de cette augmentation fut étendu également aux billets émis par la Monnaie de Paris. Il m fut de même deux ans plus tard, à propos de la conversion en pièces de dix sols des matières d'argent venues d'Espagne, avec cette addition que les billets purent désormais être reçus à la Caisse des emprunts '.

Le public s'habitua à employer couramment ce papier, et même à en faire un objet de négoce et de spéculation; la circulation, d'ailleurs, en fut très restreinte, s'il est vrai, comme je le vois dans les Papiers du Contrôle général, que le total, en décembre 4703, était seulement de six millions sept cent mille livres environ. Les coupures commençaient à vingt-cinq livres. Cependant on craignait de ne pas être en mesure de rembourser; une déclaration de ce même mois de 1703 annonça que les billets de cent cinquante livres et au-dessous seraient acquittés comptant, ou dans huitaine, par la Monnaie, et que ceux d'une valeur supérieure devraient être échangés contre d'autres billets de la Monnaie ou des fermes-unies9, payables au 1er avril ou au 1er juillet 1704, et portant jusque-là intérêt à huit pour cent. Le remboursement immédiat ayant parfaitement réussi pour la première catégorie avant que le mois fût écoulé, on l'étendit aux billets de cent cinquante à deux cent cinquante livres, puis à ceux de quatre cents livres, enfin à ceux de six cents livres3; nous pouvons donc croire que l'opération se trouva terminée au commencement de 4704 sans autres incidents. Mais, une nouvelle réforme, qui portait les louis d'or à quinze livres, les écus à quatre livres, ayant été ordonnée au mois de mai 4704, il fut encore usé de la procédure qui semblait avoir été heureuse, et l'on décida que la Monnaie de Paris délivrerait des billets au porteur en échange des versements. Cette seconde fois, les billets commencèrent par être reçus avec la même faveur que ceux de la précédente réforme; mais trois fautes capitales furent commises par Chamillart et par son collaborateur Desmaretz, de qui relevaient toutes les questions monétaires: on ne prépara aucun fonds pour rembourser les porteurs ; on multiplia les émissions, non plus au fur et à mesure des versements d'espèces ou de matières, mais pour assurer simplement le fonctionnement de certains services, tels que celui de la Caisse des emprunts *, et pour pourvoir à des besoins urgents ; enfin on attacha aux billets un intérêt de sept

1. Déclaration du 29 mai 1703 et arrêt du Conseil du 25 septembre suivant.

2. La même caisse qui était chargée de la liquidation des effets des trésoriers la Touanne et Sauvion.

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