Ce qui suit entre crochets était transcrit en chiffre
Rodrigo et l'entreprise du Portugal au mois de septembre, qui est une saison bien moins favorable que celle du vert pour ce pays-là, sans compter les secours maritimes qui auront le temps <1 arriver et de se remettre. Je me flatte donc que V. M. envoiera un ordre positif au maréchal de Montrevel, sans quoi il ne se résoudra jamais à se défaire de sa grande armée, et que, par ce moyen, je pourrai, du côté du Portugal, rendre quelque service à V. M. qui me console, à l'égard de moi-même, du malheur que les huit jours que j'ai tardé à partir plus qu'il n'a voit été d'abord résolu m'ont causé. Au reste, je ne puis m'empôcher de dire à V. M. que, si la gloire de M. de Berwick est grande, sa modestie ne l'est pas moins, ni sa politesse pour moi, qui l'engageoit quasi à vouloir s'excuser sur ce que les ennemis l'ont attaqué, d'avoir remporté sans moi une victoire aussi complète et aussi signalée que celle-ci. Je suis, etc. »
M. Chamiîlartà M. le duc d'Orléans1.
« A Marly, ce 17 mai 1707.
« Monseigneur,
« Personne n'a été plus sensible que moi à la juste douleur dont V. A. R. a dû être pénétrée de n'avoir pas partagé avec M. le maréchal de Berwick et les troupes qui ont combattu sous ses ordres la gloire de la journée du 25. Il vous reste encore assez à faire, si vous voulez profiter de la foiblesse et du désordre des ennemis. V. A. R. me permettra de lui dire que rien n'est plus important que de rétablir présentement l'autorité de S. M. Cath. dans les royaumes de Valence et d'Aragon, de faire toutes les dispositions, d'assembler de l'artillerie, des munitions de guerre et de bouche à Alcantara, pour entrer en Portugal au commencement de septembre, avancer avec les premières troupes qui arriveront sur cette frontière, nos magasins à Abrantès, et, lorsque le tout aura joint, marcher droit à Lisbonne. C'est le seul moyen de vous rendre en six semaines le maître du Portugal. Si vous assiégez Ciudad-dc-Rodrigo et les autres petites places qui sont sur la frontière, vous y perdrez votre temps, et, si V. A. R. peut se rendre le maître de Lisbonne, toutes les autres villes se rendront sans attendre que vous les y obligiez par la force. J'avois assuré M. de Berwick que je ne communiquerois qu'à lui seul l'idée qui m'avoit passé par la tête de marcher droit à Lisbonne ; je n'ai pu me refuser la satisfaction d'en faire part à V. A. R. Comme elle n'est que de moi, elle en fera l'usage qui lui conviendra. Personne ne sauroit être, etc. »
1. L'original autographe se trouve au Dépôt des affaires étrangères, clans le volume EsjjagneilG, fol. 84, qui, comme le volume suivant, coté 177, renferme une partie de la correspondance du prince pendant cette campagne de 1707. Dans le volume 172, nous avons (fol. 299) l'imprimé d'une proclamation espagnole qu'il lança le 8 mai.
Page 4, note 2. Dans un ouvrage récent sur Marie-Adélaïde de Savoie, duchesse de Bourgogne, M. Gagnière a reproduit (p. 44, note) une lettre que le duc d'Orléans écrivit à sa sœur Mme de Savoie pour s'excuser de ce qu'il allait faire le siège de Turin.
Page 16, note 3. Le 12 mai, Vendôme écrivait encore au ministre (vol. 1962, n° 72 bis) : « Je vais vous dire les raisons qui m'ont fait désirer un brevet : la première, qu'il passe pour constant que M. de Turenne en a eu un, et que je me flattois que le Roi voudrait bien me faire la même grâce; la seconde, que MM. les maréchaux de France disent publiquement, à qui veut l'entendre, que la lettre que j'ai, et rien, c'est la même chose ; que, s'ils se trouvoient dans le cas, ils ne m'obéiroient pas, et qu'enfin, pour qu'ils me reconnoissent, il faut que j'aie un brevet du Roi scellé non seulement du grand sceau, mais même vérifié au Parlement.... Je ne croyois pas qu'il fallût tant de cérémonies pour que le Roi fût obéi de ses sujets quand son ministre leur parle de sa part.... Je charge M. Crozat de s'informer de la patente ou brevet que M. de Turenne a eu ; cela a été trop public pour n'avoir aucun fondement.... Mais, quand il serait vrai que M. de Turenne n'aurait jamais en aucun brevet, je me flatte que S. M. ne me refusera pas la grâce que je lui demande, avec la dernière instance, de convertir la lettre que j'ai en un brevet. C'est la seule grâce que je puis espérer d'elle de ma vie, et la seule que je lui demanderai jamais. Je remets le tout entre vos mains.... » Néanmoins, lettre ou brevet n'arrivèrent point encore; le 27 août, Chamillart écrivait au prince : « Je vous fais attendre la lettre que je vous ai promise. Fontainebleau me donnera un peu plus de loisir que je n'en ai eu. Ce sera par où je commencerai. Votre droit est bien confirmé, et M. le maréchal de Vauban se sait bon gré de ce qu'il a fait pour vous. » (Ms. Fr. 14 178, fol. 41 v° et 138.) Enfin la lettre du Roi fut expédiée le 1er novembre (Mémoires militaires, tome VI, p. 575). 11 y était dit, comme complément au billet écrit par le ministre le 14 mars, que, « à l'avenir, la signature royale ne laisserait pas douter des volontés du souverain, et que tous les maréchaux de France recevraient sans difficulté l'ordre donné par M. de Vendôme. » Voyez ci-après, p. 636, l'Addition à la page 223.
Page 19, ligne 5. Nous avons déjà eu (tome IX, p. 63) la locution à ras de terre, et, en cet endroit-là, Littré et ses collaborateurs ont lu au ras de terre.
Page 20, note 4. Guiscard, on envoyant sa lettre au ministre, écrivit celle-ci au Koi (Guerre, vol. 4937, n° 270, 27 juin) : « Sire, le
maréchal de Yilleroy ne fait que me dire ce que M. de Chamillart lui a écrit sur mon sujet par l'ordre de Votre Majesté, il y a déjà quelque temps. Je suis également soumis à toutes vos volontés, Sire. Il vous a plu de m'élever, dans d'autres temps, par des grâces distinguées; vous m'humiliez présentement au dernier point : rien ne peut diminuer les sentiments de reconnoissance et de respect pour Votre Majesté dont mon cœur sera toujours rempli. La seule grâce qui me reste à lui demander est qu'elle veuille bien entendre la lecture d'une lettre que j'écrivis hier à M. de Chamillart, afin que j'aie au moins la consolation de me flatter que Votre Majesté ne me regardera pas comme un lâche, mais seulement comme un malheureux, qui sera toute sa vie, etc. » Suit une seconde lettre à Chamillart, du 28. Le 30, le ministre écrivit à Villeroy (n° 308) qu'il lui avait déjà exposé, étant à l'armée même, l'impossibilité de lutter contre un tollé général. Le 22 juillet suivant (vol. 4938, n° 264), il annonça à Guiscard lui-même que le Roi avait voulu se faire lire les deux lettres de réclamation qu il lui avait adressées, ainsi que celles de Langlée et de Mme de Guiscard, mais que S. M., depuis Eckeren, avait toujours eu de la peine à lui confier le commandement d'une aile droite, et que, par suite, elle avait fini par céder à la pression des lettres particulières, des gazettes, des relations étrangères, sans que le ministre y fût pour rien. Néanmoins, Guiscard continua à envoyer suppliques sur suppliques (ibidem, n08 272-273, 324, 368-369, etc), et, en octobre, son apologie justificative parut dans le Journal de Verdun, p. 279-290.
Pages 39, note 2, et 40, note 4. Il était très fréquent qu'on n'eût pas à l'armée le moyen de déchiffrer immédiatement et sur place les lettres des généraux ennemis que les partisans interceptaient au passage : ainsi les Mémoires de Sourches, en 4704 (tome IX, p. 25), parlent d'une lettre sortant de Verceil, et que le duc de Vendôme fut obligé d'envoyer aux bureaux de Versailles; nous en avons le déchiffrement dans les Mémoires militaires, tome IV, p. 846. Réciproquement, l'ennemi parvenait à pénétrer les chiffres français; le 40 juillet 4706, l'abbé de Pomponne écrivait de Venise à l'abbé Dubois (correspondance du duc d'Orléans) : « Si vous avez apporté de nouveaux chiffres de la cour, je vous prie de m'en envoyer un par une voie bien sûre. J'ai déjà mandé plusieurs fois à M. Chamillart que les anciens ont été donnés aux ennemis par M. de Langalerie. » Ce qui n'est pas admissible dans le récit de Saint-Simon (p. 39, lignes 7 et 48), c'est que les partisans de l'armée française placée entre Turin et les alliés qui venaient au secours de cette ville eussent intercepté des lettres du prince Eugène à l'Empereur, c'est-à-dire des lettres expédiées par les derrières de sa propre armée. Toutes celles dont le déchiffrement se trouve au Dépôt de la guerre, ou une mention dans la Relation historique piémontaise (p. 95, 96, 449, etc.), étaient adressées au général Thaun. Une feuille
de nouvelles à la main envoyées au Contrôle général (Arch. nat., G7 559, à la date du 1er septembre) dit : « Le 22 au soir, on prit un petit garçon qui portoit du fruit dans un panier pour couvrir le dessein qu'il avoit de se jeter dans la ville. On le trouva chargé de plusieurs lettres de M. de Savoie pour M. de Thaun, dont une étoit en chiffre, qui fut aussitôt envoyée à la cour. » Le 19, en réponse à l'envoi d'une lettre du duc de Savoie au prince Eugène, on avait fait tenir à M. de Vaudémont, avec le déchiffrement, la clef du chiffre, mais imparfaite (Guerre, vol. 4963, n° 264). Le 28 du même mois d'août, les bureaux retournèrent plusieurs déchiffrements au camp devant Turin, en promettant des clefs, et c'est ainsi que le capitaine Mengin (Étude sur le siège de Turin, p. 244-246) a retrouvé et publié des lettres d'Eugène à M. de Thaun et à Victor-Amédée datées du 20 août. Une lettre du 10 août, dont le contenu fut connu à Versailles à la date du 27 (Mémoires de Sourches, tome X, p. 158), est également au Dépôt de la guerre, en déchiffrement, avec la dépêche d'envoi de la Feuillade (vol. 1966, nos 356 et 357), et elle a été reproduite intégralement dans la Relation piémontaise, p. 342-344, et dans le recueil du général Pelet, p. 241-243 et 685-687. Elle était signée : E. S., et datée de San-Prospero-dc-Reggio. Chamillart en fit lui-même une transcription. A la réception de cet envoi de M. de la Feuillade, il l'avait transmis à M. Pajot, des postes, avec cette annotation : « Il seroit bien important d'avoir au plus tôt le déchiffrement. Je vous prie de me l'envoyer par un exprès en cas qu'elles puissent tarder par l'ordinaire. » Le chiffre allemand était tout nouveau. Chamillart avait d'abord cru qu'il ne s'agissait que d'introduction de poudres dans la ville assiégée : en réalité Eugène annonçait au général Thaun qu'il avançait de son mieux malgré les grandes chaleurs, mais ne savait s'il serait sage de hasarder, contre les forces réunies de ses adversaires, un combat qui pourrait lui coûter l'Italie entière. On n'y trouve pas les termes que dit Saint-Simon, mais seulement cette phrase : « Le retranchement de Stradella est véritablement rasé; mais il y en a un autre entre Alexandrie et Tortone, que l'ennemi conserve, et, si l'ennemi rassembloit toutes ses forces pour se mettre derrière ce retranchement, vous jugez bien vous-même que, dans cette situation, ce ne seroit pas une chose aisée que de pénétrer. » Déjà Chamillart avait renvoyé au duc d'Orléans, le 22 août, une autre lettre d'Eugène, celle-là adressée au duc Victor-Amédée dès le 4 août, et où il faisait observer que sa marche était bien plus difficile que celle de Stahremberg en 1703, puisqu'il lui fallait passer à travers un réseau de forteresses ennemies et sans base de ravitaillement.
Enfin, dans les papiers du duc d'Orléans, qui contiennent des liasses de clefs de chiffres, nous avons encore une lettre écrite par Victor- Amédée au général Thaun, le 17 août, sur l'introduction d'outrés de poudre dans Turin soit par un convoi de chevaux de bât, soit par le Pô, dans des outres flottantes.
Page 44, note 4. M. de Vendôme avait écrit au Roi, le 12 octobre 1703 (ms. Fr. 14 177, fol. 354-345) : « En nous rendant maîtres du poste des Capucins, la ville de Turin ne peut tenir longtemps, étant vue à revers de cette montagne, d'où je battrai la ville à boulets rouges, et, la ville prise, nous aurons toute sorte de facilités pour faire le siège de la citadelle. Il y a apparence que M. de Savoie occupera ce poste et s'y retranchera. Il avoit autrefois assez de réputation; mais mon frère, qui l'a reconnu avec soin, m'assure qu'il ne valoit rien..., et je suis persuadé que nous en chasserons les Piéinontois. »
Page 51, note 1. Ajoutez : « Une feuille extraordinaire de gazette italienne, contenant le récit de la journée du 7, se trouve aux Affaires étrangères, dans le volume Turin 115. Je regrette que l'impression du tome II des Mémoires du chevalier de Quincy, que M. Lecestre publie pour la Société de l'Histoire de France (ci-dessus, p. 497, note 4), n'ait pu être assez avancée pour que notre commentaire en bénéficiât. On y trouvera la confirmation des parties les plus curieuses du récit de Saint-Simon, comme la scène nocturne entre le duc d'Orléans et Marcin, le refus d'Albergotti de descendre de sa position des Capucins, le faux avis (peut-être inspiré par les ennemis) qui força le prince à se retirer sur Pignerol, la mort de l'abbé de Grancey, la rixe entre Albergotti et le duc de la Feuillade, le voyage de Mlle de Séry, etc. Quincy parle même du mauvais génie qui perdit la France, mais en attribuant le désastre de Turin à un dessein concerté entre la duchesse de Bourgogne et Mme de Maintenon, pour épargner M. de Savoie.
Page 56, note 1. Dans sa lettre du 19 septembre (Guerre, vol. 1966, n° 438), d'Estaing dit : « M'étant trouvé seul lieutenant général à la droite, je n'ai eu qu'à me louer de la fermeté du régiment de la Marine, qui n'a cédé à une colonne des ennemis qu'après avoir été pris en flanc par le ravin auquel il étoit appuyé, et de la valeur des brigades de Bonneval, de Bonnelles et de Bouzols, qui ont toujours repoussé les ennemis jusqu'au retranchement à mesure que l'infanterie, toujours prise par sa droite, l'abandonnoit. Le régiment de Sully y prit même un drapeau. »
Page 64, note 1 . La lettre de la duchesse de Bourgogne, en date du 3 mai (1706), dont j'ai donné des fragments dans les Additions et corrections de notre tome XIII, p. 609 *, pour prouver que la princesse cherchait à pousser sa mère dans la voie des négociations, se terminait ainsi : « Je crois, ma très chère mère, que vous me trouvez fort étourdie de tout ce que je vous mande ; mais je ne puis plus me tenir. pour le désespoir où je suis de l'état où se trouve mon père. Malgré tout ce qu'il fait, je sens qu'il est mon père, et un père que j'aime fort tendrement. Ainsi, ma très chère mère, pardonnez-moi si je vous écris
1. Elle avait été publiée par M. Paul Boselli dans l'étude sur le siège de Turin indiquée ci-dessus, p. 51, note 1.
trop librement ; c'est l'envie que j'aurois que nous ne fussions pas dans des intérêts différents qui me fait parler comme je fais. Aimez-moi toujours, et ne me sachez point mauvais gré de tout ceci, car vous voyez à quelle intention je parle et quel motif me fait agir. Je vous envoie une lettre de ma sœur, qui est aussi fâchée que moi de tout ce qui se passe. »
Page 65, note 2. Le duc d'Orléans fit redemander aux vainqueurs sa lettre du 6 au Roi, et il l'envoya de Fenestrelle avec celle qu'il écrivit le 14, en réponse à celle du Roi, du même 6 août, qui était arrivée trop tard ; il disait : « J'avois été assez heureux pour proposer un avis conforme au sentiment et aux intentions de Votre Majesté. Je suis bien fâché de n'avoir pas reçu ces ordres assez tôt pour désabuser ceux qui s'y opposoient avec tant de vivacité, et particulièrement M. le maréchal de Marcin, qui, ne pouvant plus résister à mes raisons la veille du combat, fut réduit à me dire que je n'avois pas le pouvoir de lever le siège : ce qui m'obligea d'écrire la lettre ci-jointe, qu'il se chargea d'envoyer à Votre Majesté, et que son secrétaire m'a rapportée depuis sa mort, et de le prier de disposer entièrement de l'armée jusqu'à ce que j'eusse reçu les ordres de Votre Majesté, ne voulant pas qu'on m'imputât ce qui pouvoit arriver jusqu'à ce temps-là. » (Pelet, Mémoires militaires, p. "287.)
Page 72, note 5. Le 26 juillet 1706, Chamillart écrit à son gendre (Dépôt de la guerre, sixième carton des copies rapportées de Saint- Pétersbourg) : « 11 ne nous manquoit plus que le désavantage des affaires d'Italie pour être accablé de toutes parts.... J'avois vu mon étoile heureuse jusques au mois de janvier 1701; ce qui s'est passé depuis que je suis chargé de la guerre me fait penser bien différemment. S'il n'étoit question que de me sacrifier pour faire trouver au Roi une situation plus heureuse, je compterois ma vie pour peu de chose. Aussi bien est-elle des plus accablantes; je ne suis guère capable de vous consoler, mais de m'affliger avec vous. Il y a longtemps que je craignois ce que je vois. »
Pages 74 et 75, ligne 2. Ajoutez cette note : « Un mousquetaire de la lre compagnie, nommé Charles de Trousseauville, seigneur de Chérisy, fut inhumé à Abondant, proche de la Ferté, le 28 septembre 1706 »
Page 87, note 5. Le chevalier de Quincy raconte (tome II, p. 230) avoir rencontré à Moirans Mlle de Séry, accompagnée de Mme de Nancré, de plusieurs hommes et femmes de la cour, et, en outre, de l'abbé Dubois ; celui-ci aurait donc quitté le prince pour aller au-devant d'elle.
Page 95, note 2. Si l'on s'en rapporte aux Lettres du cardinal le Camus publiées par M. l'abbé Ingold en 1892 (p. 617), Monsieur de Grenoble, en 1705, se montra très satisfait de nouer une « étroite liaison » avec le gendre du ministre, et lui rendit de « petits services. »
Page 106, lignes 3 et 4. VÉiat de la France, au chapitre des Portemanteaux, n'indique pas qui avait droit de présenter le chapeau quand
le Roi était dehors; autrement, il fait toujours passer le grand chambellan et le premier gentilhomme de service avant le grand maître de la garde-robe,
Page 408, note 4. Au lieu de tome XII, lisez : tome XIII.
Page 113, ligne 9. Le fait allégué par notre auteur rappelle celui que l'abbé de Choisy (tome II, p. 147-148) rapporte à propos de la conversion de Turenne, M. Van Beuningen disant à ce maréchal que, s'il était persuadé qu'il n'y eût qu'une religion de bonne, il opterait pour la catholique, mais qu'il croyait qu'on pouvait aller au ciel par plusieurs chemins.
Page 125, note 6. Dangeau (tome XII, p. 266) dit qu'on évaluait le produit annuel du gouvernement de la Bastille à quarante mille livres.
Page 137, note 8. La procédure des sommations respectueuses, obligatoires, sous peine d'exhérédation, pour les filles ou veuves majeures de vingt-cinq ans et pour les hommes ayant passé trente ans, avait été réglée par un édit de février 1556 et par une déclaration du 26 novembre 1639. Il était d'usage qu'on répétât ces sommations trois fois.
Page 143, note 1. On voit, en 1710, le prince de Rohan se faire amener à Paris cinq chevaux anglais, sous le couvert d'un passeport de guerre (Sourches, tome XII, p. 363).
Page 148, ligne 1. Mme de la Fayette, dans ses Mémoires (éd. Asse, p. 185), dit : « Ces trois ducs étoient très peu souvent à la cour, n'alloient point à la guerre, et étoient, chacun en leur espèce, des gens extraordinaires, quoique de très différents caractères l'un de l'autre. »
Page 150, note 5. La Bruyère a dit (tome II des Caractères, p. 168j : « A combien d'enfants seroit utile la loi qui décideroit que c'est le ventre qui anoblit ; mais à combien d'autres seroit-elle contraire ! »
Page 151, ligne 19. Saint-Simon a classé un exemplaire du premier factum fait par l'avocat le Roy pour M. de Soubise dans le volume 31 de ses Papiers (aujourd'hui France 186), fol. 202-218. Suit une réplique, à la dernière page de laquelle l'avocat Sacy a reproduit les lettres échangées, du 10 au 13 juillet 1700, entre le prince et M. le cardinal de Fùrstenberg. M. de Soubise y assurait que son respect pour ce cardinal et pour la mémoire de sa belle-mère Mme de Rohan ne lui permettait pas d'intervenir dans l'affaire.
Ibidem, note 1. Le duc de Luynes écrit ceci en 1752 (Mémoires, tome XI, p. 377) : « Les arrangements de MM. de Rohan-Chabot sont que les femmes des cadets de leur maison ne viennent point à la cour, et cela parce qu'elles ne pourroient y être que comme non titrées, et que les ainées sont assises à titre de duché, et la branche de Rohan- Soubise par une grâce particulière. »
Page 152, note 4. Parmi les factums réunis par Clairambault dans le recueil de la Pairie (Arch. nat., KK 601, p. 433-809), on trouve (p. 440-441) une lettre par laquelle Pontchartrain, au début de l'affaire, demanda à Clairambault ce qu'il pensait de l'affaire. Comme notre auteur, ci-dessus, p. 145, Clairambault fut d'avis que le duc de Rohan
ne pouvait se dispenser de suivre la lettre même du contrat sans avoir des lettres patentes du Roi et le consentement de ceux qui pourraient, après lui-même, prétendre à la succession de Rohan. Le •21 du même mois, Pontchartrain, qui pensait être chargé du rapport de l'affaire, demanda encore une autre consultation.
Page 158, ligne 12. Littré a cité des exemples d'interpeller de faire quelque chose relevés dans Saint-Simon et dans Rossuet; mais M. Hatzfeld n'en donne aucun dans le dictionnaire qui est en cours d'impression.
Page 161, note 1. Nous avons déjà rencontré, mais sans le noter (tome X, p. 201 et 343, et Addition n° 488, dans notre tome XI, p. 397), le terme de pluralité, qui était alors seul employé. Selon Littré, celui de majorité, qui a prévalu maintenant, ne serait qu'un anglicisme du dix-huitième siècle, comme beaucoup d'autres mots du vocabulaire parlementaire.
Page 177, fin de note. C'est aussi à l'Arsenal que Louis XV installa une Chambre royale en 1753, et que siégea en 1763 la première commission chargée de procéder contre M. de la Chalotais, procureur général au parlement de Rretagne.
Page 190, note 1. L'abbé de Longuerue a exposé ainsi les faits dans sa Description historique et géographique de la France, 2e partie, p. 135 : « Hugues, fils du comte Renaud de Rar, s'établit à Bouillon, croyant qu'il lui demeureroit ; mais il fut contraint de rendre la place, Tan 1142, à l'évêque Alberon de Gueldres et à son église de Liège, dont les prélats ont joui de Bouillon paisiblement durant plus de trois cents ans, jusqu'à la fin du quinzième siècle. Ce fut pour lors que l'évêque et l'église de Liège furent troublés dans la possession de Bouillon parce que, Guillaume de la Marck ayant tué Louis de Rourbon, évêque de Liège, il entra dans cette ville le plus fort, et contraignit le chapitre à donner les provisions de châtelain de Bouillon à son frère Robert, qui prêta serment à l'église l'an 1482. Guillaume de la Marck recommença peu après la guerre contre l'évêque Jean de Horn, laquelle finit par le traité de paix conclu à Tongres l'an 1484, par lequel l'évêque promit de donner trente mille livres à Guillaume, et, pour sa sûreté, l'évêque lui engagea le revenu du marquisat de Franchimont et le duché de Rouillon ; Robert, frère de Guillaume, devoit demeurer gouverneur du château, et Guillaume ne prenoit d'autre qualité que de mambourg ou défenseur de l'église et du pays de Liège et du duché de Bouillon.
« La guerre ayant recommencé encore entre les Liégeois et ceux de la maison de la Marck, l'évêque Jean de Horn fit un nouveau traité l'an 1492, par l'entremise de l'empereur Maximilien et du roi de France Charles VIII, par lequel ce prélat s'engagea de payer à la maison de la Marck la somme de cinquante mille livres par portions égales. Ensuite Robert de la Marck, seigneur de Fleuranges, maréchal de France, ayant acquis toutes les actions de ses parents, jouit du duché de Bouillon comme engagiste du domaine et châtelain. Il tranchoit néanmoins du souverain, et il osa faire la guerre à Charles-Quint, qui le chassa
l'an 4524 du duché do Bouillon, où il rétablit l'évoque do Liège, qui en fut non seulement duc et souverain, mais seigneur utile.
« L'Empereur, étant à Gand l'an 4528, confisqua toutes les actions des seigneurs de la Marck sur l'évêché de Liège, et les donna aux trois états de cet évêehé. L'année suivante, 1529, par le traité de Cambray, on convint que, si Robert de la Marck, ses enfants ou quelques autres vouloient faire quelque entreprise sur le château et duché de Bouillon conquis par l'Empereur et délaissés à l'église de Liège, à laquelle ils appartenoient d'ancienneté, le Roi Très Chrétien ne pourroit donner assistance contre cette église à celui qui feroit cette entreprise. Néanmoins, ceux de la Marck demandoient toujours de grosses sommes aux trois états du pays de Liège, qui s'en défendoient. »
Page 496, note 4. Ozeray, dans son Histoire de la ville et du duché de Bouillon (2e édition, 4864), tome II, p. 364, a cité, d'après un ancien auteur, cette page, très analogue à ce que Saint-Simon dit du premier Bouillon : « La Lorraine... était divisée en deux parties, la Haute et la Basse-Lorraine. La Basse-Lorraine, où était Bouillon, correspondait aux diocèses de Liège, de Trêves et de Cologne, au diocèse d'Utrecht ou de toute la Hollande, de celui de Cambray ou de presque tout le reste des Pays-Bas. Ces deux duchés, comme tous les autres, ainsi que les comtés, furent d'abord purement bénéficiaires; ils devinrent héréditaires par concession des empereurs d'Allemagne. C'est ainsi que les ancêtres de Godefroy de Bouillon possédèrent comme un patrimoine la Basse-Lorraine. Seul de sa famille, il porta le nom de duc de Bouillon, parce que le duché avait été créé pour lui.... Voilà pourquoi les historiens, en parlant de la principauté de Bouillon, l'appellent le duché de Bouillon. »
Ibidem, note 5. La question obscure de ces origines n'a été que très imparfaitement exposée par Ozeray, tome I, p. 47-66, ainsi que celle de la domination des évêques de Liège, d'abord seuls, de 4096 à 4418, puis en concurrence avec les la Marck, jusqu'en 4678. Cet historien conclut ainsi (p. 440) : « Des dettes mal liquidées par l'évêque et le chapitre, la séparation du fief de Reims de la partie principale du domaine ducal, la protection de la France assurée aux maîtres de cette portion du territoire, puis la possession même du duché, yont porter les seigneurs de Sedan à prendre le titre de duc concurremment avec l'évêque de Liège. » Une toute récente Histoire de la principauté et du diocèse de Liège pendant le treizième et le quatorzième siècle, par M. Joseph Daris (4894), fixe 'épiscopat d'Otbert, sous qui la vente de Bouillon fut faite par Godefroy et sa mère Ide, aux années 4094-4449, et celui d'Alberonà 4423-4428. L'historien protestant de Sedan, Peyran, semble avoir confondu deux guerres différentes entre les évêques de Liège et de Reims, Tune pour les limites, l'autre pour la foi et hommage.
Page 498, note 4. Tout cela est. encore emprunté, ou à peu près, à la Descriptio7i historique de l'abbé de Longuerue, 2e partie, p. 436 : « Frédéric-Maurice de la Tour étant gouverneur de Maèstricht pour les
États-Généraux, et dans un poste à se faire craindre des Liégeois, ils se résolurent à le satisfaire ; et après qu'il fut convenu qu'il ne prendroit pas le titre de duc de Bouillon dans l'acte, il fit une transaction, l'an 1641, avec les trois états du pays de Liège, qui s'obligèrent à payer en plusieurs payements au vicomte de Turenne, prince de Sedan, la somme de cent cinquante mille florins monnoie de Brabant : moyennant quoi le prince Frédéric-Maurice renonça à toutes ses prétentions sur Bouillon et sur le pays de Liège. La somme fut entièrement payée l'an 4658, et, l'année suivante, il ne fut fait aucune mention de Bouillon au traité des Pyrénées. Les Liégeois ayant pris le parti de l'Empereur Tan 1676, les François assiégèrent et prirent Bouillon cette même année. Deux ans après, le roi Louis XIV donna ce duché au duc de Bouillon son grand chambellan, qui y établit une cour souveraine : ce qui faillit à faire rompre le traité de Nimègue; mais les états et le chapitre de Liège aimèrent mieux laisser en possession le duc que de voir recommencer la guerre : ils se contentèrent de faire des protestations pour la conservation de leur droit, et il fut dit qu'à l'égard du château et du duché de Bouillon, le duc de ce nom demeure roit en possession, et que la question de la propriété seroit décidée entre l'évêque de Liège et le duc par des arbitres : ce qui n'a pas été fait; et depuis, dans les traités de Ryswyk et de Bade, conclus avec tout le corps de l'Empire, il n'a été fait aucune mention du duché de Bouillon. »
Page 198, note 7. Quoi qu'en disent Longuerue et notre auteur, il existait dès le seizième siècle une cour souveraine à Bouillon, composée de jugeurs et d'un prévôt qui passait avant le gouverneur.
Page 199, note 1. L'abbé de Camps s'occupa beaucoup de ce litige séculaire entre les évêques de Liège et les ducs de Bouillon. Le ms. 78 de ses Papiers (Bibl. nat.) renferme : 1° un factum de 182 pages imprimé en 1681 et intitulé : Explanatio uberior et omnimoda assertio excclsioris et supremi juris in ducatum et arcem BuUionensem pro Serenisshno... episcopo Leodiensi, où sont réunis tous les textes historiques qui peuvent servir de commentaire à l'abrégé que donne notre auteur, notamment pour la paix du Cateau, le traité de Tongres, la confiscation par Charles-Quint en 1522, le récit des circonstances où le gouvernement de Bouillon était tombé aux mains des la Marck, etc.; 2° le brouillon original d'une histoire du duché, suivie de preuves; 3° des descriptions manuscrites du pays.
Page 202, note 1, ligne 3. Au lieu de juillet, lisez : mai.
Page 214, ligne 1. On appelait domaine utile les fruits d'une terre, son revenu, par opposition à la seigneurie directe, qui ne comprenait que la supériorité et la mouvance (Dictionnaire de Trévoux).
Page 215, note 5. La négociation de cet échange avait été commencée dès 1647 par Mlle de Bouillon : voyez les Esquisses sur Navarre, par d'Avannes (1839), tome II, p. 99-106 et 323-328.
Page 217, note 1. Cet épisode de la radiation du mot prétendue fut raconté plus tard, en 1710, par le cardinal lui-même, dans la lettre
qu'il écrivit à son ami le président de Maisons sur les motifs de sa désertion, et dont les Mémoires parleront.
Page "1*2.3, fin de note, ligne 16. Le P. Daniel dit qu'on a cherché longtemps et inutilement dans les archives de la maison de Bouillon les provisions de maréchal général données à Turenne, et qu'elles étaient sans doute dissimulées depuis l'affaire de 1674. Cependant elles avaient été retrouvées par un religieux que le cardinal de Bouilon employait à ses travaux généalogiques, et Crozat tit l'impossible pour en avoir communication dans l'intérêt de M. de Vendôme (Papiers Bouillon, R2 74, lettre du 17 juin 1706).
Page 227, note 3. VÉtat de la France de l'année 1663, tome I, p. 472, dit que « ceux qui entrent ordinairement au conseil des affaires (voyez notre tome V, p. 438) sont M. Colbert, M. le Tellier et M. de Lionne. »
Page 233, note 1. Ce n'est que depuis un demi-siècle environ que leur baronnie de la Tour, celle dont le feu président Burin des Roziers a écrit l'histoire en 1892, a pris le nom de Latour-d'Auvergne.
Page 237, note 1. Dès 1710, dans le Mémoire sur les maisons de Lorraine, de Rohan et la Tour, imprimé au tome III des Écrits inédits, p. 268-269, notre auteur disait : « Jusqu'à cette génération, cette maison n'avoit point eu honte de son nom, ou n'avoit pas eu l'audace de la faire paroitre. Le maréchal de Bouillon avoit constamment et uniformément signé : Henri de la Tour, sans y rien ajouter, et ne s'étoit jamais intitulé ni nommé autrement dans les actes, non plus que ses pères. Je n'assurerai pas avec la même certitude que ses fils s'y soient conformés, encore que je le croie ; mais cette troisième génération y a ajouté le nom d'Auvergne, d'abord introduit pour distinguer par le nom du pays leur maison des autres maisons qui portent même nom, et dont plusieurs familles prétendent être une avec la leur et le prouver par titres. Peu à peu ce supplément de nom est devenu inséparable, puis le principal quelquefois, et, dans ces derniers temps, l'unique. Mais ce seroit peu que cette fausseté, si d'autres, plus importantes, à la vérité, au Roi et à l'État, ne s'y étoient jointes. M. le cardinal de Bouillon (car à lui seul en a été la gloire) n'a pas laissé de sentir le foible d'une principauté dont sa maison n'a joui qu'à titre de testament d'une femme morte sans enfants, et d'une principauté des souverains desquels ils ne sont ni issus ni parents. Il a donc fallu avoir recours à une descendance effective de mâle en mâle d'une race de princes souverains, et, après beaucoup de soins, de recherches, de profusions d'argent pour acheter des plumes mercenaires et le silence des connoisseurs, et surtout de promesses, de caresses et d'autorité, il a paru des titres, des demi-preuves, dont on a fait semblant de douter, enfin une pièce invincible, un cartulaire de Brioude, exposé avec adresse et artifice à l'examen de quelques savants simples, timides ou gagnés, dont l'authenticité par eux déclarée a donné aux ducs de Guyenne une postérité ignorée pendant bien des siècles et qui, revivant en la maison de la Tour,
premièrement d'Auvergne, les fait incontestablement princes, supposé que ce titre survive à la souveraineté qui le communique, et leur donne un droit sur la Guyenne bon à faire valoir en son temps aux dépens de nos Rois et de leur couronne. »
Page 247, note 6. Chamillart écrivait au premier président Harlay, le 9 avril 1702 (Correspondance administrative, tome III, p. 326) : « Rien n'a jamais approché, en finance, de ce que je vois.... Je consentirois volontiers, aux dépens de la place de contrôleur général et des appointements considérables qui l'accompagnent, de n'avoir jamais de pareils objets devant les yeux ; mais Dieu ne l'a pas permis. »
Page 253, note 5, ligne 2. En 1685, Lassay faisait ce portrait de Louis de Bade : avantageux, fanfaron, parlant toujours de soi-même et de ses actions, libéral, magnifique en tout, bon ami, familier et civil avec un air de grandeur, assez spirituel, et cependant plein de ridicules. On lui trouvait une ressemblance suspecte avec le feu duc de Lesdiguières, qui passait pour être fils de notre Roquelaure.
Page 259, note 3. Les réponses autographes du duc et de la duchesse de Savoie, apportées par un prisonnier français, M. de Leuville, sont au Dépôt des affaires étrangères, vol. Turin 115, 26 et 27 janvier, 1er février 1707.
Ibidem. Un bruit courut à Paris, au milieu de février 1707 (Gazette d'Amsterdam, n° xvi), que le maréchal de Tessé allait se rendre à Turin sous prétexte de notifier à Victor-Amédée la naissance de son petit-fils et le prier d'être parrain, ce qui eût été une manière d'ouvrir les négociations pour la paix.
Page 266, note 3. Suivant une lettre de Bussy au marquis de Trichâteau, 22 février 1707 (Correspondance, tome V, p. 35), c'est à propos d'un envoyé de Suède que le mot aurait été dit.
Pages 270, note 1, et 271, note 2. Le 13 octobre 1648, Roger de Buade, écuycr ordinaire du duc de Longueville, fils d'Henri de Buade, maitre d'hôtel du Roi et lieutenant de sa vénerie, et de dame Eustache de Courcelles, assisté de Julien Lebret, sieur du Mes» il, intendant dudit duc, représentant les parents, épousa Louise Aubin, fille de Paul Aubin, écuyer, seigneur de Bourgneuf, maitre d'hôtel ordinaire du Roi et de M. de Longueville, et de dame Louise de Mesmin. Tous les Condé et Longueville figurent au contrat (Arch. nat., Y 186, fol. 334).
Page 285, note 2. Ce qui préoccupe notre auteur, c'est que Dangeau, dans son second article (p. 313), disait ceci : « Il est venu des nouvelles de Brest, par l'ordinaire, qui grossissent fort celles que M. de Pontchartrain apporta au Roi il y a deux jours. On mande à M. le comte de Toulouse qu'il y a deux vaisseaux espagnols chargés de trente et un millions en argent et de beaucoup de marchandises riches; ils étoient convoyés par deux petits vaisseaux francois, sur lesquels il y a peu d'argent, mais beaucoup de bonnes marchandises. Les trente et un millions sont pour les Espagnols, et il y en a un peu plus de trois pour le roi d'Espagne. On croit qu'on enverra cet argent-là en Espagne par
lierre, pour éviter les dangers de la mer; cependant M. de Pontchar- Irain, par 1rs avis qu'il en a, croit toujours que la somme est beaucoup moindre qu'on ne le mande à M. le Comte. » C'est le 27 février 1707 que l'amiral don André de Lopez, ayant manqué les vents favorables pour aborder en Biscaye, arriva à Brest avec un vaisseau de cinquante cniions et sa patache ou frégate d'avis, en compagnie d'un vaisseau de Saint-Malo et d'un de Nantes. 11 apportait de la Vera-Cruz et de II Havane cent soixante tonnes d'argent enregistrées suivant les règles ordinaires et treize cent mille piastres (3tt) de présent du vice-roi. La patache était chargée de deux millions de piastres et trois millions de cochenille ou d'indigo. On évaluait l'argent du commerce privé à six millions de piastres. Chamillart et Pontchartrain écrivirent aussitôt à M. Amelot, à Madrid, pour annoncer cette heureuse aubaine, et demandèrent que l'on appliquât aux sujets espagnols l'obligation de livrer leur argent à la fonte des Monnaies françaises; mais l'ambassadeur, et surtout l'amiral Ducasse, protestèrent contre cette prétention ; Daguesseau, en France, fut de semblable avis, et Philippe V en écrivit lui-même à son grand-père, « offrant de bien bon cœur » un million de piastres sur l'argent qui était venu à son adresse. Louis XIV accepta avec de vifs remerciements, et adressa des félicitations au duc d'Alburquerque. (Papiers du Contrôle général, G7 1421 et 1422 ; Guerre, vol. 2048 et 2051 ; Affaires étrangères, vol. Espagne 72 et 73; Correspondance de Louis XIV avec M. Amelot, tome I, p. 190-193.) Orry parvint à se faire verser cent mille écus pour un arriéré de fournitures faites par lui à la cour de Madrid ; le reste fut réparti régulièrement en Espagne, comme il est raconté dans la Gazette d'Amsterdam, n° xxx. Une lettre de Mme des Ursins (recueil Bossange, tome III, p. 421) explique que le vice-roi avait envoyé son « donatif » avant le départ de la flotte des galions, pour que le souverain eût de quoi payer ses troupes, et en manière de remerciement de ce qu'on l'avait maintenu au Mexique quoique son temps fût expiré. Presque en même temps, à la fin de février ou au commencement de mars, un vaisseau de registre avait abordé en Espagne, à San-Lucar, portant un million d'écus envoyé par M. d'Alburquerque, « comme il y a deux ans » (Guerre, vol. 2048, nos 163 et 166; Gazette ci Amsterdam, n° xxvi et xxvn), et, le 27 juillet suivant, le port de Brest vit encore arriver du Pérou deux ou trois vaisseaux français portant six millions d'argent ou plus (Arch. nat., G7 187, 27 juillet 1707, et G' 1422).
Page 293, note 5. Les représentants actuels de la famille de Roquette protestent à la fois contre la qualification d' « homme de fort peu » et contre le commentaire de M. Pignot. Ils font remarquer, ce qui est assez piquant, qu'il y avait entre les Roquette dont était l'évêque d'Autun, et les Saint-Simon, une alliance remontant au quinzième siècle. En effet, Pierre de Roquette, baron de Beauville et d'Auriac, épousa Peyronne du Moulin, fille de Jean du Moulin et de Marguerite de Saint-Simon, de la branche aînée (notre tome I, p. 408), et
petite-fille de ce Denis du Moulin qui, ayant perdu sa femme, Marie de Courtenay, fut élevé au siège archiépiscopal de Toulouse en 1422 et occupa le siège épiscopal de Paris de 1439 à 1447; c'est à tort et par suite d'une tradition erronée que Pierre du Moulin aurait été représenté comme venu d'Allemagne en 1444. L'évêque d'Autun serait donc issu à la quatrième génération de Marguerite de Saint-Simon, et voici comment. Pierre de Roquette, fils de Peyronne du Moulin, aurait eu pour fils Raymond de Roquette, pour petit-fils François de Roquette, secrétaire au parlement de Toulouse, et pour arrière-petits-fils : 1° Guillaume de Roquette, conseiller au présidial de la même ville, père de Gabriel, également conseiller au présidial, marié en 1622; 2° Pierre de Roquette, capitaine des gardes du comte de Saint-Pol, qui épousa Anne de Senaux et en eut l'évêque d'Autun; 3° François de Roquette, capitaine de la ville d'Aubusson et auteur de la branche des seigneurs d'Amades conseillers au parlement de Toulouse et maintenus dans leur noblesse en septembre 1669, dont étaient l'académicien Emmanuel de Roquette et son frère l'écuyer de la princesse de Conti, neveux et petits-neveux de l'évêque à la mode de Bretagne. On peut supposer que. la réputation de sainteté de Marguerite de Senaux, en religion sœur Marguerite de Jésus, appelée en 1623, par la comtesse de Saint-Pol, pour fonder à Paris le couvent dit des Filles de Saint- Thomas, valut à son neveu Gabriel les premières faveurs de la cour. Louis-Christophe de Roquette, frère de Gabriel, d'abord commis du secrétaire d'État Brienne, puis intendant du feu prince de Conti, passa ensuite au service de Mlle de Guise, et eut de 1657 à 1678 une charge de maître des comptes à Paris. Selon la Gallia, un Augustin de Roquette fut abbé de Gimond de mars 1693 à décembre 1694. Cette généalogie est très embrouillée.
Page 298, note 1. L'abbé Henri-Emmanuel de Roquette avait été baptisé à Saint-Sulpice de Paris le 4 février 1658. Nous avons une lettre de lui à Mme de Maintenon, postérieure à la mort de son oncle, et dans laquelle il se recommande de la reine d'Angleterre, du cardinal de Noailles et des évêques de Meaux, Auxerre et Amiens.
Ibidem, note 3. Le second abbé de Roquette avait en effet un frère cadet, qui était premier écuyer de Mme de Conti seconde douairière on 1721, et dont le fils se qualifiait aussi écuyer de cette princesse lorsqu'il épousa à cette date la veuve du marquis de Gillebourg.
Page 316, note 4. Les ordonnances de 1539, 1579, 1625 et 1667, rendues pour forcer les curés et vicaires à tenir régulièrement leurs registres paroissiaux, « afin d'assurer la preuve des baptêmes, mariages et sépultures, qui sont les actes les plus importants de la société civile, » étaient « demeurées presque inutiles » par la négligence ou la résistance de la plupart des ecclésiastiques. C'est pour remédier h ce désordre que Louis XIV rendit, à quinze ans d'intervalle, les deux édits auxquels Saint-Simon fait allusion. Le premier, d'octobre 1691, créait en titre d'office des greffiers-gardes cl conserva-
m ADDITIONS ET CORRECTIONS.
t6UM des registres, à raison d'un par quarante paroisses au moins, pour fournir, chaque année, aux desservants, deux registres paraphés, le premier devant servir de minute et rester entre les mains du curé, et l'autre servant de grosse et devant être déposé au greffe de la juridiction dont dépendait la paroisse. L'édit attribuait à ces officier! dea droits proportionnels à l'épaisseur des registres, laquelle variait selon le nombre de feux de chaque paroisse, et les droits étaient payables par la fabrique, ou par le curé à défaut de la fabrique, selon un tarif joint à l'édit. On laissait au choix des particuliers de prendre des extraits d'actes à la paroisse même, ou au greffe; mais celui-ci seul pouvait leur donner la légalisation nécessaire pour que l'extrait fit foi en justice, et il percevait dix sols dans les villes ayant parlement, évêché ou présidial, cinq sols dans les autres lieux. Par un résultat du 9 du même mois, le traitant Henri Bailly fut chargé de la vente de ces nouveaux offices. La mise en usage des registres paraphés ne put commencer que le 45 février 1692. Très peu de paroisses réclamèrent contre la fixation de leur redevance, qui n'était que de vingt sols pour vingt-cinq feux ou au-dessous, mais allait jusqu'à quarante livres (deux cents feuilles) pour plus de mille feux; cependant il fallut menacer d'amende nombre de curés qui refusaient de tenir les registres en double et de remettre aux greffes les grosses ainsi que les anciens registres des consistoires protestants déposés entre leurs mains depuis 4685.
Un autre inconvénient se produisit dans les années suivantes. Le clergé de certains diocèses, ou certains curés et certaines fabriques, en acquérant les offices de greffiers, obtinrent leur suppression et la réunion des fonctions et droits qui y étaient attachés, et en chargèrent de simples commis; ceux-ci trouvaient beaucoup de résistance auprès des juges royaux pour le paraphe des registres. C'est en but de remé dier à cet inconvénient qu'un nouvel édit de juin 4705 créa en titre d'office des contrôleurs chargés de surveiller, non seulement la délivrance et la tenue des registres, mais la délivrance des extraits, aux lieu et place de la légalisation, et moyennant attribution des droits alloués aux greffiers en 4694. Le recouvrement de la finance à provenir de cette nouvelle création fut concédé à Etienne Baligny, et Baligny rétrocéda à un autre sous-traitant, du nom de François Levié, moyennant quarantesept mille livres, les offices à établir dans les généralités de Montauban et de Bordeaux, et dans les pays de Foix, de Nébouzan et des Quatre- Vallées (arrêt du 20 octobre 4705), de même qu'à Pierre Pigneux, pour dix autres généralités, moyennant cent trente et une mille livres.
Mais, en octobre 4706, le contrôle des extraits, détaché de celui des registres mêmes, fui réuni au domaine royal et à son administration, à pareil titre que le contrôle des exploits, que le contrôle des actes des notaires et que celui des bans de mariage, et réglé conformément à un tarif proportionnel suivant la qualité des impétrants, depuis cinq sols (domestiques de campagne portant livrée et journaliers) jusqu'à vingtcinq livres (ducs et pairs, princes, hauts magistrats), les indigents et
les princes du sang étant seuls exempts. Quant aux acquéreurs des offices de contrôleurs, on leur laissait un mois pour déclarer s'ils acceptaient cette distraction ou désunion sans indemnité, ou s'ils réclamaient le remboursement de la finance payée par eux (Gazette cV Amsterdam, 1706, n° xcvi). L'édit déclarait que la présentation des extraits dûment contrôlés serait nécessaire pour l'admission aux fonctions publiques, pour le jugement des litiges par les tribunaux, la liquidation des successions, les séparations de corps et de biens, la célébration des mariages, l'entrée en religion, l'admission dans les corporations des arts et métiers, etc. Par un résultat du Conseil en date du 5 du même mois d'octobre, la ferme de ce contrôle fut donnée en bail à Me Antoine Laval, pour neuf ans et deux mois finissant au 1er décembre 1715, avec permission d'établir en tous lieux les commis nécessaires pour la perception.
Par édit du mois de janvier 1707, il fut créé au Châtelet de Paris un dépôt spécial pour centraliser les registres des greffes d'actes de baptême, de mariage et de sépulture, ainsi que ceux du contrôle des bans de mariage et des extraits des mêmes actes de baptême, etc., et que ceux des substitutions, donations, insinuations, etc. Le dépôt était confié à un garde et dépositaire des Bannières. Par suite, le greffe des registres de baptême, mariage et sépulture de Paris fut mis en liquidation.
Au mois de février suivant, une déclaration royale, en date du 1er, atténua dans un sens libéral certaines dispositions de l'édit d'octobre 1706 et des arrêts qui s'en étaient suivis.
Loin que cette création du contrôle et du greffe ait été retirée à la suite des émeutes de 1706-7, comme le dit notre auteur, il fut encore créé des offices alternatifs en juillet 1709, pour mieux assurer le fonctionnement d'un service des plus importants dans la société civile. Il est vrai qu'on les supprima en 1711, sur les représentations de l'assemblée du clergé, encore que le recouvrement des finances eût été concédé à un traitant moyennant cinq cent cinquante-quatre mille livres; on regagna cette perte en faisant prendre à tous les greffiers ou contrôleurs des augmentations des gages, sur le pied du quart au moins de la finance primitive. La Correspondance des Contrôleurs généraux (tome III, nos 328, 1081 et 1598) montre que plusieurs provinces, en 1709, 1711 et 1714, virent se produire des désordres de la même nature que ceux du Quercy. C'est seulement sous la Régence que les offices créés en 1691 et en 1705 fuient supprimés, contre remboursement, par un édit de décembre 1716, sur la simple considération que ces créations n'avaient pas mieux assuré le service que l'ordonnance de 1667, et l'on revint purement a celle-ci.
En rendant compte de la sédition de 1707, l'intendant le Gendre dit qu'elle fut aussi causée par le contrôle des bans de mariage. C'est au mois de septembre 1697 que remontait cette autre création, dont on avait fait, en mars 1702, une ferme particulière de cent quinze mille
livres par an. Los droits à percevoir avaient été fixés à une taxe modique pour les petites gens, vingt sols ou dix sols selon l'importance de leur résidence.
On voit que, sans être onéreuses, ces créations se justifiaient par d'excellentes raisons de bon ordre et par de véritables nécessités publiques.
Les documents relatifs aux registres paroissiaux se trouvent aux Archives nationales, dans une section spéciale de la collection Rondonneau, AD" 12, et l'historique du contrôle des bans de mariage dans le recueil de Brillon, Dictionnaire des arrêts, tome I, p. 477.
Page 324, note 6. Les dictionnaires des anoblissements citent Guillaume et Jean de Béthisy, père et fils, anoblis en mars 1383, Jean de Béthisy et sa femme Marie, de condition libre, anoblis en juillet 4394.
Page 324, note 3, ligne 2. La qualification de Romain appliquée par notre auteur à Vauban ne se retrouve pas seulement dans ce passage de l'éloge fait par Fontenelle : « C'étoit un Romain qu'il sembloit que notre siècle eût dérobé aux plus heureux temps de la République ; » nous l'avons encore chez un contemporain, l'intendant Foucault, qui a écrit dans ses Mémoires (p. 250) : « Vauban étoit un véritable Romain ayant (?) la patrie.... Il a fait un livre pour l'établissement d'une dîme royale. Elle a été établie quelques années après sa mort, mais sans diminution des autres impositions, contre l'esprit de l'auteur. »
Page 339, note 4. Vauban s'était marié dans une famille bourguignonne qui comptait déjà une alliance avec les le Prestre. C'est le 25 mars 1660 qu'il épousa Jeanne d'Aunay, héritière unique de Claude d'Aunay, baron d'Épiry, en Nivernais, et dont la grand 'mère, Urbaine de Roumiers ou Rouvier, s'était remariée en 1628 à Paul le Prestre, seigneur de Vauban et de Champignolle, frère aîné du père du maréchal1. Mlle d'Épiry avait environ quatorze ans. Les absences incessantes et prolongées de Vauban permirent d'autant moins aux deux époux de vivre ensemble, qu'il parait probable que la femme résidait toujours en Morvan, dans le château de Bazoches2, et ne venait guère dans cette maison de la rue Saint-Vincent, à Paris, où le mari avait fixé ses pénates3. Si les recherches de Jal dans les registres paroissiaux et dans les archives du pays ont été suffisamment poussées, et si l'on peut s'en rapporter à l'article auquel elles ont servi de base*, M. et
1. L'Histoire généalogique, tome VII, p. 654-655, s'est trompée d'un degré sur ce point.
2. Acheté du comte de Melun en 1675. Tout au plus Vauban pouvait-il y aller passer quelques jours par an, et souvent le Roi ou le ministre le rappelaient à peine parti. La terre rapportait quatre mille livres, non compris quinze cents arpents de bois. M. René Vallery-Radot a parlé de ce théâtre de la vie intime de Vauban dans son étude de 1893 sur Un coi» de Bourgogne, le Pays d'Avallon, p. 185-212.
3. On voit, par une lettre du 2 janvier 1702, que Vauban demandait que le Roi lui donnât une maison à Paris.
4. Article du Dictionnaire critique de biographie et d'histoire.
Mme de Vauban n'eurent que trois enfants, qui naquirent à des intervalles très éloignés les uns des autres. Une fille aînée, Charlotte, dut venir au inonde dès les premières années du mariage, puisqu'elle épousa par contrat du 5 novembre 4679 Louis-Jacques de Mesgrigny, comte de Villebertin et d'Aunay1; c'est par la fille issue de cette alliance, Marie-Claude-Aimée de Mesgrigny, que les papiers du maréchal sont passés dans la famille le Peletier de Rosanbo. Une seconde fille, Jeanne-Françoise, naquit seulement vers le mois d'octobre 1678, un an avant le mariage de son aînée, et fut baptisée à Bazoches le 8 mars 1680; celle-là épousa, le 8 janvier 1691, Louis Bcrnin de Valentinay d'Ussé, fils du contrôleur général de la maison du Roi, et, lorsque leur mariage fut célébré à Paris, en l'église Saint-Roch, Mme de Vauban n'y assista point : ce qui semblerait bien prouver, comme je le disais tout à l'heure, qu'elle ne quittait jamais le Morvan.
Elle n'eut qu'un fils, qui, né en janvier 1682, mourut deux mois plus tard. Ainsi la descendance de Vauban ne fut continuée que par les enfants issus de ses deux filles, et son nom par la descendance de ses neveux, ainsi qu'il a été indiqué dans notre tome XI, p. 27, notes 2 et 32.
Mme de Vauban eut la satisfaction de voir son mari arriver au bâton, puisqu'elle ne mourut que le 18 juin 1705, à Bazoches; ses obsèques se firent le jour suivant dans l'église du village de Saint-Hilaire, sans que le maréchal eût pu arriver pour cette cérémonie3. Elle avait environ cinquante-huit ans4.
Il est établi que Vauban usa et mésusa même de la liberté que lui laissait l'absence constante de sa femme; au moins pour les derniers temps de sa vie, et alors qu'il était avancé en âge, des documents irréfutables prouvent qu'il fut en relation avec des femmes notoirement cotées dans le monde de la galanterie, et même de la galanterie vénale. Vauban amoureux, tel est le titre d'un article que feu M. Pierre Clément fit paraître un an avant sa mort 5, et l'on y voit l'illustre maréchal, plus que sexagénaire, prodiguer galanteries et billets doux, pleins d'une ardeur juvénile, à une certaine Mme de Ferriol, laquelle appartenait à la catégorie du monde interlope qui a reçu sa qualification moderne des mains d'Alexandre Dumas fils. Les collectionneurs ont conservé plusieurs des lettres qu'il lui écrivit au cours de ses dernières années6,