‹ Memoires de Saint-SimonChapitre 219 sur 351 · Étoit demeuré est en surcharge sur deux mots illisibles · texte numérisé non relu

Étoit demeuré est en surcharge sur deux mots illisibles

3. « On appelle sauvegarde le soldat ou cavalier que le général envoie dans un château ou une terre ennemie, pour la préserver des insultes des soldats dans le passage ou le voisinage des troupes. » (Furetière.) — « Les sauvegardes appartiennent au général, dit le Dictionnaire militaire de 1743, p. 378, s'il est intéressé, et il peut étendre tant qu'il veut les sauvegardes vivantes. » On accusa le maréchal de Villars d'avoir gagné ainsi cinq ou six cent mille écus ; il n'avouait que deux cent dix mille livres. Voyez sa lettre à Chamillart, publiée par Soulavie, en 1791, dans le tome XII des OEuvres complètes de Louis de Saint-Simon, p. 26o. Le soldat placé en sauvegarde était presque toujours un des gardes particuliers du général, ei portait «ne instruction écrite par celui-ci. Il rece-

de ne m'avoir pas cru, qui lui avois conseillé de défaire sa jambe de bois pour se reposer plus à son aise ; il m'a souvent dit qu'il n'avoit jamais rien vu de semblable, quoiqu'il se fût plusieurs fois trouvé à des pillages et à des sacs. Nous achevâmes de passer la nuit du mieux que nous pûmes en ce malheureux endroit, qui ne fut abandonné que longtemps après qu'il n'y eut plus rien à y trouver1. Dès qu'il fit grand jour, la Bretesche et moi allâmes au camp.

Nous trouvâmes l'armée qui commençoit à s'ébranler. Elle avoit passé la nuit comme elle avoit pu, sans ordre, les troupes arrivant toujours, et les dernières ne faisant que de joindre. On alla camper sur sept ou huit lignes, à une grande demi-lieue, la droite et le quartier général au village de Neckerau2, la gauche au Necker, le centre et le cul aux ruines de Mannheim. On avoit réparé comme on avoit pu, avec des palissades, celles de la citadelle, et on y travailloit encore; on y jeta six brigades d'infanterie, avec Chamilly, premier lieutenant général de l'armée, et Vaubecourt, maréchal de camp. L'embouchure du Necker dans le Rhin étoit tout à fait près de notre gauche. On demeura là deux jours, et tous, sans exception, réduits à la paille et à la gamelle des cavaliers, jusqu'à ce que le pont de bateaux fût achevé où Barbezières l'avoit marqué. Et cependant on dressa une batterie de canon dans la première île. Enfin, le 24, toute l'armée repassa le Rhin, sans que les ennemis eussent seulement

vait de l'hôte qu'il protégeait cinq livres par jour, outre la subsistance ; il ne pouvait rester à plus de six heures de chemin de son armée.

1. L'intendant de la Grange écrit le 2 août : « L'armée a beaucoup pillé dans le Palatinat. M. le maréchal de Joyeuse a fait retenir quinze mille livres aux troupes, lorsqu'elles ont été distribuées, et je vois encore des mémoires pour plus de dix mille livres. 11 fit hier pendre un cavalier du régiment Dauphin, pour maraude. Cet exemple pourra arrêter le cours de ce désordre. » (Dépôt de la guerre, vol. 1323, n° 72.)

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