Le corrige de
2. Voyez un tableau de l'ordre de bataille de cette armée, dans le Mercure du mois de juin 1695.
3. Villeroy avait soixante-treize, ou même quatre-vingt-cinq bataillons, et cent cinquante-trois escadrons, tandis que le prince de Vaudémont ne pouvait mettre en ligne que soixante bataillons et cinquante escadrons.
4. « Les ennemis, dit la Gazette cV Amsterdam, marchèrent le 14 (juillet), et s'étendoient toujours vers leur gauche, qui étoit notre droite, l'endroit le plus facile à attaquer, ce qu'ils ne firent pas néanmoins ; et leur mouvement fit juger au prince de Vaudémont qu'ils avoient dessein de nous envelopper et de nous couper la communication de Gand et de Deynze, ce qui leur étoit facile, parce que leur armée étoit plus forte du double que la nôtre; mais ce dessein, qui leur paroissoit le plus sûr pour ménager leurs troupes, prit du temps, et le prince, qui avoit observé leur marche et connu la raison pour laquelle ils ne se pressoient pas d'attaquer, résolut de faire sa retraite avant qu'ils pussent le couper....» (Gazette d'Amsterdam, 1695, p. 232, et Extraordinaire lviii.) C'est sans doute à ce passage de la gazette de Hollande que Saint-Simon fait allusion dans l'Addition indiquée plus loin, n° 122, comme ayant provoqué un accès de colère de Louis XIV. Celui-ci avait jadis, en août 1672, campé à Deynze, et c'est de là qu'il avait écrit à Colbert ce billet si fier : « J'ai cru qu'il étoit bon de faire voir aux ennemis qu'ils
Le maréchal de Villeroy manda, dès qu'il fut jour, à M. du Maine d'attaquer et d'engager l'action, comptant de le soutenir avec toute son armée, et qui, pour arriver à temps, avoit besoin que les ennemis fussent retardés, puis empêchés de marcher, par l'engagement dans lequel notre gauche les auroit mis. Impatient de ne point entendre l'effet de cet ordre, il dépêche de nouveau à M. du Maine, et redouble cinq ou six fois. M. du Maine voulut d'abord reconnoître, puis se confesser, après mettre son aile en ordre, qui y étoit depuis longtemps, et qui petilloit d'entrer en action. Pendant tous ces délais, Vaudémont marchoit le plus diligemment que la précaution le lui pouvoit permettre1. Les officiers généraux de notre gauche se récrioient. Montrevel2, lieutenant général le plus ancien d'eux, ne pouvant plus souffrir ce qu'il voyoit, pressa M. du Maine, lui remontra l'instance des ordres réitérés qu'il recevoit du maréchal de Villeroy, la victoire facile et sûre, l'importance pour sa gloire, pour le succès de Namur, pour le grand fruit qui s'en devoit attendre de l'effroi et de la nudité3 des Pays-Bas après la déroute de la seule armée qui les pouvoit défendre; il se jeta à ses mains, il ne put retenir ses larmes : rien ne fut refusé ni réfuté, mais tout fut inutile. M. du Maine balbutioit,
ne dévoient pas s'assembler devant moi. C'est pourquoi j'ai marché à eux, et les ai fait retirer tous séparés. Je ne sais s'ils feront quelque chose ; mais j'ai su, à n'en pouvoir douter, que l'épouvante est grande dans leur armée, et qu'ils fuyoient de dix lieues. »
1. Selon Gaignières (Chansonnier, ms. Fr. 12 691, p. 475), M. de Vaudémont « amusa le maréchal duc de Villeroy avec des piques mises sur ses retranchements, des tambours et des trompettes qui battoient et sonnoient toujours, et quelques petites pièces de campagne qui tiroient, tandis qu'il se retira sous Gand. » Guillaume III lui écrivit : « Mon cousin, vous vous êtes montré plus grand maître dans votre art que si vous aviez gagné une bataille rangée. » (Macaulay, Histoire de Guillaume III, tome III, p. 309.)